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nommée Henarés , ne font guères moins considérables : c’est-làqu’on trouve Alcala. si célèbre par son Université ; Guadalajara ,cité depuis l’an 1460. Brigueha; Siguenza , ville épiscopale, avecUniversité : un peu plus loin eltMédina-Celi, JDuché; & encoreplus au Nord , Monteagudo, Comté ; Uzeda ou Uceda, Duché ,est auOì aux environs de l’Henarés , à sept ou huit lieuès au Nordd’Alcala. U y a d’autres lieux remarquables au Midi de Ma-drid ; Escalona & Magueda, Duchés ; ie premier fur l’Alberche,le second dans une Presqu’isle , entre i’Aiberche & la Guada-rama ; Léganés, Alarquiíàt fort prés de Madrid , fur le Tage ;Tolède, ville archiépiscopale, avec Université ; Aranjués , Châ-teau royal, avec les plus beaux jardins d’Espagne ; Mora, ComtéfurlaTajuna ; & plus haut, à l’Orient de Madrid, Pastrana Du.ché. 11 etoit d’autant plus nécessaire d’indiquer ces lieux,, quela plupart ne se trouvent pas dans les cartes ordinaires, & que^d’autres y font marqués dans la Castille Vieille, à laquelle ellesdonnent trop d’étenduë vers le Midi. Tout ce pays est fortinégal : les bords du Tage auprès de Tolède font très-Fertiles. - *Juan Alvarés de Colmenar, délices de l’Espagne ,
ALGARVE, en latin Algarbia , Province d’Espagne dansle Portugal, avec titre de Royaume. Elle a le Portugal au Sep-tentrion, l’Andaloulie au Levant, & la mer Océaneau Couchant& au Midi. Ses villes font Faro , Sylves Evéché, Tavila , quipasse pour la Balsa des Anciens , &. Lagos . Le mot d’Algarve,en langue moresque , veut dire Campagne fertile. Audi cetteProvince produit-elle des vins très-éstìmés, des figues, des rai-sins, des olives, des amandes, & une très-grande quantité depoissons, que la mer voisine fournit. Alsonje 11 . Roi de Portu-gal , eitle premier qui ait pris le titre de Roi d’Algarve ou desAlgarbcs, après son mariage avec Béatrix de Castille, fille natu-relle d’Alsonje X. Roi de Castille , & de Marie de Gusman-Vil-lena. La Province d’Algarve n’étoit auparavant qu’un Comté,qui fut donné en dot à cette Princesse avec titre de Royaume .Beatrix fut mère de Denys , dit le Père de la Patrie , qui pritle titre de Roi des Algarbes, éc depuis ses successeurs Pont tou-jours porté. * Vaseoncellos, Anacepb. Reg. Portugal , Alontan.in M er c. Alérula, Georg. &c,
AEGASEL ALGAMATA, a écrit en'arabe un livre inti-tulé , les balancés de la jußice , ou la balance jujle, qui contientdes préceptes moraux, a été traduit en hébreu par AbrahamBar-Chasdaï, & un livre philosophique intitulé la dejiruètion desPbilojophes. Ce livre a été traduit en latin, & imprimé à Ve-nise en içsio. avec les Oeuvres d’Aristote . * Bartolocci, bìbìioth.Robinie. Histoire des Juifs, depuis Jéfus-Christ-jufqu’à présent,tom. 7. édit. Paris , m r 2°. 1710.
t ALGEBRE , cette science est née en Orient, comme lenom même le marque, qui est arabe , & qui signifie rétablir &réparer, pareeque le but de cette science est de réduire les par-ties au tout, ou, comme on parle dans Pécule de cet art, de ré-duire les termes de la comparaison, a la f orme deßre'e de l’équation.Les anciens Persans en ont fort bien écrit, & entr’autres le sa-vant Cnia Veffìr. Cardan dit que p Auteur de cette science quiétoit Arabe se nommoit Mahomet fils de Moïse ; & il le met auneuvième rang des douze plus éxcellens hommes qu’ila choisisdans PAntiquitepour la subtilité de leur esprit. Scriverius en at-tribue Pinvention à Diaphonie Auteur Grec, dont Régi omonta-nus a recueilli treize livres, qui ont été commentés par GaspardBuchet, Sieur deMeziriac de l’Académie Françoise. Cette scien-ce qui avoit été tout à sait négligée, a été rétablie dans le 17.siécle par Piété. Deícartes a trouve une autre méthode, qu’onprétend être autant au-dessus de celle de Viéte , que celle-ciest au-dessus des autres. Wallís & quelques autres ont contestéà Defcartes l’honneur de cette découverte, & Pont attribué àun nomme Harrìot ; mais Air. Hudde, & Air . Prestet en ont re-stitué la gloire à Defcartes. * Chardin, voyages en Perse, &c.Tom. 2. p. 112. Furetière , D/fl.
