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Tome I
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frère puîné Ptolomée , surnommé Alorites , quí se porta à cetteextrémité pour usurper ìa couronne de Macédoine. Cet usur-pateur n’occupa le thrône que trois ou quatre ans , ensuite dequoi ses frères Perdiccas & Philippe père d’Aléxandre le Grandrégnèrent l’un après l’autre. Juitin rapporte diversement cesavantures ; & il assure qu’fiurydice mère de ces Princes, & fem-me d’Amyntas, fut la cause de ces malheurs. Lt règne d’Alexan-dre II. ne fut que d’environ une année, ctil fut assassiné la pre-mière année de la CII 1 . Olympiade, ;S8- ans avant Jélus-Christ.*Diodore de Steile, hv. iç. U 16. Juitin, lìv. 7. tzso.

«j ALEXANDRE III. de ce nom, Roi de Macédoine, à quises actions héroïques firent mériter le nom de Grand , étoit filsde Philippe de Macédoine & df Olympias, selon Popinion la pluscommune ; car son père mémo en a douté, iì l’on en crois quel-ques Historiens qui font fort partagés là-dessus. 11 naquit en lapremière année de la CV 1 . Olympiade, Pan ;y8- de Rome & ;;6.avant l’Ere chrétienne, au troisième mois appellé par les Athé-niens Boedromion , & la même nuit que le Temple de Diane d’E-phèfe fut réduit en cendres : d’où les Mages prirent occasion deprédire,qu’il s’allumoit un flambeau qui devoir embraser tout PO-rient. Quelque-tems avant fa naillance, son père avoit été décla-ré vainqueur aux jeux olympiques , où il avoit envoyé quatrechariots ; & environ le même teins un courrier, qui lui vint de laparc de Parménion , lui annonça que les Macédoniens avóientremporté une victoire signalée fur les lllyriens. Pour la nouvellede la prise de Potidée, que cite icy Plutarque , c’elt une erreursemblable à celle qui lui a lait placer, & à la plupart des Moder-nes après lui, la múíilmce d'Alexandre Cous le mois appellé tìe-catombam : car Potidée avoit été prise deux ans auparavant,c’est-à-dire , la troisième année de la CV. Olympiade. L’en-fance d’Aléxandre fut célèbre par plusieurs évenemens, fur les-quels on fonda les présages de la grandeur future. Entr’autrcs,ayant dompté dans un âge fort tendre le cheval Encéphale, qu’ilmonta depuis, & que les Ecuyers les plus habiles n’avoientfçuréduire, son père en fut si charmé, qu’il avoua, transporté dejoye, que la Macédoine étoit trop étroite pour un courage auílìvaste que celui de son fils. Philippe étant obligé d’aller à laguerre, le laissa Gouverneur de Macédoine à l’âge de quinze ans:commistion dont il s’acquitta lì bien, qu’il rangea les Méduro-res à la raison. 11 suivit depuis le Roi dans ses expéditions ;ii lui ayant sauvé la vie dans une bataille, il devint l’admi-ration des Capitaines les plus expérimentés. Cependant Phi-lippe n’étaat pas satisfait de íà femme Olympias , la répudia, &épousa Cléopâtre Princesse jeune & galante, dont il étoit passion-nément amoureux. Alexandre n’ayant pas assez de complai-sance , pour flatter la paillon de Ion père, témoigna quelqueréssentiment du tort qu’on iiiisoit à sa mère Olympias , lisebrouilla même avec Atolle , qui étoit frère de Cléopâtre, Sc qu’ilfit depuis mourir ; & il poussa son dépit iì loin, qu'ii se vit con-traint de quitter la Cour de Philippe, & de se retirer auprèsd’Aléxandre Roi d’Epire, & frère de fa mère Olympias : maisquelque-tems après il fut rappellé en Macédoine , ou il gagnaPaffection des peuples par les bons offices qu’il leur rendoit, &par ses libéralités. Après la mort de Philippe assassiné par Pau-íànins la prémière année de la CXI. Olympiade,; 56. ans avantJeíùs-Christ, Alexandre âgé pour lors de ïq. ans monta iùr letrône, & succéda au Royaume de son père, qu’il trouva ébranlé& chancelant après fa mort ; mais il sout raffermir par le iùp-plíce de ses meurtriers, & fit punir tous ceux qui furent accu-lés d’avoir eu part à cet attentat, quoique fa mère elle-mêmeen fût soupçonnée. Ce fut alors qu’étant maître de son sort,& ne songeant plus qu’à augmenter fa gloire, il porta ses ar-mes plus loin qu’aucun autre avant lui. II conquit la Thrace & l’Illyrie, & fit trembler la Grèce par la ruine de Thèbes ; &après avoir déclaré la guerre aux Perles, il passa en Asie i’anj 5 4. avant Jésos-Chrilt ct la troisième année de la CXI. Olym-piade. Darius Roi des Perses n’y avoit point voulu faire dedégât, contre l’avis de Memnon : au contraire, il méprisa les desseins du Roi de Macédoine, auquel il opposa pourtant une ar-mée qu'Alexandre défit au passage du fleuve Granique , dans laPhrygie majeure. De.là , ce jeune Prince côtoyant P Archipel,emporta les villes d’Ephòse, de Milet, d’Halicamasse, de Sardes ,& soumit avec une extrême rapidité toute la Lydie & l’Ionie ,la Carie, la Pamphilie & la Cappadoce . Ensuite , après avoircoupé le nœud Gordien, qu’il n’avoitpû dénouer, non plus quetous ceux qui l’avoient entrepris avant lui ; il défit farinée deDarius auprès dTsstis, s’cmpara de ses trésors , & fit quantité deprisonniers, parmi lesquels étoient la mère, la femme, le fils, &les deux filles de ce Prince infortuné. On ne peut trop louerla manière respectueuse avec laquelle Alexandre en usa à l’égardde ces Princesses ; & cet endroit est peut-être le plus beau defa vie. La victoire dTsstis fut suivie de la conquête de la Phé-nicie, & de la prise de Sidon, de Damas, de Tyr, de Gaza , &de plusieurs villes & Provinces importantes. Josephe ajoûte,que ce Conquérant pendant le siège de Tyr , écrivit à JaddusGrand-Sacrificateur des Juifs, pour lui demander les mêmes se-cours qu’il donnoit à Darius, Le Sacrificateur le refusa ; & cePrince en fut si irrité qu’auffi-tôt après la prise de Tyr , il mar-cha contre lui avec son armée. Cependant, Jaddus averti ensonge de ce qu’il devoit faire, alla au devant d’Aléxandre , ac-cotnpagne des autres Sacrificateurs, tous en habit de cérémonie,& luiviS de tout le peuple. Le Prince voyant approcher cePontife revêtu de son éphod de couleur d’azur, enrichi d’or, &k tiuivre sor la tête avec une lame d’tór, sor laquelle le nom de

