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me mois , il fit profession de la Religion Luthérienne àCarels-bere & après le sermon, il communia avec la Reine en pré-sence des Députez des Etats, qui avoient été nommez pour êtretémoins de la cérémonie & de la profession de foi. 11 tut aussirésolu que quoique selon les loix de Suede , ce Prince ne pútexercer la puissance rovale pour l’administration des assuresavant son couronnement , néanmoins eu égard aux circonstan-ces d’alors , il lèroit dispensé des loix fur cet article, Pactede capitulation qu’il avoit ligné & juré étant suffisants Le 14.Mai 1720. ce Prince fut couronné Roi de Suède , en l’EgliscdeS. Nicolas de Stockholm par l’Archevêque d’Uplàl, avec les mê-mes cérémonies qui fe pratiquent en pareille occasion, quandcette cérémonie se fait a Upsal , & prêta le serment qu’il avoitfait le 4. Avril précédent. Cet aéte contenoit en substance quele Prince avoit été élú Roi selon les loix & les statuts du Ro-yaume , par le libre choix de tous les Conseillers & des Etats;qu ils déclaroient de plus les descendans de ía Majesté & de laReine Ulrique-Eléonore en ligne masculine, heritiers présomptifsde la couronne ; que la Reine en cas que le Roi décédât avantelle, reprendrait le gouvernement du Royaume ; que s’ils de-cédoient l’un & l’autre fans enfans mâles, les Etats lans aucuneconvocation se rassembleraient trente jours après , pour procé-der à une nouvelle élection ; qu’ils étoient persuadez que saMajesté ne souffrirait pas qu’on touchât à rétablir la Souverai-neté absolue & héréditaire; qu’elie maintiendrait la Religion lu-thérienne , & qu’enfin ils prioient le Roi de prendre le gouver-nement du Royaume . * Mémoires du te ms.
ROI DE PRUSSE.
t FREDERIC I Roi de Prusse & Electeur de Brandebourg,étoit fils de Frédéric Guillaume le Grand , Electeur de Brande-bourg , & de Louife Henriette fille de Henri Frédéric Princed’Orange & nâauit à Kœnigsberg en 1657. Fn 1688- le 10.Avril il succéda a fon père & le 1;. Octobre suivant il s’abou-cha à Minden avec Guillaume Prince d’Orange & s’allia aveclui , au sujet de son entreprise sur P Angleterre ; après quoi ilenvoïa d’abord 24500. hommes de ses troupes pour couvrir lepais de Clèves. En 1689. le O- Avril, il déclara la guerre àla France & s’empara de Rheinfels , de Kayscrswerth & deBonn . En 1690. il empêcha, avec son armée , de 20000. hom-mes , qu’après la bataille de Fleury , les Franqois ne fissent deplus grands progrès dans les Pais-bas. Dans ce même tems ilvequt dans son pais un grand nombre de réfugiés du Palatinat .En 1694. il inaugura le jour de la fête de fa naissance l’Uni-versité Fridéricienne à Halle. En 1697. il requt à Berlin lavisite du Czar qui voïageoit incognito avec son Ambassade. En1701. il érigea son Duché souverain de Prusse en Royaume &se fit couronner Roi par l’Evêque .Urfintts le 18. Janvier dansla Cathédrale de Kœnigsberg , ce qui se passa avec une pompe& une magnificence extraordinaire. Le jour précédent il avoitinstitué & distribué l’Ordre de Y Aigle noire. II n’y eut quele Pape & l’Ordre des Chevaliers Teutoniques qui s’opposassentà sa Roïauté ; l’Empereur, le Roi & la République de Pologne & les autres Puissances Chrétiennes le félicitèrent. On déclaraà la République de Pologne , par un écrit authentique, que cetteélévation ne préjudicieroit en aucune manière aux droits de laPologne, au cas que la postérité mâle de Frédéric Guillaume vint à s’éteindre. Lorsque la guerre commença, au sujet dela succession d’Espagne , il envoïa la plupart de ses troupes dansle pais de Clèves, & fournit en 1702. dix Régimens avec l’ar-tillerie nécessaire pour le liège de Kayserswerth & eut degrandes difficultés avec les différentes branches de Nassau , ausujet de la succession d’Orange. 11 obtint aussi pour tous sespais un privilège de non appellando , & établit ensuite un tribu-nal d’appellation à Berlin . Vers la fin de 170;. il prit la villede Gueldre ; & la maison de Brandebourg fut ensuite confirméedans cette possession, aussi bien que dans celle de plulieurs au-tres endroits de cette Province , par les traités d’Utrecht &de Bade. En 1705. il procura du soulagement aux Proteltansdu Palatinat, qui souffraient beaucoup depuis la paix de Ilyss-wig. II produiíitces adoucissemens par les menaces qu’il fitd’user de réprésailles fur les Couvents Catholiques de ses pais.II prit aussi loin des Réformés de Rheinberg . En 1707. il ache-ta le Comté de Teklenbourg du Comte de -Sohns pour la som-me de 500000. écus & obtint la Principauté de Neufchatel &de Valengin . II déduisit fa prétention sor cette Principauté, dece qu’il descendoit de la maison de Nassau. Comme la famillede Longueville en avoit été en possession depuis quelques siè-cles , la France fe donna bien des mouvemens pour s'opposeraux prétentions du Roi de Prusse , qui nonobstant cela futélu par les Etats de la Principauté de Neufchatel & de Valen-gin . En 1710. il alla à Leipzic accompagné de son Prince hé-réditaire , & l’année suivante il fit un tour en Hollande, pourrégler quelques articles au sujet de la succession d’Orange. 