FON
Prílats & de Seigneurs, & mérae de Ministres de la ReligionTéfonnee. Les Secrétaires estoient pour les Catholiques Paguret,Vaíîan , Commis de Monsieur de Villeroi, & de Frêne , Secré-taire d’Etat ; & pour le Sieur du Pleiîis , des Bordes & Mercier.La conférence fut ouverte par le discours de Monsieur le Chan-celier , qui déclara qu’elle n’estoit point établie pour entrer endispute sur des points qui concernoient la doctrine & le fait dela Religion , ce que fa Majesté ne souffrirait en aucune sorte,sans avoir fur cela la permission de nôtre saint Père le Pape;mais seulement pour éclaircir la vérité litérale , «u la faussetédes allégations de passages faites par du Pleflìs dans ses livres.Le Roi dit la même chose. On prit cette précaution , parce quele Nonce du Pape s’elt formalisé de la tenue de cette conféren-ce , & que du Perron eut bien de la peine à le faire consentirsous cette condition. Après que du Perron & du Plessis eurentchacun fait un discours, on entra dans la discussion des ih. pas-sages : on n'eut le loisir d’en examiner que neuf, fur tous les-quels les Commissaires prononcèrent en faveur de du Perron,& contre du Plellis. Les Juges prononcèrent fur les deux pre-miers passages, qui étoient de Jean Scot & de Durand , au su-jet de l’Eucharistie , qu’il avoir pris l’objcétion pour la solution.Sur le troisième & quatrième passage de saint Chrysostome , &sur le cinquième de saint Jérôme , de l’invocation des saints ;qu’il avoir omis des mots qui changeoient le sens. Sur le sixiè-me de saint Cyrille , de l'adoration de la croix ; qu’il ne setrouvoit point dans ce Père ; non plus que le septième , dansune constitution des Empereurs Théodose & Valentinien. DuPlessis cita bien Crinitus ; mais le passage allégué par ce dernierne se trouva point. Sur le huitième , on vérifia que de deuxpassages de saint Bernard au sujet de la sainte Vierge , il n’enavoir fait qu’un , pour changer le sens. Enfin , îur le der-nier , qui estoit de Théodoret , on vit qu’il avoir pris un pas-sage contre les idoles des Gentils , pour le faire servir contre lesimages des Catholiques Romains . La nuit mit fin à la dispute,que du Perron demanda à continuer pour le lendemain ; maisíon ennemi accablé de honte , tomba malade , & se retira àParis , & de là à Saumur * fans prendre congé du Roi , laissantun beau sujet de triomphe aux Catholiques, & de confusion àceux de son parti , que de Frêne Canaye abandonna après cet-te dispute. Du Plessis publia qu’il avoir emporté l’avantage , &fit imprimer un écrit intitulé , Vifiuurs véritable de la confé-rence tenue d Fontainebleau , dans lequel , non seulement il dé-guisoit les faits , mais entrait encore de nouveau en dispute surles passages éxaminez , & même fur le fond des contestations ;& ajourait ensuite quelques récriminations, pour faire voir queGraden , & même PEvesque d’Evreux avoient allégué faussementquelques passages. Aussi-tôt du Perron fit une réfutation de cediscours, & une réponse aux récriminations qui suivent les aétesde la conférence : le Chancelier méme par ordre, à ce qu’ondit, de fa Majesté , informa toute la France de la vérité de cequi s’estoit passé en cette conférence. Les Proteftans se sont néan-moins plaints , que l’on imposoit aux peuples , fur quoi l’onpeut voir l’Auteur de la vie de du Plessis Mornay. * Sponde,A. C. 1600. num. 9. 10. si Jèq. Bail, in SummaConc. Meze-ray, Hiß. de France en Henri IV . (f c. Du Pin , Bibliotb. desAut. Eccléf XVII. siècle , Um. 1.
FONTAINE-ARDENTE , font;!ne proche de Grenoble en Dauphiné , pfès de laquelle il y a une forte de terre grasse,d’où il fort des étincelles de feu , lorsqu’on la frappe avec unbâton , & où le feu prend, fi l’on en approche de la paille allu-ifiée. On voir méme quelque fois sortir de ses eaux , des flam-mes qui brûlent tout ce qu’elles rencontrent. A quelque distan-ce de là, il y a une autre fontaine semblable à celle d’Epire en Grèce , qui éteint les flambeaux allumez ; mais qui allumeceux qui font éteints. * André du Chêne, /. 4. c. 4. Dalechamp,in Plinium. Saint Augustin , de civitate Dei.