ALGER , ville & Royaume d’Afrique dans la Barbarie, a leRoyaume de Tunis au Levant, le Bilcdulgerid au Midi, a u Cou-chant le Royaume de Fez, & la 111er au Septentrion. On ie di-vise ordinairement en cinq Provinces. La ville d’Alger , qui enest la Capitale est belle & grande, avec un très-bon port. C’eltVAlgeria , Algerium , ou Algaria des Histoires latins. DiversAuteurs sc sont imaginés que cette ville est l’ancienne JuliaCasarca, que Juba Roi de Mauritanie fit bâtir à Phonneur de Cé-sar, dont il voulut que sa ville portât le nom ; mais aujourd’huion est revenu de cette opinion. Julia Csnrea est plus proba-blement Ténez, dans le Royaume d’Alger. II y a bien plusd’apparence que la ville d’Alger est le Rujcuriunt ou RuJ'uccurumd’Antonin , de Pline & de Victor de Vite , que Ptolomée nom-me Rbusuccora. Cette ville étoit le liège d’un Evêque suffragantde Césarée , & les Prélats de cette Eglise avoient très-souventsouscrit aux Conciles d’Afrique. Les Africains Rappellent Ge-seir de Béni Mosgana, & les Arabes la nomment Algesir. Elleest située fur la pc-nte d’une montagne qui s’éiève insensible-ment : de sorte que les maisons qui íònt bâties fur cette pente,
( epuis le bord de la mer jusqu’au haut de la montagne formentune éípéce d’amphithéatre d’autant plus agréable a la vúé quechaque maison a son corridor ou ía galerie tout autour, avecune belle terrasse- La plupart sont bâties de brique, & il y aplusieurs palais à la moderne, faits par d’éxcellens Architectes.Près de la grande Mosquée est la principale prison des élclaves,nppellée Mahmora ou Bagues. Les murailles de la ville d’Alger font hautes & flanquées de bons bastions. Elle a quatre portesprincipales. Vis-à-vis de celle qui regarde le Septentrion, est
le port Sc une Isle, laquelle est maintenant jointe à la terre fer-me par un môle, qui rend le port plus íéur, & plus grand qu’iln’étoit auparavant. 11 y a plusieurs forteresses aux environs dela ville , avec de bonnes garnisons & quantité d’artillérie, en-tr’autres , le fort de Butche, à un quart de Heue du Château.II est défendu par quatre bastions couverts de canons de bronze,& il a une place d’armes capable de tenir mille hommes. Ducôté de la terre , la ville est environnée de rochers, au pieddequels font de vastes plaines fertiles en bled & en pâturages.Cette ville est aujourd’hui la plus riche de toute l’Afrique , Scla doiianne rapporte autant de revenu que tout le Royaume.On y compte environ cent mille habitans ; íçavoir douze millesoldats, qui font presque tous Chrétiens rénégats; quarante milleélclaves de tous les endroits de PEurope, outre des Maures, desTurcs&des Juifs. Alger a été soúmise aux Rois de Mauritanie,puis aux Romains, aux Arabes , & à d’autres Princes. Dans leXVI, siécle Barberousse la prit&Ia laissa à son filsAsan. Maisaujourd’hui c’est proprement une République sous la protectiondu Turc, qui y envoyé quelquefois des Bachas. La ville est uneinfame retraite de Corsaires & d’écumeurs de mer. Elle a étébombardée deux fois, & presque réduite en cendres, en punitionde leurs pirateries, par les flottes du Roi Louis XIV . en 1682.fous les ordres de AI. du Quefne , & en 1688. fous ceux daAlarêchal d’Estrées. Ces Barbares n’ont osé depuis attaquer lesvaisseaux François. * Alarmol, de P Afrique. Sanson, descriptiond’Afrique. Alercator. Paul-Jove .
