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Tome IV
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après lequel il fit quelques pèlerinages, & fe retira ckrts un liedtblitaire proche de la ville de Paule ; mais ce lieu étant trop fré-quenté, il s’eloigna dans une solitude plus écartée, & s’alla cacherdans le coin d'un rocher fur le bord de la mer, où il trouvatnoïen de se creuser une loge. Plusieurs personnes Pétant venutrouver, on fit d’abord à l’entour un hermitage de trois cellules,avec une chapelle ; niais le nombre de ses disciples s’étant aug-menté, on bâtit en ce lieu un Monastère , qui fut le premier decet Ordre. Sixte IV . approuva cette institution, en 147;. & per-mit à François de Paule d’établir plusieurs Monastères , le nom-mant Supérieur général de cette Congrégation. Elle se répanditbien-tôt dans la Calabre & dans le Royaume de Naples. Louis XI .étant dangereusement malade au Château du Plelhs-lez-Tours, sitvenir François de Paule , espérant d’être guéri par son intercession.II le servit plus utilement en le disposant à la mort. Ce Princelui avoit donné un appartement au Plestis-lez-Touts , où il de-meura avec ses Religieux. Après fa mort Charles VIII . leur fitbâtir un Couvent dans le parc de ce Château, & un autre à Am*boise. Cet Ordre s’établit peu de tems après en Espagne . Fran-çois dressa lui-même une règle qu’il présenta au Pape AlexandreVI . Ce Pape la confirma, changeant feulement le nom d’Hermi-tes de saint François en celui de Minimes. Cette règle fut en-core retouchée & confirmée par le Pape Jules en 1516. SaintFrançois de Paule fut retenu en France , & y mourut au Cou-vent du Plessis du parc, le Vendredi saint, second jour d’Avril del'an 1^07. âgé de 91. ans, ainsi qu'on lit dans les aétes & dansla bulle de fa canonisation ; ce qui montre que Philippe de Co-nfines s’est trompé, lorsqu’il a dit qu’il avoit quarante trois ansen 1482. lorsqu’st vint en France. Il a été canonisé par Léon X. en itiy. Son corps fut conservé dans le Couvent du Pleflis-lez-Tours, julqu’à ce que les Huguenots le brûlèrent en 1562.On prétend que l’on a sauvé du milieu des flammes quelques otsemens. L’Ordre des Minimes s’est beaucoup multiplié depuisce tems-là , tant en France qu’ailleurs. Nous marquons ailleurspourquoi les Minimes furent nommez Bons-bomnm à Paris ; &Pères de la Vièio'tre en Espagne . Outre les trois vœux de Reli-gion, ils en ont un quatrième du carême perpétuel. * Voyezles annales des Minimes. Sponde , A.C. 147;. 1;. 1482. i<;oo.8- sc. Philippe de Confines, /. 6. c. 9. Baillet, vies des SS. 2.Avril.

FRANÇOIS Xavier , (Saint) surnommé l ’Apôtre des Indes,fils de Jean Jasse, Gentilhomme de Navarre , & de Marie Az-

Î iilcuète Xavier, <L neveu du fameux Docteur Navarre , naquite 7. d’Avril içoó. au Château de Xavier, qui est au pied des Pi-rénées. II étoit le dernier d’un grand nombre d’enfans, qui em-brassèrent presque tous la profession des armes. Pour lui ayantl’inclination portée à l’étude, il fit ses Humanité?, en son pays,& fut envoyé à Paris, où il fit son cours de Philosophie , & futreçu Maître ès arts dans l’Univerlìté de Paris . En cette qualité,il enseigna la Philosophie au Collège de 8 eau vais, demeurantnéanmoins au Collège de sainte Barbe, avec un pauvre Savoyardnommé Pierre le Fèvre, qui vivoit de ce qu’il gagnoit à faire desrépétitions. Ce fut en cette ville que Xavier se lia d’amitié avecsaint Inigo, ou Ignace de Loyola : st fut un des prémiers compa-gnons que ce Saint s’associa pour l’éxécution du dessein qu’ilavoit formé de fonder la Compagnie de Jésus . Depuis ce momentil abandonna toutes les vues qu’il pouvoit avoir «Rétablissementdans le monde, & pratiqua des exercices très-rigoureux de péni-tence. Ayant achevé le cours de fa Philosophie , il commença àétudier en Théologie . Peu de tems après Ignace lui découvrit &à ses autres compagnons , l’envie qu il avoit de voyager en laTerre-Ciintc, pour aller travailler à la conversion des Juifs &des Infidèles , ou, s’ii trouvoit des obstacles, de s’aller présen-ter au Pape, pour lui offrir de servir l’Eglise en tel lieu du mon-de qu’il lui píairoit de les envoyer. Xavier fut un des septqui firent ce vœu dans l'Eglise de Montmartre, le jour del’Assomption de l’an 15)4. Ignace étant allé en Espagne , & leurayant donné rendez-vous à Venise , Xavier s’y rendit, Sc y ser-vit dans l’hôpital des Incurables. Quand saint Ignace y eut re-joint ses compagnons, ils allèrent à Rome, & obtinrent de PaulIII . la mission pour la Terre-sainte , avec la permission de pren-dre l’Ordre de la Prêtrise. Ils revinrent à Venise où saint Igna-ce étoit resté. Xavier continua d’y rendre service dans l’hôpitaldes Incurables. II fut ordonné Prêtre, <& se prépara à dire fapremière Messe par une retraite affreuse , dans une chaumièreprès de Padoue , où il demeura quarante jours exposé aux inju-res de Pair, & faisant une pénitence très-austèrc. Deux ou troismois après , il dit fa première Messe à Vicence , où il joignitsaint Ignace, qui l’envoya à Boulogne avec Bobadilla. Aprèsce voyage il fut rappellé à Rome , où il prêcha dans l’Eglise deíaint Laurent in Damasi. Le Roi de Portugal Jean III . ayantfait demander à saint Ignace par son Ambassadeur, des Missionnai-res pour porter l’Evangile dans les Indes orientales, François Xa-1 P our cctte million. II partit de Rome avec l’Am-

