DES M.Œ U R S. If?
pour toujours entre des proches unehaine scandaleuse , qui se perpétue dansles familles. Bautru , l’un des Seigneursles plus spirituels de la Cour de LouisXfH, considérant un jour au-dessus d’unecheminée la Justice & la Paix en sculp-ture, qui se baisoient: Voyez-vous, dit-ilà un de ses amis avec qui il étoit ? clics$ embrassent , elles se baisent , elles se disentadieu pour ne se revoir jamais.
On s’expose donc , en plaidant, à per-dre la charité & l’union, l’honneur &la probité. Le gain d’un procès peut-ilbalancer tant de pertes ? & l’espérancede le gagner, espérance si incertaine , sitrompeuse , si souvent démentie par l’é-vénement, peut-elle rassurer assez contrela crainte de perdre avec son bien cequi vaut mille sois plus que toutes lesrichesses ?
Nous avons droit, il est vrai , dedemander ce qui nous appartient. Dieu a établi pour cela des tribunaux dans lasociété, qui ne seroit qu’un amas debrigands & une succeiïion de meurtres■ & de crimes , fans l’exercice de la Justice.Mais la raison & la sagesse permettent-elles de poursuivre ses droits avec tantd’animosité & de rigueur, lorsqu’on ris-que par-là de faire tort aux intérêts deson ame? Les biens du monde , ccs bienssi fragiles, si périssables, dont on doit
G s