ï FONTAINE DE L’ETHIOPIEN, c’est celle où l’Eunuquede Candace, Reine d’Ethiopie, fut baptize par saint Philippe.Elle est au Midi de la Tribu de Dan, & s’appeUe aussi la fon-taine de Sanfin , près de laquelle quelques-autres- prétendent,que ce Juge d’Ifraël est enterré. Les uns, dit. D. Calmet , lamettent allés près de Bethléem , & d'autres près de Bethsure.Eusebe & fanden voyage de Jérusalem la placent au pied de lamontagne sur laquelle est située Bethsure. Or Bethsure étoit àvingt milles de Jérusalem & fort près d’Elcuthéropolis. Du temsde S. Jérôme, la fontaine de f Eu nuque étant sortie de la terre,y rentrait presque aussi-tôt. Aujourd’huy ces eaux sont requésdans un bassin, d’où elles se répandent dans un canal, qui lesporte environ à vingt pas de là, dans un réservoir ; & de ce ré-servoir elles se répandent dans la vallée. * D. Calmet ditì.
FONTAINE-FRANÇOISE , petite ville entre Dijon &Gray, d’où le Roi Henri le Grand découvrit toute l’armée de laLigue & des Espagnols, commandée par Fernand de Velasco,Connétable de Castille, ■ & par le Duc de Mayenne, qu’il dissipapar fa prudence & par fa valeur, en 1395. *' Mezeray, au règnede ce Monarque.
FONT AINE-JEAN, Abbaye considérable de f Ordre deCiteaux, dans le Gâtinois, à six lieues de Montargis . On voltpar plusieurs titres, qu’elle est de fondation royale, & qu’elle futbâtie en 1124. dss libéralitez de Pierre de Courtenay, qui y fitde grands biens, avant que d’aUerdansla Terre-sainte : plusieursPrinces de cette illustre famille y ont voulu estre enterrez ; &Ion y volt encore leurs tombeaux. Cette Abbaye fut pillée &brûlee en 1362. par les troupes de f A mirai de Coligny , .Chef desHuguenots. * Morin, biß. du Gâtinois.
FON
107
Hainaut, à une lieue de Charleroy , du côté du Couchant. *Maty, diílion.
, t ONTAINE-SCELLE'E , fontaine à une demie lieuë deJerusalem, vers Bethléem , que Salomon fit faire, pour porter parun canal l’eau nécessaire aux Ministres & aux Officiers du Tem-
fainte.
r FONTANA, ( Gilles ) de Padouè en Italie , s’étant retiré àVenise , avec les principales familles de la ville, après l’irruptìond’Attila, fut le premier qui donna aux Vénitiens des loix, qu'ilsappellent encore aujourd’hui de son nom, Santìiones Aigidtana.
* Bernardin Scardeon, l. 3. claffè 13. histoire Patav. Dandolo \Annal. m(f. de Venise .
FONT ANA, (Publio) natif de Palucio village près de Ber-gamo, vivoit fur la fin du XVI. siècle, sous le Pontificat du PapeClement VIII . 11 se consacra à l’état ecclésiastique, ne négligearien pour remplir les devoirs de fa profession, & fit un très-grundprogrès dans > les sciences. Ceux de Bergame & de Breíce leconsultoient dans les affaires importantes. Divers grands Sei-gneurs, & entr’autres, le Cardinal Aldobrandin, neveu du PapeClément VIII. qui le connurent à Rome , le voulurent avoir au-près d’eux, mais ce fut inutilement 11 revint dans fa solitude ;& étant allé voir à Disenzano, qui est une terre près de Breíce ,François Olma son ami, il y mourut vers fan 1398. Publio Fon-tana a composé de beaux vers latins, & d’autres ouvrages, queMarc-Antoine Foppa recueillit, & donna au public. On y trouvaces traitez : Le veglìe Bresiiane, Delproprio (f ult'tmo pine delPoëta. Velphìnii Carm. lib. III. Vamon sive Virgini Matrisa-crum. Imago , sive V. Madatena à Titiano depìtla , sic. Leprincipal de ses poèmes est la Dclpbinide latine divisée en troislivres, ouvrage beaucoup plus travaillé que les autres pièces. 11a de la grandeur, de la noblesse, & de f élévation dans son style,qui semble estre plus propre pour décrire des combats & desvictoires, que pour des.sujets ordinaires de la vie civile & com-mune. (fest celui d’entre les Poètes modernes qui a le plus ap-proché de Virgile . * Le Mire, de Script. Sac. XVI. Ghilini,Theat.eCtìuom. Letter. Janus Nicius Erythrteus , Pin. I. Imag >iUusirium. t. 43. (sic. Basset, jugement des siav. sir les Poetecmodernes.
