Band 
Tome I
JPEG-Download
 

AGN

fsottf le manger, îi cfcóit permis d’y admettre des Voisins. Ostí’immoîoit au soir, ou entre les deux soirs, c’est-à-dire, l’âprés-*midi du 14. jour du mois de Ninon. Oûie fàisoit rôtir, & onle mangeoit la huit avec du pain sans levain, & des laitues sau-vages. On le mangeoit tout entier, & fans qu’il en restât rienpour le lendemain. La première fois qúe les Juifs mangèrentF agneau paschal, fut la nuit qu’iis sortirent d’Egypte . II leur futordonné, pour cette fois , d’être en posture de voyageurs , dele manger étant debout, ayant les reins ceints, un bâton à lamain, & des souliers à leurs pieds, & de le manger à là hâte.Hiais ces cérémonies n’étoient prescrites, comme remarqué May-monide, que pour cette première Pâque , & n'ont plus été pra-tiquées depuis ; comme auffi de préparer l’agneau dès le 10.jour du mois, & d’aíperser de son sangle haut de la porte &IeSdeux poteaux avec un faisceau d’hyffope. Avant même que leTemple fût bâti à Jérusalem , il étoit défendu aux Juifs d’immo-ler l’agneau paschal dans un autre endroit que dans celui queDieu auroit choiíi pou r y invoquer son nom, comme il est pre-scrit dans le Deuteronùmc, ch. 16. v. $. gjf 6. Maymonide pré-tend que tous les agneaux qui dévoient servir à la Pâque, étoientimmoles par les Prêtres dans le Temple. Philon dit, au con-traire, que dans cette solennité, il etoit permis à chaque .par-ticulier d’immoler là victime. (Test ce qui a donné lieu à unegrande & longue contestation entre le Père Lami de l’Oratoire,qui tient le sentiment de Maymonide, & ses adversaires. Lesétrangers, & méme les Prosélytes, qui n’etoient point circoncis,ne pouvoient manger l’agneau palchal ; mais les esclaves en■pouvoient manger. II etoit défendu de porter de la chair del’agneau hors de la maison, ni de rompre aucun de ses os. Aprésent les juifs n’ayant plus de Temple, & ne pouvant s’assem-bier à Jérusalem comme autrefois, 11e mangent point l’agneaupaschal ; ils mettent seulement dans un plat quelque morceaud’agneau, prépare avec des azymes, & des herbes amères ; com-me du seller!, de la cichorée, ou des laittuës, du pain fans levain,& de la fauste clans un plat. Ils servent auffi sur la table >de labrique, en mémoire des briques qu’on leur avoit fait porterdans l’Egypte, & récitent pendant le repas ì’Hagada , oul’iii-tìoire de l’institution de la Pâque , & de ses íigniiications, avecdes prières & des bénédictions. L’agneau paschal a toujours étéconiidéré dans l’Eglise comme la ligure de .Jésus-Chriít crucifié.Cet agneau est choisi lans tâche, immolé, attache à une broche,on n’en rompt point les os, & il n’est mangé que par les seulscirconcis. Presque toutes ces circonstances ont rapport a cellesde la paillon de nôtre Seigneur Jésus.Christ. Saint j uitin remar-que dans ion dialogue contre Tryphon, que les juifs, pour cuirel’agneau, l’attachoient à deux broches, dont i’une rraversoit de-puis la tête julqu’aux pieds de derrière ; & l’autre croiíoit lapremière d’une extrémité à l’autre des pieds de devant. Ce quireprésente Jesus-Christ crucifié. Maymonide dit que les Juifsse servoient d’une broche de bois, qui traversoit le corps de-puis les mâchoires jusqu’au fondement, & qu’ils le suípendoienten Pair sur le feu. * Deuter, c. 12. Exod. 12. Leen de Modè-ne. Maymonide. Le Père Lamy, traité de la Pâque , & ceux quiont écrit contre lui. Continuation de i’HiJioire des efuifs, im-primée a Paris en 1 710.