balladeur en 1^40. & s’embarqua le 7. d’Avril 1Ç41. à LisbonneRour aller danslcs Indes. 11 arriva le 6. de Mai 1^42. à Goa. IIieroit difficile de faire un détail exact de ses travaux évangeli-ques : u lumt de marquer qu’st établit la Religion chrétienne àGoa, fur la cote de Comorin, à Malaca , dans les Molucques, dansle Japon , qu il convertit un nombre infini de Barbares, & qu’ilmourut dans une Isle , à la vúë du Royaume de la Chine , oùil avoit une passion extrême de prêcher la foi. Ce fut le 2. jourdu mois de Decembre de l’an 1 <; <; 2. dans le 46. de son âge. LePape Paul V . le béatifia le ry. Octobre de l’an 1619. & Grégoirei_i- n mecesseut, le canonisa le 12. Mars 1622. Urbain VliLpublia 1 annee suivante, la bulle de sa canonisation, dans laquelle

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ìt lui donné le titre d 'Apôtre des Indes. Nötig SVÔftg citìq livresd’epitres de ce Saint, un catéchisme, &c. Consultez sa vie écritepar Horace Turselin ; par Jean Lucenay p«r les PP. Bartholi,Ribadeneira , & Alegambe , de sript. Soc. J es. André SchottuSSc Nicolas Antonio, bibliotb Hisp. Orlandini, ôc Sachini, hiß . Soc.J es sc.

FRANÇOIS DE BORGIA , ( saint ) Dut dé Gandie, puiáGénéral des Jésuites, étoit Espagnol, fils de Jean II . Duc dsGandie, & de Jeanne d’Aragon. 11 fut Viceroi de Catalogne ,& pouvoit prétendre à de plus grands emplois , lorsque l’amoufdu repos le détacha des choses de la terre. Après la mort d’E-le'omre de Castro, dont il eut une grande postérité, il se fit Jé-suite en l’an 1548- qui étoit le 57. de son âge, & fut le troisiè-me Général de cette Société , après le P. Jacques LayneZ , eniçóç. Le P. François de Borgia refusa plus d’une fois le Cardi-nalat , & d’autres dignitez écclénastiques. Son humilité l’éloignoitde tout ce qui paraît grandeur aux yeux des hommes. Cepen-dant il fut obligé d’accepter les premières charges de fa Compa-gnie, à laquelle il rendit des services importuns. Le Pape Pie V. crut qu’il lui seroit très-utile, pour les grands desseins qu’ilavoit pour la gloire du nom chrétien. 11 obligea ce saint hom-me «Raccompagner le Cardinal Alexandrin son neveu, qu’il en-voya Légat en Espagne , en Portugal, puis en France. Borgia obéit aux ordres du Pape; & etant de retour à Rome , il y mou-rut le 30. Septembre de l’an 1^72. âgé de 62. ans. Le CardinalGaßar de Borgia, un de ses petits-fils, fit transporter en 1617. lecorps de ce saint homme à Madrid. Le Pape Urbain VIII . lebéatifia le 23. Novembre de l’an 1624. & le Pape Clément X. lecanonisa en 1671. Saint François de Borgia avoit composé estespagnol divers ouvrages , que se P. Altonlè Deza, Jésuite , a tra-duits en latin fous le titre : sèrmo de verbìs Luc a 19. ut appropin-quavit Jesus , videns civitatem. Operum chrißiani hominù fpecu*lum. Coliyrium Jstrituale. Super cantic. trium puerorum, sc.Consultez fa vie, écrite par le P. Ribadeneira , & par le P, Etlic-he Nieremberg ; & celle que nous ayons en nôtre langue , com-posée par 1 e P. Verjus. Voyez aulii Orlandini & Sacchini, hiß .Soc. J es Ribadeneira & Alegambe, btblioth. Soc. J es Nicolas An-tonio, bibliotb. Hi/s (sc.