FONTANA* (François) de Naples , habile Mathématicien,publia en 1646. son traité intitul é, nova ccelesitum si terresiriumrerum obfìrvattones. 11 préparait d’autres ouvrages , lorsqu’iimourut de la peste à Naples en 1636. * Lorenzo Crasso , éloged'Huom Letter. P. II.
FONTANA, (Vincent-Marie) né dans le Diocèse de Co-,mo, & arrière-petit-fils du Chevalier Dominique Fontana, célèbreArchitecte du tems de Sixte V . qui sc servit de lui pour releverces beaux obélisques qu’on admire à Rome, entra dans f Ordrede saint Dominique le 13. Octobre 1629. & s’estant entièrementadonné à l’histoire de son Ordre , composa plusieurs ouvrages.En 1633. & 1636. il publia à Rome les constitutions, déclarations& ordonnances des Chapitres généraux , depuis fan 1220. endeux parties, dont la première comprend ce qui regarde toutf Ordre ; & la seconde, ce qui a este ordonné pour chaque Pro-vince en particulier. Ce grand ouvrage fut suivi en 1663. d’unautre moindre qui contenoit l’hiítoire des Maîtres du sacré pa-lais. 11 y fit beaucoup de fautes, dont il corrigea une partiedans une seconde édition. En r 666. parut son sacrum t beat rumdominicanum , ouvrage qui lui coûta beaucoup , mais qui a be-soin d'estre retouché par une main habile. 11 y joignit un traitéde flnquisirion. En 1670. il publia un recuëil des bulles & desbrefs où il est fait mention de samt Thomas; & il donna aussi unehistoire de la Province Romaine de son Ordre. Enfin en 1673. ilpublia une histoire des services rendus à f Eglise par son Ordre ;monumenta dominicana , &c. de sidis obsiquits ab ordine Pra-dicatorum fàntía Dei Ecclesia usique modo praßitis. Tous cesouvrages ont esté imprimez. On ne íçait pas en quel tems celaborieux Ecrivain mourut. * Echard, siript. Or d. Prad. tom. 2.
FONTANA. ou AQUA DI TREVI. C’est,une grande sour-ce de la Campagne de Rome , entre Frescati & Rome, à trois licuësde cette dernière ville, à laquelle elle fournit aujourd’hui des eauxpour toutes ses fontaines. * Baudrand.
FONTANETO, bourg d’Italie dans le Duché de Milan ,fur la rivière de Goni, environ à deux lieuès de la ville d’Aronadu côté du Midi. Ce lieu a pris ion nom de la quantité de four-ces, qui s’y rencontrent. * Maty, diílion. ,
FONTANONj ( Antoine ) Avocat au Parlement de Paris ,fur la fin du XVI. siècle, vers fan 1380. & 139°- étoit natif dela Province d’Auvergne, & publia divers ouvrages en latin & onFrançois; entr’autres une grosse compilation des édits & ordon-nancés de nos Rois, depuis fan 1270. du règne de saint Louisen quatre volumes in fol. qui est la plus utile de celle que l’ona faites fur ce sujet ; & des notes fur d’autres livres : la traduétiondes œuvres latines de Mafùyer, ancien Jurisconsulte, &c. fon-tanon vivoit encore en 1384. Voyez la bibliothèque de la Croixdu Maine, & celle de du Verdict - Vauprivas, & Denis Simon,biblioth. de Droit ,
FONTARABIE » que ceux du pais nomment FUËNTE-RAB 1 A, Fons rabidut , ville cfEspagne dans le pais de Guipus-coa, fut fondée selon quelques Auteurs par le Roi Suintilla-Elle est très-bien fortifiée , & située entre les montagnes à fern-boùchure de la rivière de Bidaslòa, fur les frontières de la France ,lomé IV. O » & «