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Dieu étoit écrit, adora cet auguste nom, St salua même Jaddus :il répondit à Parménion surpris de ces respects, qu’il n’adoroitzpas le Grand-Sacrificateur, mais le Dieu dont il étoit le Ministre,qui lui étoit apparu en songe lorsqu’il délibéroit par quel moyenil pourroit conquérir l’Alie , & qui l’avoit exhorté de passer har-diment i’Hellespont . Le souverain Pontife lui fit voir ensuite lelivre de Daniel, dans lequel il étoit écrit qu’un Prince Grec dé-truiroit l’Empire des Perles; & il obtint tout ce qu’il voulut dcce Conquérant. Aléxandre ayant offert des sacrifices à Dieu , &fait des largesses au peuple, passa en Egypte,qu ’il réduisit sous sonobéissance; il alla consulter soracle de Jupiter Artimon , qui lenomma son fils, ct bâtit la ville d’Aléxandrie sur une des bou-cires du Nil. Ensuite il donna la bataille d’Arbelles contre Da-rius , qu’il défit entièrement, onze jours après une éclipse delune marquée par Diodore de Sicile, Plutarque , & plusieurs au-tres , la troisième année de la CXII. Olympiade , ;;e>. ansavant Jélus-Christ. Ayant sou que ce Prince fuioit en Médis ,il forma le dessein de le poursuivre ; mais auparavant il prit Ba-bylone , conquit laSulianne, passa dans la Perse, sc rendit maîtrede Períepolis , & ajoûta la Médie , l’Hircanie & les autres Pro-vinces voisines à ses conquêtes. La mort funeste de Darius, mas-sacré par le traître Beisos, lui fit verser des larmes : aussi en eut-il tant de ressentiment, qu’il punit sévèrement ses parricides.Enfin, pour ne point parler ni de Tyr, ni d’Arbelles, ni de ladéfaite du Roi Porus, il assujettit toute l’Alie jusques aux Indes& les Indes mêmes, & prit l’Océan pour bornes de son Empire.A son retour il mourut à Babylone de poison ou de fièvre, à Fágede trente-deux ans & huit mois, après en avoir régné douze;il avoit reçu peu auparavant des Ambassadeurs de presque toutesles nations du monde, qui venoient ou sc soumettre à ses armes,ou prendre part au bonheur de ses victoires. Cette mort arrivaen la prémière année de la CXIV. Olympiade , 324. ans avantJésos-Christ:. Aléxandre avoit épouse trois femmes ; Statira, fillede Darius, Roxane, fille d ’ Oxyatbrís-, ctParsine, fille d ’Arta-baze. II eut deux tìlsdes deux dernières, qui tous deux périrentavec leur mère, par la trahison de Cailànder & de Poliperchon.

