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nius, & plusieurs autres, ont prouvé que ce n’est qu’une fable,réfutée par les lettres d’Aléxandre, où il rapporte de quelle ma-nière se lit cette entrevue. Quoiqu’il en soit, le Pape se sentantredevable à la République de Venise , qui l’avoit protégé con-tre les persécutions du méme Empereur Frédéric, tâcha de luicn témoigner la réconnoiffimce. Car non seulement il fut l’Au-teur de la cérémonie d’épouser la mer le jour de l’Asceniion ;mais il accorda encore à Sébastien Zani Doge de Venise, lestrompettes d’argent, le parasol, la chaise pliante , les enseignes,&c. Alexandre revint à Rome , où il fut rappelle l’année sui-vante ; & il mourut le 27. d’Août de l’an 1 igi. après avoirgouverné saintement l’Eglise durant 22. ans, moins io jours, &avoir triomphe de trois S'chiûnatiques. II eut pour succeiìèurLuce 111 , * Saint Antonin. N ander. Volaterran. Onuphre . Pla-tine. Génébrard. Baronius,ctc . AI. Du Pin, bibhotb. des Aut.écriés du XII. ßecle.
ALEX/iNDRE IV. issu des Comtes de Signy, neveu deGrégoire IX . & d’ínnocent .lll. fut mis fur la chaire de saintPierre, après la mort dlnnocent IV. lorsque i’Eglííè étoit persé-cutée pur les entreprises des Papes d’Italie , & par la factiondes Guelphes & des Gibelins. Son nom étoit Ra.naud , & ilétoit fils de Philippe , frère de Grégoire IX. qui le fit Cardinal .II rut élu Pape le 21. Decembre de Pan 12^4. . Auiii-tôt aprèsson élection, il s’opposa à Alainfroi, fils naturel de l’EmpereurFrédéric, & donna {'investiture du Royaume de Sicile à Edmond,fils du Roi d’Angleterre. 11 vouloir renouveller la guerre contreles Infidèles, si un différend qui arriva entre les Vénitiens & lesGénois, ne P en eût empêche. On tient que ce coup imprévule fit mourir de déplaiíìr l’an 1261. aprés avoir gouverné {'Egli-se six ans, cinq mois, & quatre jours. Ce Pape, à P exemple deGrégoire IX . ion oncle prit hautement le parti des Alandians;& à leur sollicitation, il condamna le célèbre Guillaume de S.Amour. 11 y a trois de ses lettres dans la dernière collectiondes Conciles ; íìx autres lettres adressees à saint Louis, fur les.privilèges des chapelles du Roi, dans le tom. 9. du Spicil. &quantité d’uutres en faveur des Ordres religieux , dans P histoirede ÌVadingue, st dans les Bullaires. II ne fit aucune réforme,& accorda au contraire quantité de grâces extraordinaires à tou-te forte de personnes, crea de nouveaux Officiers dans fa Cour,donna des dispenses contre l’ordre ;.unit & désunit quantité debénéfices, permit d’en posséder plusieurs incompatibles, mit ladaterie dans une grande contusion. * Onuph. & Génébrard . inchron. Papir Àlasfon. hst. de Epstop. urkis. Du Chêne. , bist. desPapes. Du Boulay, hiß. unit Pans. tom. XI. UV. AI. Du Pin,bibiioth. des Aut. écriés, du lll. fièrie.
