eue étoit fort bien fait, civil , honnête , engageant, & foúte-noit ces qualitez par une inclination bienfaisante , par beaucoupde courage & de prudence : de forte que bien qu extrêmementjeune , il dilsimuloit néanmoins avec beaucoup d’artifice , &prenoit des mesures très-juites en toutes fortes d’occafions. Lahaute fortune d’André Doria irritoit son ambition , aullì-bienque la puissance dont joûissoit Jannetin , qu'André son oncleavoit adopté. Fiefque résolut de se défaire de ses rivaux ; &pour en venir à bout avec plus de facilité , il cabala parmi lesNobles & le peuple , & trouva moyen d’obtenir des Farnèfesquelques galères , qui étoient au Pape Paul III . Le CardinalTrivulce , qui avoit la principale adminiitration des affaires dela France en Italie , pratiqua le Comte de Lavaigne , & lui en-voya le Chevalier Foderato de Savone , son purent , pour voirfi , en lui proposant des conditions honnêtes , il voudroit aiderles Franqois à recouvrer la ville de Gènes. II accepta d’abordce parti ; & peu de tems après il changea de sentiment, sur ceque Jean-Baptiste Verrina lui fit comprendre, que c’étoit uneentreprise d’une a me lâche , d’aimer mieux assujettir sa patrieaux François , que de la conquérir pour foi-même. Ensuite leComte s’ènferma dans son cabinet, avec un Avocat de Savone ,nommé Raphaël Sacco , un de ses domestiques , appelle Vin-cent (Laïcligna , & ce Ferrina , qui étoit son principal Conseil-ler. On y proposa s’il feroit plus avantageux d’accepter les of-fres des François, ce que les deux prémiers soûtenoient ; maison s’attacha enfin à Popinion du dernier , qui stattest plusl’ambition & le courage du Comte. Us cherchèrent alors lesmoyens d’éxécuter leur dessein , & prirent même jour pour l’en-treprise , qui fut conduite avec un secret & une adresse mer-veilleuse. Les Doria ne soupçonnèrent rien de çe qui setramoit ; & à l’entrée de la nuit du i. jour de Janvier de l’an1547. Jean-Louis de Fiefque assembla ses amis dans son pa-lais , & leur découvrit son dessein. H leur parla avec beau-coup de force , sur ce qui l'avoir porté à cette entreprise ; &ajoûtant des menaces, st leur dit que , s’st se trouvoit quel-qu’un qui fût assez lâche pour l’abandonner dans une assure decette importance , & qu’ii n’avoit entreprise que pour le bienpublic , il sçauroit bien lui Faire sentir les peines , qui fontduës aux déserteurs & aux traîtres. Le silence de ceux quis’épouvantèrent de ce discours , fut pris pour un consentementtacite. Cependant on servit ; & le Comte prit ce tems pouraller à l’appartement de ík femme , qui s’entretenost alors avecPaul Pansa , homme de lettres , que la maison des Fiesqueselìimoit beaucoup. Comme st les trouva tous deux étonnez deCe qui se passoit , il leur en aprit le sujet. 11 s en parurentsurpris, & sa femme particulièrement le conjura de ne pas sebazarder dans une entreprise íi dangereuse. Elle anima ion di-scours , par un torrent de larmes , qui forent le présage d'unmalheureux événement. Le Comte leur expliqua ses raisons,avec beaucoup de véhémence ; & les quittant, il adressa ainiila parole à fa femme , nommée Elétnore Cibo : Madame , luidit-ii, ou vorn ne me verrez jamau ; ou vorn verrez demaindans Gènes toutes ebofis au dessous de vous. U sortit avec sesamis ; & les ordres qu’il avoit donnez s’éxécutèrent avec beau-coup de succès. Ses gens s'étoient déja rendus maîtres de laDarsene , qui est le lieu où sont les galères. Jean-Loùis , quientendit le grand bruit que fàisoient les forçats pour se défairede leurs chaînes, accourut promptement aux galères ; parceque , comme st en faisoit fa principale éljpérance, il vouloitqu’elles fussent en état, lorsqu’st auroit besoin de s’en servir ;mais son malheur , ou le bonheur de la République voulut
