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de Politique dans le Collège Canobien,que PaulCanobio avoit fon-de par Ion conseil & il conserva cet emploi pendant dix huit ans.Le Sénat de Venise l’engagea ensuite à aller à Padoue,où il expli-qua la Philosophie d'Aristote avec tont d’habilete & d’élégance, queFrançois Cimercat , qui étoit Professeur au Collège Royal à Pa-ris du tems de François I. étant retourné en Italie , après lamort de ce Prince , le choilit préférablement à tous les Sa-vans , pour lui confier le foin de donner ses ouvrages au Public.11 demeura quatre ans à Padoue , & retourna ensuite à Milan ,oú il continua d’enscigner la Philosophie , jusqu’à sa mortqui arriva en t ; 86. II étoit alors âgé de 68. ans. OctavienFerrari étoit très versé dans la belle Littérature , c’est ce quifait qu’il a traité les sciences avec un ltile pur & élégant ; ilexcella principalement dans la Philosophie de ce tems là, &passa pour un second Aristote . Mais il ne fut pas seulementillustre par son savoir, il le fut encore par fa probité & savertu. Barthélemi Capra Jurisconsulte, son ami intime , auquelil avoit laissé sa Bibliothèque , a fait son oraison funèbre. Cata-logue de les Ouvrages, i. De Sermonibus Exotericis Cenetìïs 1575.in 4°. Cet Ouvrage est tres utile à ceux qui veulent s’instruirede la Doctrine d’Arìstote. On fait que lès livres étoient de deuxsortes ; les uns nommés Exotériques étoient pour toutes sor-tes de personnes ; les autres appelles Acroamatiques n’étoientque pour l’ufàge de ses disciples. Ferrari parle fort au long desprémiers. Cet ouvrage a cté réimprimé avec des augmenta-tions de Melchior Goldaß , & une nouvelle Dissertation de Fer-rari de Disciplina Encyclta sous le titre général de C/avis Phi-losoph : .* Peripatetica Arißoteliea. Francolurti 1606. in 8°. 2.De Origine Romanorum. Mcdiolani 1607. in 8°. Quoy que Fer-rari n’aye pa$ mis la dernière main à cet ouvrage, & que lamort l’ait empêché de le finir, il étoit cependant digne d’etreconservé à la postérité , suivant Air . Gravius , qui l’a insérédans le prémier volume de ses Antiquités Romaines & y a ajou-té ses corrections. Barthélemi Capra qui l’a publié d’abord, ya ajouté quelques lignes de íà façon , dont il sc fait plus d’hon-neur qu’il n’en mérite. 3. II a traduit en Latin Athénée & faitquelques notes fur Aristote . * Son éloge par M. de Thou,avec les additions deTeistìer & Struvii Bibliotheca Antiqua 1705.Mémoires pour servir à C hiß. des hommes illustres fr c, tom. 3.
H FERRARI, Octavio, naquit à Milan le 20. Mai 1607.d’une famille noble. Son père etant mort lors qu’il n’avoit en-core que quatre ans, son oncle paternel François BernardinFerrari , que ses écrits ont rendu célèbre , le prit chez lui,& eut foin de son éducation. II fit ses études dans le Collè-ge Ambrosien. Après son cours de Philosophie & de Théo-logie , il se livra tout entier aux belles Lettres , dans lesquel-les il fit des progrès 11 considérables , que le Cardinal Frédé-ric Borromée en conçut de l’éstime & de l’affection pour lui,& lui procura une chaire de Rhétorique dans ce Collège , quoyqu’il n'eût encore que vingt & un ans. Six ans après, c’est-à-dire en 1634. la République de Venise l’attira à Padoue , pourenseigner dans l’Université de cette ville, l’Eloquence , la Po-litique , & la langue grecque. Cette Université étoit fort dé-chue de ce qu’elle avoit été autrefois ; mais il lui rendit parles soins son prémier lustre. La République l’en récompensaen augmentant tous les six ans ses gages , qui n’étoient cPa»bord que cinq cens ducats, mais qui montèrent à la fin, parces augmentations , jusqu’à deux mille. Après la mort de Jo-seph Ripamonte Historiographe de la ville de Milan , Ferrari futchoisi pour écrire l’hiltoire de cette ville , & on lui assigna pourcela une pension de deux cens écus. II commença à y travail-ler, & en fit huit livres , mais voyant qu’on ne vouloir pointlui communiquer les pièces qui lui étoient nécessaires , &qui étoient renfermées dans les Archives de Milan , où il alloittous les ans chercher du secours pour son ouvrage , il y re-nonça, & ne laissa à son héritier ce qu’il avoit deja fait qu’àcondition qu'il ne le publieroit jamais. Sa réputation & sonmérite lui attirèrent des présens & des pensions des Princesétrangers. La Reine de Suède Christine , en l’honneur de la-quelle il fit un discours public, lorsqu’elle monta sur le trô-ne , lui fit présent d’une chaîne