ALGERUS , Prêtre, illustre par son soavoir & par sa piété,florissoit au commencement du XII. siécle. 11 étoit de Liège ,où il fit ses études avec succès, & 011 il passa une partie de í'avie, en qualité de Diacre de PEglifc de saint Barts, clemi, puisde Chanoine de saint Lambert. 11 y resta près de vingt annees,& se fit Religieux de Clugni après la mort de Frédéric Evêquede Liège. Le sentiment de líérenger anima tous les gens delettres desontemsà le réfuter avec force. Algerus ne fut pasdes derniers. II publia un Ouvrage, du sacrement du corps dasang de Nôtre Seigneur, qu’on a toujours estimé. Nous voyonsencore Ie jugement avantageux que Pierre leVénérable en fait aucommencement du traité qu’il composa lui-méme sur ce sujet.Car il préféré l’ouvrage d’Aígerus à c eux de Lan franc N de Guit-mont, qui étoienttous deux de son Ordre ; & après avoir ditque le premier avoit bien écrit, & le second encore mieux, ilajoute que le dernier les a surpasses, & qu’il avoit raisonné aveeplus de force : optime, àìt-ì\,plenijjì.ne,perfeclt:jìme dijserait.tZe-pendant, quoique son traité soit beaucoup plus ample que ceuxdeLanfranc&deGuitmond, & qu’il cite un plus grand nombrede passages des Pères, il ne raisonne pas fi juste, & il réécrit pasfi bien que Lanthane. Erasme , dans une de ses lettres, déclarequ’il n’a jamais douté de la vérité du Corps & du Sang de Je-sus-Christ dans l’Eucharistie ; mais que cependant la lecture dece livre d’Algerus, également pieux & docte, l’avoit fortifié danscette créance. Les Théologiens Catholiques qui sont venus de-puis, & entr’autres le Cardinal du Perron, n’ont pas moins esti-mé cet Auteur. Jean Vlimmer, Prieur des Chanoines réguliersdeLouvain, y fit imprimer en i;6r. en un volume inoflavo,ce traité d’Algerus, avec les autres écrits fur la inème matière.Ce traité elt divisé en trois livres; Erasme l’avoit déja fait im-primer à Anvers : on l’a depuis mis dans la bibliothèque desPères. Outre cet ouvrage , Algerus en composa un fie mifiri-cordia & judicio , qui n’a été imprimé qu’en 1717. dans le V.tome du nouveau thrésor d’anecdotes de Dom Martène. Sondessein est d’v éxpofer les tempéramens nécessaires dans l’ob-servation des canons,soit à s égard des pécheurs qu’il faut simple-ment ou corriger ou supporter, soit à Regard de ceux dont i’E-glise nous interdit le commerce. A l’ègard de ceux-ci il prendau sens literai le texte de S. Jean, qui exclut julqu’aux civilitéscommunes ; & il so iï tien t qu’on ne peut s’en e carter qu’en untrès-petit nombre de cas privilégiés. II mourut l’an 1x91. & ilest appelle Saint par celui qui, comme nous Pavons remarqué,ublia son traité du corps & du fang du Seigneur en içói. *ierre de Cmgni, /. 2. adv. Henric. £5? de Mirac, fui femp. Tri*théine, in cotai.script, eccl. tzf l. 2. c. 90. dc vir. ijlufir. Berna.Erasme,w epijl.&prœf. ad Alg. Jean Vlimmer, m <r*s ad Alger .Bellarmin . de script. ecci.Ynlère André, bibliotb. Eelg. T. VI bibl.PP. Alorel, col. 271. esc. AI. Du Pin, bibliotb. des Aut. éccles. duXI ßecle.
ALGERUS, (Pomponius) natif de Noie en Italie , vivoitdans le XVI. siècle- Etudiant à Pavie, il quitta PEglifc Romai-ne pour embrasser la doctrine des Protestons, qu’il enseigna enparticulier ; mais ayant été découvert, il fut mené au Gouver-neur de la ville, qui Ie fit conduire à Venise . De-ià on ren-voya á Rome, où le Pape Paul IV. le fit condamner comme Hé-rétique à être brûlé vif. Algerus souffrit cc supplice en i ;; và füge de 24. ans * Theodor. Beza, de hom. illujtr.
ALGEZîRE, ville d’Espagne sur le Détroit de Gibraltar ,avec port de mer , a été autrefois très-coníìderable ; mais ae-jourd’hui elle est entièrement ruinée. Ambroíius Morales, An-tonius Augustinus, Nonius, & d’autres, ne doutent point qu’An-gezîre ne soit l’ancienne Carteia, Cartbeia ou Carthea, dont nest si souvent fait mention dans les anciens Auteurs. En effet,quoique Goropius , Becan,Mariana, & d’autres ayent crû que c’e-toit Tarisse,& que Charles Glutins &Jo(èphAloletius Payent prisepour Carthagène, la description que Tite-Live fait de Carteia,s’accorde fi bien avec Alge /ire, qu’il y auroit de l’opiniátreté a
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