AGNELLE, autrement ANDRE', Abbé de Sainte-Mariedes Blanchernes, & de saint Barthelemi de Ravenne, natif decette dernière ville, étoit encore fort jeune , quand ces deuxAbbayes lui furent confiées, & occupait la dixième place parmiles Prêtres du tems de Pétronace, que remplit le liège de Raven-ne , depuis l’an 821. jusques vers Fan 8Z7. A la prière desPrêtres de cette l’Eglise, il entreprit d’écrire la vie des Evêquesde Ravenne . Cette pièce étoit restée en manuscrit, jusqu’à cequeì’Abbé Bacchini la publia sous ce titre : Agueili , quiAndreas, Abbatis sancia Maria ad Blancbernassß sancíi Bartho-lomai Ravennatis liber pontificalìs , five vita^ pontificum Raven-natum. D. Benediâus Baccbìnìus , Abbas JanHa Maria de La-croma, O. S. B, congregat. Caßnenßs , ex bibiiotbeca Estenß eruit ,dijjertationibus U obfervationìbus . neenon appendice monumen-torum illujbravit & auxit,pßc> A Modène en 170g. L’édi-tion ne nous donne pas une grande idée , ni du style de l’Au-teur , ni de l’habileté du copiste, qui a écrit le manuscritdont il s’est servi. Qua , dit-il, barbare fcnpta sueront , cor-ruptijjìmè dejiripta inoeni. * journal dessçav. Novembre 1710.pag. $62. Hßc.

AGNELLUS , étoit un homme riche & de bonne maison.On croit qu’il a été Evêque de Ravenne , depuis l’an $$8- jus-qu’à fan $66. & qu’il est Auteur d’une lettre à Armdnius tou-chant la foi, qui se trouve dans la bibliothèque des Pères, dontThéodulfe Evêque d’Orléans fait mention dans son traité dusaint Esprit, auffi bien qu’Enée Evêque de Paris , dans son traitécontre les Grecs. Cette lettre est fort peu considérable : l’Au-teur y assure que le saint Esprit procède du Père & du Fils. *Trithème . Aubert. Myr. Rubeus,/. $. Ravenn. Ughel. Vostìus.

AGNE'S , ( Sainte ) est du nombre de ces Saintes , dontle nom est célèbre, quoique leur histoire soit incertaine. Lesactes que nous avons de son martyre sous le nom de saint Am-broise , étant supposés, nous ne pouvons rien soavoir d’elle, quece qui en est rapporté par Prudence dans Thym ne ,4. & parsaint Ambroise, dam son livre des Vierges. Cela se réduit à di-re que cette jeune Vierge, âgée de 12. à r;, ans, ayant contestégénéreusement à Rome la foi de Jésus-Chriít, souffrit plusieurstourmens, & qu’elle fut ensuite éxécutée à mort. Prudenceajoûte que le juge voyant que les tourmens ne l’ébranloient

A

GN

*33

point, la condamna à être exposée dans un lien public ; maisqu’eìle fut préservée par un miracle ; parce que le premier quila regarda, perdit la vue, & tomba à demi mort. On tient quecette persécution lui fut suscitée par une personne qúi la recher-choit en mariage, & qu’elle avoit refusée, ne Voulant pointavoir d’autre épouX que jésus-Christ. On ne íçait point préci-sément le tems du martyre de cette Sainte. BollanduS croitque ce fut fous fLu'elien, dans le III. siècle. Le Père RuinartBénédictin, estime qu’il est plus probable qúe ce fut en 304»Saint Jérôme, dansl’EpìtreàDémétriade, dit qtie cette bien-heureuse Martyre étoit demeurée victorieuse, & de son âge & duTyran , & qu’elle avoit scellé par son martyre le titre de sa cha-steté ; Beat a martyr Agnes quœ atdteni vicit U tyrmnum, &tïtulum caJUtatis martyrio consecravit. II ajoûte quê là Fie aété lotiée dans les Eglises de toutes les nations, en toutes sortesde langues. En éffèt, saint Ambroise, au commencement deson livre des Vierges ; dit qu’il est heureux que le jour qu’il a àparler des Vierges, se trouve être le jour de la naissance de sain-te Agnès ; & làistt Augustin, dans le sermon 275. dit qu’il faiíbitce discours le jour de ïa passion de sainte Agnès, jour auquelon célébroit auffi la naissance de saint Fructueux, de saint Au-gure & de saint Enioge, martyrisés le 21. Janvier à Taíragoneen Espagne, On a auffi fait la fête de sainte Agnès à Rome ence jour. En France saint Martin Evêque de Tours honorait lamémoire de sainte Agnès, comme Sulpice Sévère le rapporte.Dans les Martyrologes on en fait deux têtes ; l’une aû aï. l’au-tre au 28- de Janvier. Les Grecs, dans leurs Menées, la font au14. & au 2i. du même mois, & encore au $. de juillet. Ontient que son corps a été enterré à Nomento, où il est encore,à réxeeption de ía tête, qu’on prétend que le Pape Honorius I. transporta dans l’Eglise dc S. Jean de Latran . Théodore le Le-Heur a écrit que fes reliques ont été transférées à Constantinople fous le règne de Théodosc ; d’où quelques-uns ont soutenu

