2 1 8 ALE
sans pour ses favoris, & qui vouloient purger la Cour dc cettecanaille. Les Courtisans informés de ce qui se tramoit, íè saiii-reut de Jean , le plus jeune frère du Roi, qui avoit mal parlédes affaires de l’Etat, & le firent condamner à la mort, Alé-xandre se vit par-là fort en danger , quoiqu’il fit tout ce qu’ilput pour éloigner de lui tout soupçon. Les Courtisans ne fecrurent pas en fureté tant que ce Prince vivroit , & tirent íibien, qu’ils renfermèrent dans le Château d’Edimbourg . Maisii en sortit secrètement, & fe sauva à la Cour d’Edoüard IV.Roi d’Angleterre, à qui il fit part de la mésintelligence qu’il yavoit entre le Roi d’Ecosfe & la Noblesse du pays. Rajoutaque s’il vouioit profiter de l’occalion, un grand nombre detroupes fe joindroit à lui, dès qu’il auroit mis le pied en Ecosse .Sur cela le Roi Edoiiard envoya une armée fous le commande-ment de Richard Duc de Glocester son frère. i Par ce moyenl’Angleterre recouvra la ville delîarwich, & Alexandre fut ré-tabli dans toutes ses dignités, ayant méme été déclaré Régent duRoyaume dans la prémière assemblée des Etats d’Ecotfe. Poureffacer les relies de la haine que son frere avoit conçue contrelui, il le retira de la prison où on l’avoit mis, & le fit remonterfur le throne. Mais ce bienfait ne prévalut point fur les ancien-nes offenses. La jalousie que le Roi conçut contre son frère,qui étoit un Prince fort populaire , fut augmentée par les inspi-rations des gens malicieux qui s’approchoient de lui, & qui luifaifoient croire qu’Aléxandre avoit dessein de le supplanter. En-fin ayant été averti par fes amis que la Cour avoit conjuré íaperte, ils’enfuit en Angleterre, & de-là en France , où il mou-rut. II laissa deux fils, P u n nommé Alexandre qu’il eut deíir première femme, qui étoit fille du Comte d’Orkny; & Jacques,d’une seconde femme. Celui-ci fut dans la fuite Régent d’Ecoífependant plusieurs années. Buchanan.
' ALEXANDRE, Roi de Pologne , fils de Cafanirll. & frèted u Roi Jean-Aibert, auquel il succéda Pan isio. etoit aupa-ravant Grand Duc de Lithuanie ; L ies peuples de ce Duché, au-trefois íi opposés aux Polonois,entrèrent dans leurs fentimens enfaveur d’Aléxandre, & consentirent à la réunion des deux Etats,à condition que sélection des Rois fe faisant en Pologne , les Li-thuaniens y auroient droit de séance & de suffrage. C’est cequi fit préférer Alexandre à Ladislas Roi de Bohême, & à Si-gifmond. Frédéric, qui étoit Cardinal & Archevêque de Gnefne,ìe sacra dans Cracovie ; mais on ne couronna point son épouseHélène, fille de Jean , Grand Duc de Moscovie, parce qu’elle fui-voit la créance de l’Eglife Grecque. Alexandre contraignit sonbeau-père à faire une trêve de six ans avec la Lithuanie . IIarrêta les courses de Bogdan , fils d’Etienne, Palatin de Vala-chie, & celles des Tartaros qui couroient la Lithuanie . Alexan-dre, avant que de mourir, eut la consolation cl’apprendre la nou-velle de leur défaite par Michel Glinski , qui tua 20000. de cesinfidèles. R mourut quelque-tems après âge de 4$. ans, le 19.Août de Pan 1506. après avoir régné cinq années. R nelaillapoint d’enfans d’Hélène de Moscovie son épouse. Ce Princeétoit mélancolique & taciturne , mais libéral, jusques à préve-nir les désirs de ceux qui avoient à lui demander quelques grâ-ce. R eut pour successeur SigiJmond L ' * Miche vins, /. 4. hst.Pol. c. 82. Alexandre Guagnini, bist. Çfc.