ALEXANDRE V . C Pierre Philargiou Philaret) Grec, nédans llsle de Candie. Ses parens étaient si pauvres, qu’ils fu-rent contraints de l’abandonner à la merci de ceux qui au-roient pitié de lui. C’est pourquoi lorsque la providence divi-ne scut éleve sur le throne de P Eglise, il diíòit qu’il avoir cetavantage par-deffus ses prédécesseurs, qu’il ne pouvoir être ten-té comme eux d’aggrandir ses parens, n’ayant jamais connu nipère, ni mère, ni frère, ni sœur, ni neveu. Comme il étoit en-core jeune enfant, & qu’il mandioit dans les rués de la villede Candie, un Cordelier Italien , voyant que fa physionomiepromettoit beaucoup, le mena au Couvent pour y servir à l’E-glise, & prit soin de lui enseigner les principes de la langue La-tine & de la Grecque: cet entant réussit si bien, qu’on lui don-na l’habit lorsqu'il eut Page compétent. On l’envoya dans leCouvent d’Oxfort en Angleterre, où il commenca ses études ;puis dans celui de Paris , où il prit le bonnet de Docteur enThéologie. Etant ensuite retourné dans fa Province de Lom-bards, il s’acquit tant d’eltime par ses eloquentes prédications,& par fes doctes écrits, que Jean Galéas Viconti . Seigneur de Mi-lan , lui donna la première place dans son Conseil, le fit creerEvêque de Novare, puis Archevêque de Milan ; & l’envoya enAmbassade vers l’Empereur Venceslas , duquel il obtint pourGaléas le titre de Duc, & pour íbi-même l’illustre qualité dsPrince du saint Empire. II fut ensuite élevé au Cardinalat parInnocent VIL qui l'envoya Légat en Lombardie . On l’élut Pa-pe au Concile de Pise en , 409. dans un tems où l’Eglise avoitbesoin d’un Chef, qui fût capable de redonner la paix à la Chré-tienté par l’éxtinction du schisme ; mais il mourut en 1410. aprèsavoir confirmé par une bulle les actes du Concile de Pise, au-quel il avoit présidé , & après avoir été fur le Saint-Siège feule-ment dix mois & huit jours. Jean XXIII. fut elû en fa pla-ce. ' Baronius. Volaterran. Spende, Onuphre. Génébrard . Pa-pire Maison.
îî ALEXANDRE VI . ayant changé le nom &Ies armesde son père Gens, ot Lenzoli, sorti d’une des grandes maisons duRoyaume de Valence, pour prendre celles de fa mère, sœur deCalixte III. avec le surnom de Borgia , s’introduiíìt au Pontifi-cat par des voyes peu légitimes. La postérité a peine à croirece qu’on rapporte d’un homme, qui ayant passé par les plushonorables emplois de l’Eglise avant sa promotion, & qui étantdoué de toutes les qualités nécessaires à un illustre Pape, a ter-ni tout cet éclat par les vices les plus affreux. Calixte III . sononcle maternel, le créa Cardinal en 14s;. & lui donna l’Arche-vêché de Valence en Espagne. Sixte IV . Py envoya Légat, &il parut dans toutes les occasions d’une manière qui lui fut très-avantageuse ; mais son ambition le pouffant au Pontificat, il mittoutes choses en usage pour y arriver. Après la mort d’Inno-centVIII. il employa dans le Conclave les grands biens qu’ilavoit pour se faire des créatures. II réussit dans lés vues, car ilfut élû le n. Août 1492. Mais ceux qui le mirent fur le Siège
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de PEglise, payèrent même en ce monde une partie de la pei-ne que méritoit leur avarice, comme Guiehardiiv, & les autresAuteurs de ce tems Pont remarqué. II prit le nom à'Alexandre,& commençant de gouverner avec assez de douceur & de mo-dération , fit (sabord des ordonnances très-saintes pour l’admi-nistration de la justice, ct pour le soulagement des peuples. Tousles Princes Chrétiens lui firent témoigner par des Ambassadessolemnelles, la joye qu’on avoit de son exaltation au Pontificat;mais fa conduite fit bientôt changer de scntimens. On dit méme.que la nouvelle de son élection fit verser des larmes à FerdinandRoi de Naples , Prince très-éxpèrimcnté,qui prévit tout ce qu’ondevoit appréhender de ce Pape. N’étant encore que Cardinal,il avoit eu de Vanotia, Dame Romaine , femme de DominiqueArimano, quatre fils & une fille. L’aîné de ces fils, Jean Borgia ,fut Duc de Candie ; le second (César) fut Cardinal , puis Duc deValentinois, homme le plus cruel & le plus ambitieux qui ait ja-mais été ; il tua son frère, & le jetta dans le Tibre . Ce qui donnalieu à ces deux vers de Sannazar Epigr. 1 . 1. contre Alexandre VI .
Piscatorem hominum ne te non, Sexte, putemuí.
Piscaris natum retibus ecce tuum.
Alexandre,qui avoit une complaisance aveugle pour lui, renversatoutes les loix divines & humaines pour le porter , s’il eut pû,jusques fur le throne des Césars, dont il lui fit prendre ie nom.
C’est à ce désir que Sannazar paroit faire allusion quand il ditEpigr. lib. 1.
Aut nihil, aut C,star vult Aid Borgia, quid ni ?