d’or de mille écus & l'honorade ses lettres. Le Roi de France Louis XIV . lui donna pen-dant sept ans une pension de cinq cens écus. Les infirmitésqui sc font sentir à ceux qui Rappliquent fortement à l’étudel’attaquèrent de bonne heure. Des maux de tête fréquens vin-rent plusieurs fois le retirer du travail ; mais il s’y remettoitdès qu’ils étoient passez. II est mort le 7. Mars 1682. dans fasoixante-quinzième année. C’étoit un nomme d’une humeurdouce, sincère , affable, & qui savoir par ses manières enga-geantes, réunir les esprits les plus envenimés les uns contre lesautres ; ce qui lui a fait donner le nom de Conciliateur & de Pa-cificateur. II a écrit 1 . De re veßiaria libri tret Patavii 1642.in 8°. seconda Editio libri VII. Quatuor poßremi nuncprtnaumprodeunt , reliqui emendatiores , fr auíl tores, adjeâïis iconihtu ,Patavii 1634. in 4 0 . It. éditio nova ; accedunt Anale£la de reEefliana , fr Diffèrtatio de Lucernis fipulchralibus veterum.Patavii 1685. in 4". 2. AnalcEla de re Ceßiaria, fìve exerci-tationes ad Alberti Rubenii Commentarium de Reveftiaria frlata clava. Acceßtt diffèrtatio de Ceterum Lucernissèpulchra-libus. Patavii 1670. in 4 0 . Prolufìones XXCl. Epi/iola For-mula ad capienda DoHoris inßgnia , irscrìptiones. Pars I. & II.Patavii in 4 0 . 1664. & i6óg. Pars III. Acceßtt Panegynctu Lu-dovito magno Francorum Régi diElut. Patavii in 4 0 . 4. Eleíio-rum libri duo. Patavii 1679. in 4 0 . 3. Origines Lìngua Ita-lica Patavii 1676. in fol. 6 . De Pantomimìs fr Mimis Différsa-tio nunc primum edìta. Wolfenbutelii 1714. in 8°. 7. Dtffèr-
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tationes dua , altéra de Balneis , de Gladiatorìbut altéra , nuncdemum in lucem édita à Johanne Fabritio. Hclmstadii 1720.in 8° pp- 72. Tous ces ouvrages ont été imprimez à Padoue .II est Auteur d’une curieuse dissertation touchant les lampes sé-pulcrales, où il parle de l’usage des flambeaux & des illumina-tions en général. II fait voir que les Juifs tendent des cier-ges allumez de jour dans les Temples , ( l’on veut apparem-ment dire dans les Synagogues ) & que les Payens se íervoientauili des flambeaux dans leurs sacrifices, & particulièrementdans la célébration de la fête de Cérès. II remarque sor cesujet, que César, après son triomphe, monta au capitule aumilieu de quarante éléphans , qui portoient un grand nombrede flambeaux en plein jour. A l’égard des Chrestiens , Ferraricroit qu’ils ont imité la coutume des Juifs , dont ils ont ap-pris à tenir des cierges allumez dans les Eglises. 11 ajoute,qu’au commencement du Christianisme les fidelles s’assembloientdans des voûtes souterraines ; & que , lors même qu’on eutla liberte de bâtir des Eglises , on n’y laissoit guères entrer le
_ _ cierges Sc. de tiamoeaux pour y
vin. Ensuite , on s’en servit seulement en témoignage de joie,comme dit saint Jérôme , non utìque ad fugandas tendras,sèd ad stgnum latitia demonstrandum. Ferrari parle après celades lampes que l’on allumoit autre-fois dans les tombeaux.Plusieurs Scavans ont crú que les Anciens a voient le secret defaire une huile qui ne se confumoit point, ou de disposerces lampes en forte qu’à mesure qu’elles brûloient, la fuméefè condensoit insensiblement, & se réduisoit en huile par unchangement perpétuel. C’cst-ce que Fortunio Liceto , nommeen latin Fortuniut Licetus , a prétendu prouver dans une sça-vante dissertation , qu’il a faite pour soutenir ce sentiment ; maisFerrari a tâché de détruire cette opinion. 11 remarque que l’ufàgedes lampes sepulchrales ne peut pas être si ancien en Italie qu’on ledit; parce qu’on y brûloir les morts,& qu’on mettoit leurs cendresdans des urnes, dont l’ouverture étoit trop étroite pour y faire en-trer une lampe ; que la coutume d’inhumerle corps ayant été in-troduite, on mit quelques lampes dans les tombeaux ; mais qu’el-les n’étoient pas enfermées dans les cercueils , parce que laflamme s’étouffe d’elle-même , si on ne lui donne de Pair. 11en est de même des urnes, qui sont d’une argile si forte, queprésentement elles sonnent, quand on les frappe, comme sielles étoient de cuivre : de sorte qu’il n’y a pas lieu de croireque Pair y entrât au travers des pores. Ferrari montre ensuitequ’on ne sçauroit produire une flamme perpétuelle , ni par lemoyen de l’huile , ni par celui de la mèche. * Ghilini, theatrod’buom. Letter, bibliotb. universel, tom. 2 . Mémoires pour servird R biß > des hommes illustres frc. tom. 5 .