AUTRES PRIN CES DE CE NOM.ALEXANDRE de Bourgogne , Seigneur de Montage, auDiocèse de Châlon, étoit fils puîné de Hugues III. de ce nom,Duc de Bourgogne, & à’Alix, de Lorraine fa première femme,& frère à’Eudes III. Duc de Bourgogne . Ce Prince, qui est nom-mé dans diverses chartres des Abbayes de Clugny & de sainte Bé-nigne de Dijon, mourut l’an 1209. II eut de Béatrix fa fem-me, qu’on croit fille de Guillaume IL Comte de Châlons,Eudes 1 . qui laissa postérité à'Elisabeth de Courtenav ; & Ale-xandre de Bourgogne de Montagu, qui fut Doyen de l’Eglife deBesançon , & fut depuis nommé Evêque de Chálons fur Saône,dans Jc premier Concile général de Lyon , tenu en 124$. Ale-xandre, après avoir très-bien rempli tous les devoirs d’un bonEvêque, mourut 1 c 25. du mois de Décembre de l’an 1201. &fut enterré dans PEglife de l’Abbaye de Notre-Dame de Mailìè-res, où l’on volt Ion epitaphe. * Du Chêne , Hstoire de Bour-gogne. Sainte-Marthe, Histoire généalogique de France , N GalLChrist. Le P. Anselme, Hst. génial, de France , tic.
ALEXANDRE, bâtard de Bourbon, fils naturel de Jean I.du nom, Duc de Bourbon & d’Auvergne, Comte de Clermont,de Montpensier & de Forez, Seigneur de Beaujolois, de Bom-bes , &c. avoit été destiné à l’Etat ecclésiastique, & avoit me-in e été Chanoine de B eau j eu ; mais il quitta son Canonicat pourembrasser la profession des armes. En 1459. il surprit la ville delaMothe en Lorraine, & il fit sortir du château de Loches , 1 cDauphin, depuis Louis XI. qu’il mena a Moulins , ou les Prin-ces l’allèrent trouver. Charles VII . en fuQtout-à-fait irritécontre le bâtard de Bourbon, lequel ayant été arrêté, fut noyépar ordre du Roi, à Bar-fur-Aube l’an 1440. Monftrelet, Hst.Jean Charrier. Le P. Anselme, Hst. génial, de France .
ALEXANDRE, Prince des Valaques dans leXVI. siècle,devint Phorreur de fes propres sujets par fes désordres, & sur-tout par ses cruautés inouïes. Un certain Jacques, homme debonne mine, qui s’étoitmis dans les bonnes grâces des Polo-nois, lui fit la guerre, fe disant issu des anciens Princes de Va-lachie. Albert Laski prit son parti, & dépouilla le cruel Ale-xandre de son Etat. Il en donna la possession à Jacques, le-quel ayant fait aulsi-tót des profusions d’argent aux Bassas,
ALE
alla à Constantinople , & obtint en x ç6i. du grand Turc Soli-man II. d’étre confirmé, selon la coutume, dans la Principautéde Valachic. * De Thon, bist. I. 28.
ALEXANDRE Duc de Lithuanie, rendit son nom célèbrepar fes victoires. Au commencement du XVII. siècle, il pritNovo^rod, ville florissante dans le Septentrion, qui puyoiteentmille écus d’or de tribut annuel aux Ducs dc Lithuanie. Elle futreprise par Jean Basile, Grand Duc de Moscovie. * Crantz,l. 15. Cramer, l. 29.
ALEXANDRE de Médicis, premier Duc de Toscane , filsnaturel de Laurent de Médicis Duc d’Urbin, épousa Marguerite,fille naturelle de l’Empereur Charles V. qui l’avoit établi à Flo-rence avec le titre de Gouverneur perpétuel. Alexandre, à lafaveur d’un appui Ii puissant, devint le Maître absolu du Gou-vernement ; ce qui le rendit extrêmement odieux, même àceux de fa famille. Laurent de Médicis son cousin le fit tuerle 6. Janvier de l’an 15; 7. dans son palais, où il lui avoit pro-mis de lui mener pendant la nuit une fille des plus belles. Une laissa point de postérité de Marguerite d’Autriche son épou-se, que l’Empereur son père remaria avec OHave Farnèfe Ducde Parme. Alexandre portoit pour devise un rhinocéros, avecces paroles : Non Buelvo ßn vincer. II faifoit allusion, commedit Paul Jove , à cc vers :
Rhinocéros nunquam vichts ab hojíe cadit :
On le loué d’avoir aimé la justice, & de savoir rendue tres-rigoureufement. *De Thou , hiß. I. 1. Paul Jovius, inelos.hijl.imag. Villaney, hst. Flor.
ALEXANDRE FARNESE, Duc de Parme & de Plai-sance. Cherchez FARNESE (Alexandre.)