Cum fimul U Cstar fostìt, U este nihil.
II donna le titre de Catholique à Ferdinand vainqueur des Mau-res, & partagea les Indes entre lui & le Roi de Portugal , pour lesrendre favorables à lès déscendans. De son tems Charles VIII .Roi de France, réduisit le Royaume de Naples sous son obéissan-ce ; & malgré la mauvaise soi de ce Pape, il gagna à ion retour lacélèbre bataille de Fornouë en l’an 149;. Après la mort deCharles VIII. Louis XII . qui lui succéda, se ligua avec Alexandre;& peut-être que cette alliance fit le malheur de son règne, Dieu ne voulant pas qu’il eût aucune liaison avec un homme qui dés-honorait fa dignité par ion ambition, par son avarice & par mil-le crimes, se faisant un jeu de vendre les bénefices, d’usurperles biens qui l’accommodoient, & de faire mourir ceux qui nelui plaisoient pas, ou qui improuvoient fes désordres. Excèseffroyables dans un Pape, qui donnèrent lieu à ces vers :
Vendit Alexander daves , ait aria, Cbnjium :
Vendere jure polest , entertet itìe prius.
Et à ces autres :
Sex tus Tarquinins, Sextus Nero, Sextus (st ipste;
Semper (st à Sextis perditu Romafuit.
De vitio in vitium , de flamma ’cejjìt in ignem,
Rama Jub Hijjsano deperitura jugo.
Mais enfin Dieu so lassa de Pes crimes. Le Pape & son fils Céíàravoient résolu d’empoiíbnncr quelques Cardinaux dans une mai-son de campagne du Cardinal Adrien deCorneto, qui étoit lui-même du nombre des proscrits. Alexandre VI . y alloit souperavec grande compagnie ; & César son fils avoit donné à un deses gens une bouteille de vin empoisonné, avec ordre de n’endonner qu'à ceux qu’il lui ordonnerait: c’étoit au commence-ment du mois d’Aoùt. Le Pape y arrivant fort échauffé deman-da à boire. Celui qui avoit porté la bouteille empoisonnée,l’avoit remise à un autre, qui en donna à boire au Pape , Césaren but aussi, & lis se sentirent (sabord violemment tourmentésdu poison. Le dernier s’étant fait envelopper dans Je ventred’une mule en réchappa. Mais Alexandre, qui étoit âgé de 72.ans, en mourut le ig. Août i;o;. après avoir tenu le Pontificatonze ans & trois jours.
Voici l’Epitaphe que lui fit Sannazar Epigr. l. 2.
Vortaste nescis, cujtts hic tumulus stet ?
Adjta viator , ni piget.
Tituluni quem Alcxandri vides , haud illiufMagui est , J'ed hujtts qui modo
Libidmosi sanguinií captus ßtiTot civitates inclytus,
Tot régna vertit, tot Duces leto dédit ,
Natos ut impleat Jim.
Orbem rapinis, jìrro , st igné fundittMVajìavit, baußt , eruit :
Jìumana jura, nec minus calestia ,
IpjoJ'queJ'ufiulit Deos :
Ut Jcilicet liceret (heustceluì) patriNahe ßnunt permingere
Nec execrandis abjimere nuptiisTimoré Jubiato J'entel.
Et tarnen in urbe Romuli bic tel undecimPr ajùlet annií Ponts sex.
I nunc, Nerones , vel Caligulas nomma ,
Turpeis vel Heliogabalos.
Hoc fat Viator s retiqua nansinit pudor.
Tusujpicare , st ambula.
Pie III. lui succéda. * Guichardin . hst. 1.2. st Jeq. ATariana, Hiß.
H ist an. I. 1. c. 2. Raphaël Volaterran. An trop. 1 . 22. Paul. Jov. mGostal. Du Preau , Hst.striés Du Chêne, Hst. des Papes. Papir .Masson, de Epstop. urbis. Greg. Leti, vita C. Borgia. Sponde .
ALEXANDRE VU- (E^io Chigi) né à Sienne le 16. Fé-vrier i;y9- fut mis fur le Siege de saint Pierre Pan i6;ç. après Nla mort dTnnocent X. H avoit été Inquisiteur à ALdthe, Vice-Leuat a Ferrare, & Nonce en Allemagne , où il fut Médiateur de* Ddj k