FERRARI, Antoine ; voyez GALATEO. ( Antoine )
FERRARIENSIS , nom sous lequel on cite ordinairementFrançois Sylvestre Philosophe Scholastique. Cherchez FRANÇOISSYLVESTRE, Général del’Ordrede saint Dominique.
FERRARIIS , C Jean-Pierre de ) natif de Pavie Docteur en
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. .. qu’il
avoit pour lors 86. ans , voulant, disoit-il, en travaillant à cetâge , imiter Caton. * Denys Simon, bibliotb. chronot. fr hiß. desAuteurs de Droit.
FERRARO , C Jean-Baptiste ) Cardinal, «Evêque de Modè-ne & Archevêque de Capouë, dans le XV. siècle , étoit natifde Modène. Après avoir achevé ses études , il alla à Rome ,où ayant achete une charge dans la Chancelerie , il s’insinuadans les bonnes grâces du Cardinal Borgia , vice-Chancellier del'Eglise, qui lui donna diverses commissions importantes. De-puis , ce Cardinal avant été élu Pape fous le nom d’AlexandreVI . le fit Dataire, Référendaire, Régent de la Chancellerie,lui donna P Evêché de Modène , l’Archevêché de Capoiië , &enfin le chapeau de Cardinal, au mois de Septembre de Paniçoo. Cette élévation ne satisfit pas Pavarice deFerraro, à quicette passion fit commettre mille Bassesses. II mania en corsaireles affaires dans la Chancellerie, où il n’épargnoit personne , &où tout lui scmbloit de bonne prise. Les Poètes de son tems,& Pasquin, lui reprochèrent souvent son avidité pour le bien.Dieu P en punit d’une manière terrible ; car on le trouva mortdans son lit, le 27. Juillet 15 02./Le Pape Alexandre, &l’infa-me César Borgia , son fils , furent les auteurs de cette mort, &les Ministres de la justice du ciel. Après s’être servis du Valetde chambre de ce malheureux Cardinal, qui lui donna du poi-son , comme il l’avoiia depuis sous le Pontificat de Léon X. ilsfirent enlever fa succession , qui valoit plus de 80. mille écus,& laissèrent à François Ferraro, frère du mort, le foin de fairetransporter son corps à Modène , où il fut enterré. * Guichar-din , hiß. liv. 6. Ughel, Ital.sacra. Bzovius. Garimbert. Ciaco-nius. Aùbery , &c.
FERRE' C Michel ) de Chartres , Religieux de l’Ordre desamt Dominique, fut reçu Docteur en Théologie dans la Facul-té de Paris en 1566. 11 avoit été dès lors Confesseur de Ma-rie Reine de France & d’Ecosse , qu’il avoit méme suivie enEcosse en i;6i. 11 fut ensuite Prédicateur de la Cour sousles règnes de Charles IX. & d’Henri III. aux appoíntemens dedeux cens écus , & même ce dernier Prince l’envoya pourd’importantes affaires à Naples en 1389. Le Roi Henrv le re-tint aussi à son service , méme ayant que d'être réconcilie avecFEgHfe romaine , lui fit continuer ta pension, L méme l’augmen-