ALEXANDRE de Portugal, fils de Théodasede Portugal II.de ce nom Duc de Bragance & de Barcellos, Connétable de Por-tugal, & CÌAnne de Velafque & de Giron, né l’an 1607. mou-rut le 31. Mai de l’an 1637. Ce Prince étoit frère de Jean IV .du nom, dit le Fortuné, Roi de Portugal , & d’Edouard, que lesEspagnols retinrent prisonnier à Milan .
HOMMES DE LETTRES.
ALEXANDRE d 'Etolie, qui est ce pays de la Grèce quequelques Géographes modernes nomment le Dijpotat, étoit unfçavant Grammairien, qui soifoit aulíi des pieces en vers, &qui fut méme un des Poètes tragiques de la PIcïade, au rapportcíe Suidas . II vivoit vers la CXXX. Olympiade, & vers l’an260. avant Jcfus-Christ. Les Anciens le citent souvent. * Par-thenius, Erot. c. 3. Strabon, /. 13. ti 14- Suidas . Voisins.
ALEXANDRE, Philosophe de la secte d’Epicure , est louépar Plutarque dans le second livre des quejìionsde tabíe. C est lepremier qui proposa cette question, sçavoir qui est venu le pre-mier de la poule ou de P œuf, Ucrumyriùs, galhna,an ovum?* Plutarchus, m Sympos. I. z. q. 3. Gassendi, in vit a Epicur .
I. 2. c. 6 .
.ALEXANDRE, surnommé POLYHISTOR , Grammai-rien, Philosophe , Géographe & Historien, né a Milet ièlon.Sui-das, & selon d’autres à Cotyée dans la petite Phrygie , florissoitvers laCLXXM. Olympiade, environ 83- ans ayant j. C. O11ne fçait par quel hazard cet homme qui etoit ne libre devint es-clave : il fut vendu à Cornelius Lentulus, à qui il enseigna lesbelles lettres. Lentulus ou Sylla l’att’ranchic, L iì prit le surnomde Cornélius. II avoit écrit quárante-deux traites de divers sujets.Etienne dc Byzance cite ceux qui conce-rnoient la Phrygie , laBithynie, la Carie, la Lvcie, l’Aiìe, la Syrie , l’isle de Cypre,l’Egypte, la Paphlagonié, la Libye, le Pont-Euxin , & PEurope,à quoi il ajoute un traité de ce qu’il y avoit de géographiquedans Aleman. Le fcholiaste d’Apollonius cite aulíi île lui une de-scription de Plsle de Crète, dont Athénée fait mention. Plu-tarque le fait encore Auteur d’une Histoire des Musiciens de Phry-gie, & Diogène Laèrce lui attribué deux autres ouvrages, P un dsPerdre dans lequel les Philosophes fe succèdent les uns aux au-tres, L Pautre des commentaires de Pythagore . Saint Clémentà’Alexandrie qui parle de ce dernier ouvrage,sous le titre de sym-bole de Pythagore , rappelle aulsi la mémoire d’un autre tou-chant les juifs, qu’Eufèbe a inséré presque entipr dans le neu-vième livre de la préparation évangélique. 11 y eut au témoigna-ge de ce dernier, peu d’hommes aulíi habiles qu’Aléxandre ;il fe sert quelquefois de lui dans fa chronique : Pline l’a emplo-yé aulsi en beaucoup d’endroits , & d’auíres encore , entre leí-quels on ne,doit pas oublier saint Cyrille, qui dans son premierlivre contre Julien cite ce que cet Auteur dit du déluge, & de latour de Babel. Suidas , qui lui attribué de plus cinq livres tou-chant la ville de Rome , dit que le feu ayant pris à fa maison deLaurente, il y périt, & que là femme ayant appris ce malheur,s’étrangla elle-ménie. * Voisins, Hijìoriens Grecs.
ALEXANDRE d ’Epbèfi , surnommé le Flambeau, vécut àpeu près dans íe méme teins que celui dont on vient de parler,puisque Strabon le met au nombre de ceux qui vivoient peu avantlui. 11 s’appliqua á diverses sortes d’études , & il fut Orateur ,Poète, Historien & Géographe. Son ouvrage historique» étoitune description de la guerre Marsique , qu’Aur. Victor a citée.
II avoit décrit les astres dans un Poème, dont Heraclide a citedeux vers touchant l’harmonie céleste. Etienne de Byzance lésert aussi de deux traités géographiques de P Asie & de i’Afriquequ’il avoit publiés. Quelques vers cités par le méme Auteur,montrent qu’Aléxandre avoit fuit d’autres Poésies qui ne sont pasconnues. Tous ces ouvrages ne I’empêchérent pas de prendrepart au Gouvernement de fa patrie,dont il fut up des plus grand*
orne-