On sera peut-étre bien aise de voir une ébauche de ce fameuxConquérant, tirée de ses médailles. II avoir le col un peu ten-du en avant, lesyeux fendus à fleur de tête , & le regard élevé ,( ce qui marque un homme courageux ct entreprenant. ) 11 étoitd’une taille médiocre, & plutôt petit que grand ; prompt, vigi-lant, généreux, libéral, aimant les lettres , mais superstitieux , ctenflamme d’un désir insatiable de gloire ; jiisques-là qu’etant en-core jeune, il versoit des larmes , lorsqu’il apprenoit les con-quêtes deson père , & le plaignoit de lui, comme s’il eût dûne lui rien laisser à conquérir. L’ambition ne fut pas son seuldéfaut; car, fans parler de son penchant criminel pour l’Eunu-que Bagoas, & de ses $00. concubines, la colère ct le vin le

S ouffèrent souvent à des éxcès , dont il eut honte lui-même.

e-là vient qu’un Ancien voulant encenser un de ses Héros, luiapplique ce trait ingénieux , qui renferme seul les éloges les plusmagnifiques; Magno illi Alexandra parJedjbbria nec rracundo.En éffet, à ces vices près , Aléxandre étoit le plus accompli detous les Princes qui ayent jamais régné (si tant est qu’on puisseêtre Un Prince accompli, lorsqu’on estyvrogne, colère, cruel im-pie, ambitieux, injuste ct le fléau du genre humain. ) Chardin ditque les Guèbres adorateurs du feu parmi les Perses , méprisentAléxandre , le détestent & le maudisent , le regardant commeunPyrate, comme un brigand, comme un homme sans justice& lans cervelle, né pour troubler l’ordre du monde , & pourdétruire une partie du genre humain. Au reste Aléxandre eutune vénération toute particulière pour les sciences & pour lesSçavans : il honora toujours Aristote son Précepteur , qu’il com-bla de biens ; & à la prise de Thèbes , il prit soin de faite con-server la famille & la maison du Pocte Pindare. La lecture desœuvres d’Homère le charmoít íì fort, qu’il les portoit ordinaire-ment avec lui ; enviant même le bonheur d’Achille , dont unsi grand homme avoit chanté les aérions. Pour faire honneurà l’Iliade , il la mit dans une cassette couverte de pierreries,qu’il trouva dans les dépoûilles de Darius , disant qu’il ne pou-voir mieux placer l’ouvrage le plus éxquis de l’ésprit humain jque dans un lieu si riche : utpretiojijjímum anir.ii human: opus,Uctrn maxime divìti opéré Jervarelur. Ce sont les paroles deline. Bien plus, dans le Fort de ses conquêtes il envoya à Ari-stote huit cens talons, c’est-à-dire , quatre.cens quatre-vingtsmille écus de nôtre monnoye, selon la supputation de Budé,pour fournir aux dépenses qu’il fiiisoit, dans les recherchezphysiques, pour son histoire des animaux.

Quoiqu’il ait tant donné de marques de faveur ct d’amitié kAristote , on l’accuse néanmoins d’avoir été cruel à l’égard deses amis , qui n’avoient pas allez de complaisance pour le starter& pour le croire fils de Jupiter. 11 fit mourir Clite, parce qu’iln’aprouvoit pas qu’il eût pris les coutumes des peuples qu’iiavoit vaincus, & qu’il lè fit adorer comme un Dieu . Cepen-dant on dit qssAristobulelTm de ses Capitaines, liiant nn jourà ce Prince, qui navigeoit fur l’Hydaípe, ce qu’il avoit écrit dpfa bataille contre Porus, où il mêloic des flatteries extraordinai-res ; Aléxandre jetta le livre dans la rivière, & soi dit qu’ii merûteroit un pareil traitement, pour avoir etc iì lâche que d’attri-buer de faux exploits à Aléxandre, comme s’il n’en avoit pa-ssn t assez de véritables. 11 rebuta pareillement un Architecte ,qui vouloir tailler le mont Athos pour en faire fa statué, &faire que d’une main il tint une ville , & de l’autre il verset unfleuve. U n’a jamais voulu permettre qu’à trois hommes de tra-