” ea

-o-.- "t ,——*r > “ ““ ^uviviucs-uus onr ìoute

qu elles avoient ete apportees en France , & de-là à ManrezaCatalogne. On croyoit auffi les avoit à Utrecht ; d’où du Saul-say dit, maïs sans fondement, qu’elles ont été transportées enNormandie , au Monastère du Bretìil-Benoit, & de-la à S Magloire à Paris, & enfin dans l’Eglise de saint Eustache , qui dansIon commencement portoit le nom de sainte Agnes. * Prudence lTr f i ripavùtt bymn • 14. b. Ambioiso, 1 , f, de Vtrginibns c 28. Jérôme, epiji. ad Demetriad . 8. Augustin , fer m. 273. Rf i\-sBol land. acl. mens April. Saint Maxime de Turin. Les Martyro-loges. Les Menées des Grecs. Baronius . Du Sauflày. AHa, mur *Jlnc. Ruinart. Bastlet , vies des Saints , 21. Janvier.

AGNE'S , ( Sainte ) de Monte ( Pulciano en Toscane ,née dans cette ville Fan 1274* entra à sage de 14. ans dans leMonastère des Sœurs , qu’on appelloit Sachines , a cause d’unscapulaire de grosse toile qu’elles portoient. Elle fut Cellerière de ce Monastère à Monte Pulciano, ensuite Abbesse d’une autremaison du même Ordre àPoceno, ville du Comté d’Orviète.Elle établit ensuite un Monastère à Monte Pulciano , suivant larècte de saint Augustin,* Finstitut de 8. Dominique,où elle mou-rut le 20. Avril Fan 1317. Ce Monastère étant déchu depuis parla misère des tems , ce oui y restoit de Religieuses fut transféréau Couvent de S. Paul d’Orviète, qui lut donné l’an 143 c àdes Religieux cle saint Dominique, où le corps d’Agnès Futtrans-norté Le Pape Clement VIL permit aux habitans de MontsPulciano de faire la fête d’Agnes, même avant fa canonisation.Clément VÌIL approuva l’Office particulier de cette Sainte, &oermit d’en faire la fête , & la fit insérer dans le MartyrologeRomain au 20. d’Avril. * Raimond, vie de sainte Agnès , dansBoliandus. Bastlet , vies des Saints .

IMPERATRICES.

AGNE'S , Impératrice , fille de Guillaume V. dit le Granit .Duc de Guyenne , Comte de Poitou, & de fa troisième femmeAgnes de Bourgogne-Comté, mariée à l’Empereur Henry III.surnommé le noir , veuf d’Elipbrude ou Cunegonde d’Angleterre,& fut mère de Henry IV. & de Conrad Duc de Bavière .Henry mourut en 10$6. & Agnès devint tutrice de l’EmpereurHenrv IV. son fils. Quelques Seigneurs se servant de Fintellígen-ce qu’ils entretenoient avec Conrad, Gouverneur de Henry IV .enlevèrent l’Empereur à fa mère, pour le conduire dans la Saxe.Agnès de chagrin renonça au monde, & se fit Religieuse à Fru-teìles en Lombardie . Pierre Datnien lui a écrit diverses lettres.Grégoire VIL l’obligea de faire un voyage en Allemagne , pourtâcher de calmer T esprit cle l’Empereur son fils, mal intentionnépour le Saint Siège , Ses soins furent inutiles, & elle mourut àRome en odeur de sainteté l’an 1077. " L’Abbé d’Usperg. Bertol-de. Lambert. Besli. Baronius , A. C. 10 $6. 1074. 1077.

AGNE'S de France, Impératrice de Constantinople , étoitfille de Louis dit le $eune, & d’AH* de Champagne , &sœurde Philippe, surnommé Augujk En “79 fUe fut accordéeen mariage à Alexis Comnène , dit le gerne , fils de 1 EmpereurManuel : & quo Welle n’eût que 8- ans elle fut envoyee a Con-flnntinople, ou les noces furent célébrées avec beaucoup dcmagnificence le 2. jour de Mars de Fan ngo. Andromc Com-nène avant depuis fait mourir Alexis, & uíurpe 1 Empire, épousarette Princesse, dont il n’eutpoint d’enfans, a cauíe de son éx-crême ieunesse. Andronic mourut en n8$. & Agnes etant restesà la cour de Constantinople , devint amoureuse de Théodore Bra-nas homme de qualité, Seigneur d’Andrino pie & de Didymo-tiaue Alberie rapporte que ce Seigneur l’épousa enfin, & qu’ilrn eût une fille, qui fut mariée à Nargeaud de Tod , Baste ouc R ; Régent