Î |ue la planche fur laquelle st passoit pour entrer dans une ga-ère, s’erant rompus , }e Comte tomba dans la mer avec deuxou trois soldats qui le suivoient , chargé comme il étoit de lapesanteur de ses armes , st fot noié en peu de tems : outre queI’obscurité de la nuit fot cause qu'on ne s'en apperçut point.Son corps , qui fot trouvé quelques jours après , fot rejettedans la mer. Jérôme de Fresque , son stère aisné, se jetta dansla forteresse de Montobio, où il fot forcé ; ensuite de quoi onle fit mourir. La forteresse de Montobio fot dé molle ; & pourlaisser à la postérité une mémoire signalée de cette entreprise,Fancien & magnifique palais , que les Fiesques avoient dansGenes , fot rase jusqu’aux fondemens. Ottobon un de lès au-tres írcres , & Cornelio son stère bâtard , furent bannis, & seréfugièrent à Rome . Scipion quatrième fils de Sinibaldo , n’a-voit que dix ans , lors du malheur du Comte de Lavaigne sonstere , & étudioit alors à Padoue ; son extrême jeunelle n’em-pas qu'il ne fot proscrit , & qu’on ne lui ôtât & à sapostérité l’éípérance de rentrer dans Germes , jusqu’àla cinqujè-me génération. Ottobon fot pris en 1555. dans Porto HercoíeP ar Espagnols. On le remit à André Doria, qui le fit coû-te dans un sac comme un parricide , & le lit jetter dans la. yj - D® Thou , hiß. l.%. dp 13. Foglieta. Giustiniani, ótc.Fiefque conjuration de Jean - Louh de
’ ■ ( Oalpard de ) premier Président du Parlementà Mortier ’ et0 n ùe Guillaume de Ficubet , Présidentment rie p,™- ^ kàment, puis premier Président au Parle-mourut à Paris **’ d °? t '* n ’ excrc ' a la charge, parce qu’il
entre les maseV^r m tem ? ' ?P res t ) u ’ il en eut P rêté sermentPrésident Tft* ì ^té. tíaspard fut à l'âge de 18. ans,reur général » q {j estes , du Parlement de Toulouse , puis Procu-
PréíiJent de ce Payement ^ RoÌ ' P ^ cmierte rh-, r,,» c alternent, & fit éclater dans l exercice de cet-
mosonage oulll foi d'un grand Magistrat. C’est le té-
en C ** U1 r . enc ^ lt a P res fa mort arrivée le 8 - Novembre* 686 . en IU4. annee, eR disant ; que détoit u» des f lus grands
Juges de fin Royaume , dp des plus attachez à fin fìrvice , dpqu’on auroit de la peine à trouver un sujet de ce mérite , pourremplir la place qu il avoit tenue. D avoit épousé Margueritede Montpapou, issue de la famille de Gameville, qui avoit domné des Capitouls à la ville de Toulouse dès l’an 128}. a. Ga-brielle-Eléonore de Nogaret de la Yalette, sœur du Marquis dela Valette , Lieutenant général des armées du Roi, morte le 2.Décembre 1708. fans enfans. De fa première femme il eut troisfils morts jeunes, Gaspard , Doyen des requestes du Parlementde Toulouse mort en 1711. fans postérité. N, mariée à ist. Mar-quis de Maniban Président à mortier du Parlement de Toulouse ,ist. alliée à N. de Maussac, en Bigorrc, dont étoit un Capitainefort renommé, sous le règne d’Henri II . ist. femme de ist. Mar-quis de feint Felix - , & ist. de Fieubet , mariée à ist. de Lom-prail, Seigneur de Roctremontel.
GUILLAUME de Fieubet son père, qui mourut à l’âge de44. ans, & à qui la ville de Toulouse érigea un buste dans Ugailerie des illustres Toulousains, avoit pour frère aîné Gaspardde Fieubet, Baron de Launac , qui fot Trésorier d’Eípagne ; &mourut en Août 1647. âgé de 70. ans. 11 avoit épousé ClaudeArdier, morte en Août 1657. dont il eut, Gaspard , Seigneur deCendré, Ligny, &c. Conseiller au Parlement , puis Maistre desrequestes, Chancelier de la Reine Marie Thérèse d’Autriche, &Conseiller d’Etat ordinaire , qui épousa Marie Ardier sa cousinegermaine, fille de Paul, Seigneur de Beauregard, Président enla chambre des comptes, & de Loiiifè OUier, laquelle étant mor-te fans postérité en Janvier 1686. il se retira aux Camaldules deGrosbois près Paria , & mourut le 10. Septembre 1694. âgé de67. ans. Anne qui fuit ; Loisifi alliée à Jean de Longueií IX.du nom, Marquis de Massons, &c. Président à mortier au Par-lement , & Chancelier de la Reine Anne d’Autriche , morte le14. Novembre 1698- Elizabeth , mariée