FRANÇOIS DE SALES, (saint) Evêque & Prince de Ge-nève , instituteur de l’Ordre de la Visitation , sorti d’une des plusanciennes & des plus nobles maisons de Savoye, étoit fils deFrançois , Seigneur de Sales, & de Françoise de Sionnaz, 11 na-quit dans le Château de Sales au Diocèse de Genève, le 21.d’Août de l’an 1567. Sc. témoigna dès son enfance beaucoup depieté Sc de douceur. 11 fit ses premières études dans le Collèged’Annecy. A l’áge de 12. ans s’étant senti porté à l’état écclé-iiastique, il reçut la tonsure cléricale , & quand il fut plus grand,st vint continuer ses études à Paris où il apprit les Langues fousGcnebrard , «L y fit fa Philosophie, & une partie de la Théo-'logie chez les Jésuites . II prit les leçons de Maldonat, «Sc daquelques Docteurs de Sorbonne. Son père le fit venir à Padoue ,pour y apprendre la Jurisprudence fous le célèbre Pancirole.Ce fut là où ses compagnons Rengagèrent dans une visite cheLune Courtisane, qui fit ce qu’elle put pour le corrompre ; maisil demeura victorieux de la tentation par le secours de Dieu .Après avoir pris le bonnet de Docteur en Droit à Padoue , il quit-ta cette ville pour aster à Rome visiter le tombeau des Apôtres.Etant revenu en Savoye près de ses parens, st fut reçu Avocatau Sénat de Chambery; mak st renonça bien-tôt a cctte profes-sion pour embrasser R état ecclésiastique, il fut pourvù de laPrévôté de l’Eglise de Genève à Annecy , 6c reçut ses Ordres sa-crez. II n’étoit encore que Diacre , lorsque son Evêque Claudede Granier le fit prêcher : st fit beaucoup de fruit par ses prédi-cations , & fut envoyé en million dans les vallées de ce Diocè-se , pour convertir les Zuingliens Sc ses Calvinistes. 11 en con-vertit un grand nombre dans le Chablais , & dans ses Bailliagesde Ternier & de Gaillard. L’Evéque de Genève le choisit poufson Coadjuteur ; mais il fallut un ordre du Pape Clément VliLpour Faire résoudre François à accepter cette charge. 11 alla àRome pour traiter de la million, 6c 1 e Pape Rayant appelle dansle Consistoire l’Apôtre du Chablais , 6c Rayant comblé d élogés,le renvoya pour travailler dans le Diocèse de Genève , avec desbulles pour se faire sacrer sous le titre d Evêque de Nicopost ScCoadjuteur de l’Evéque de Genève . En revenant il fut arrêté aAnnecy par une maladie dont st pensa mourir. Quand il fut re-levé de maladie, il sut oblige de Faire un voyage en France , oùst fut généralement estime. Le Cardinal du Perron disoit qu’iln’y avoit point d’héretique qu’il ne pût convaincre ; mais qu’ilfalloit s’adresser à AI. de Genève pour ses convertir. Le P. deBertille depuis Cartlinal, Sc la Mère Marie de l’incarnation pri-rent conseil de lui , Run pour les réglemens de la Congrégationde l’Oratoire, & l’autre pour Rétablissement de la réforme desCarmélites en France. Le Roi Henri IV . informé de son mérite,lui fit des offres considérables, pour le retenir en France ; maisil préféra la première épouse, toute pauvre qu’elle étoit, que leciel lui avoit donnée, aux grands Evéchez qu on lui ostroit, & re-tourna en Savoye t l’an 1602.) où il trouva REveque Granier mortdepuis peu de jours. 11 entreprit de réformer son Diocèse, & com-mença par réformer lustméme fa maison. H travailla ensuite avecsuccès à la conversion des Protestans, & à ramener quantité (Ra-mes à Dieu . II rétablit la régularité dans toutes les maisons reli-gieuses de son Diocèse, y fit refleurir l’ancienne discipline mona-stique, Sc v introduisit les Feuillans Sc ses Barnabkes. 11 établit en1610. l’O'rdre de la Visitation, dont la Baronne de Chantai, qu’ilavoit convertie en prêchant le carême à Dijon , fut la fondatrice,(te il institua aulii fur le mont Voèron dans le Chablais , une

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