à Nicolas de Nicolai,Marquis de Goussainville , &c. prémier Président de la chambredes comptes, morte en 1656. & Claude de Fieubet, laquelleépousa Nicolas Jeannin de Castille, Marquis de Montjeu, Gref-fier des Ordres du Roi. Anne Fieubet, Seigneur de Launac,&c. Conseiller au Parlement en 165;. Maistre des requestes en166}. mourut Honoraire le 22. Mars 170;. âgé de 73. ans. IIavoit épousé Elizabeth Blondeau, fille de Gilles Blondeau, Prési-dent en 1 a chambre des comptes, & de Magdelaìne le Boultz ,morte le 13. Juillet 1703. en fa 67. année, dont il eut Paul qu»fuit. N. Seigneur de Mari val, mort en Janvier 1686. ist. morten Juin 1689. Gaspard . Seigneur de Soiíy, Maistre des requê?tes, puis Président en la chambre des comptes, mort en 1722.& Louù Gaspard de Fieubet, Seigneur de Beauregard, reçu Con-seiller au Parlement, qui épousa Anne-Marie Dumoulin, mortele 23. Août 1719. Paul de Fieubet, Seigneur de Cendré, &ç.Conseiller au Parlement en 1689. Maistre des requestes en 1690.mourut le prémier Mars 1718. âgé de 34. ans. 11 avoit épouseAngelique-Magdelaine de Fourcy, fille d’Henri, Comte de Chefesy, Conseiller d’Etat ordinaire, & Prévôt des Marchands &c.Et de Magdelaine Boucherat, morte le six Janvier 1720. dont ileut, Anne-Louifê , mariée le 23. Juillet 1714. à Pierre Gilbert,Seigneur de Voisins, Maistre des requestes honoraire & Advocatgénéral du Parlement ; & Elizabeth de Fieubet alliée le 20. Août1722. à Antoine Lqiiú le Fêvre Seigneur de Gaumartin , Boissy,&C. Maistre des requestes. * La Faille, annalles de Toulouse .
FIEVRE , Febrts. Les Romains ont fait une Divinité de lafièvre , qu'lls ont honorée , afin qu’elle ne les attaquât pas. Áy avoit trois Temples à Rome , qui lui étoient dédiez , commeValère-Maxime le dit, /. 2 .c. 3. Febrin ad minus noccnduntTemplss colebant , quorum unum adhuc in palatio , alterum inarce Marianorum , tertium in summa parte vici longi , in eaqtseremédia , qu* corporibus agrotorum innexa suer ant defereban-tur. On trouye une inscription ancienne , Pebri diva , Pebrìf an tla , Pebri magna , par Camilla Amata, pro filio maie affèflo.Ce qui fait voir que l’on n’honoroit la fièvre comme une D cesse,que pour en être préservé, & que ses Temples étoient pour ytrouver un remède. * Cicer. denatur. Deor. t. 3. de legib. I. 2.Valet. Max. /. 2. c. 3. Ellen. /. 12. c. n. Clem. Alexandr. Lac.tantius. S. Augustin.
FIESCO , FJSÇHIA, ou PHISÇIO, autrefois ville épisco-pale, maintenant bourg de la NatoUe-propre, au Nord de l’Islede Rhodes , à 43. lieues de la ville de Patera, du côté du Cou-çhajit. * Maty, dilíion.
FIEZOLE. Cherchez FESOLI.
«J F 1 FE, Province maritime, est située entre le Forth & leTay , deux des principales rivières d’Ecosse , Pair y est bon, maisle terroir inégal. Du côté de l’Oiielt, il est un peu montagneux.Ses bords font les plus feitiíes en blé & en pâturage. Outre leForth qui l’arrose au Midi, & le Jay du coté du Nord , il y ale Levin, & tEdin , qui sont remplis de poisson, & for lesquelsil y a divers ponts de pierre. Le Levin fort d’un Lac de ce nom,remarquable, entre autres choses par son Isle & par son châ-teau , oû la Reine Marie fut mise en prison. II se jette dans leForth. L’autre plus au Nord, traverse la Province , & mêle en.fin ses eaux avec celles de la mer. Cette Province a deux mai-sons royales : l’une à Dumfermling , lieu de la naissance duRoi Charles I . & Lautre à Palktand, qui a un tres beau parc,A Dumférmling on voit les ruines d’un superbe Couvent, &cette place donne le titre de Comte à une branche de la famillede Seaton. Falkland donne le titre de Vicomte a une branchede la famille Angloise de Cary. De toutes les Provinces d’Ecos-se , il n’y en a point où il y ait plus de Noblesse ; témoin le Com-te de Ro theil, qui fast fa résidence au Château Lessey. Le Comtede Cravvford, Chef de la noble & ancienne famille de Lindsey,Tome fF, K a à Stni-