11mourut le 25. Févr. 1715. F oyez ses mariages & sa postérité àBRANDEBOURG . Au reife on peut assurer que ce Prince laissa sosEtats beaucoup plus ssorilfans qu’il ne les avoit reçus. II étoitmagnifique dans fa Cour & entretenoit toûjours une arméenombreuse. Enfin il fut un grand protecteur des gens delettres ; l’érection de l’Univerlité de Halle, celle de la Socié-té Koiale de Berlin & de l’Académie des Nobles, seront desmonumens eternels de son amour pour les sciences. * LunigsReccbs- Archiv part. Spec. cont.2. c. 4. S. 5. ». -4. 76. 86.95. f»»r. 2.Juppl alter. p. 988. Lundorp. /. 15. c. 45. Cellariibest. tnaugur. tzhußaats-cantzley P. 4. c. 9./c 447. P.e c 5.p. 10. c. i. n. g./*. I4 . c. j. 2, r ‘ '
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t FRE'DERIC GUILLAUME, le Grand , Electeur de Bran-debourg nâquít à Cologne fur la Sprée le 6. Févr. 1620. Soupère étoit George Guillaume Electeur de Brandebourg , & fa mèreElisabeth Charlotte , fille de Frédéric IV . Electeur Palatin. Com-me les troupes impériales rendoient la Marche de Brandebourgun séjour allez dangereux, il fut élevé partie à Cuítrin , &partie à Stettin auprès du Duc Bogislas. En 1654. il passaa Leyde, où il étudia sur-tout les antiquités & l’Hiltoire. Lapeste s’étant glissée dans Leyde, il fe retira à Rhénen auprès d’E-íizabeth Reine de Bohême. 11 continua ensuite ses études &ses exercices à Arnheim . En 1656. & 1657. il fut dans lesPaïs-bas, où il s’attacha sur-tout au Prince d’Orange, qui luiaprit bien des choses pendant le liège de Breda . II succéda àson père en 1640. & songea d’abord à se défaire d’Adam Com-te de Schwartzenberg à qui le père de Frédéric Guillaume ,avoit donné la Lieutenance de la Marche , & dont le pouvoirlui donnoit de l’ombrage. Ce Comte mourut d’apopléxie en1641. 6. jours après qu’il eut été informé de fa disgrâce. Le14. Juillet 1641. il conclut à Stockholm une trêve avec la Suè-de pour 2. ans. En 1644. il offrit fa médiation entre la Suède & le Danemarc, mais les derniers la refusèrent. Lorsque pen-dant le traité de paix de Westphalie en 1645. les Plénipoten-tiaires de l’Empereur s’efforcèrent à en éloigner les Envoïésdes Princes de l’Empire, l’Electeur de Brandebourg s’opposa,de toute sa force, à ces machinations qui ne tendoient qu’ànuire aux intérêts des Proteltans. En 1655. le 4. Mai, ondressa à Stettin un accommodement, dans lequel les frontièresde la Poméranie Suédoise & Prussienne sont exactement mar-quées. D’abord après la paix de Westphalie , il eut des affairesavec Wolffgang Guillaume Comte Palatin , dans le pais duquelil entra avec quelques troupes pour arrêter le mauvais traite-ment, qu’il faisoit aux Proteltans du pais de Juliers. Le Com-te Palatin avoit déja un bon nombre de troupes auxiliairesde Lorraine , & il y avoit toute apparence qu’on en viendraità une guerre ouverte, sour-tout après que les deux Princes,en personne eurent eù ensemble une conférence infmctueulè.La chose fut cependant accommodée en Octobre i6;i. par desCommissaires Impériaux. En 1655. il fit une alliance detènliveavec les Hollandois, pour la sûreté du commerce & des Etatsdes delix Puissances contractantes, pendant la guerre entre laSuède & la Pologne . II fit marcher ses troupes en Prusse pourempêcher que ses Etats ne devinssent le téatre de la guerre.En 1656. il fe vit contraint de s’accommoder au traité de Kœnigs-berg & de promettre de recevoir dans la fuite la Prusse, com-me un fief de la Couronne de Suède . Cet accommodement, toutforcé qu’il étoit, de la part de l’Electeur , lui attira la colèredes Polonois & la jalousie de l’Empereur & des Hollandois.Afin de mettre ses Etats d’Allemagne en fureté dans ces con-jonctures , il fit une alliance avec la France en 1656. le butprincipal de cette alliance fut le maintien de la paix de West-phalie . La France s’y engageoit de donner , en cas de besoin,6500. hommes à l’Electeur & celui-ci en promit à sortt tour2000. à la France . Pour conserver la Prusse il n’y eut aucun au-tre moïen , que de s’unir plus étroitement avec la Suède ;d’autant plus que le Roi de Pologne avoit fait un vœu solemneld’exterminer tous les Proteltans de son Royaume. On con-clut donc en 1656. le 15. Juin un traité à Marienbourg , dont °le but étoit de mettre fin à la guerre en Pologne & de garantirles Etats de l’Electeur du danger dont la Pologne les mènaçoit.En vertu de cette alliance, l’Electeur s’engageoit à traiter com-me ennemis tous ceux qui attaqueraient le Roi de Suède , lòitdans ses conquêtes en Pologne , soit ailleurs, & à tenir conti-nuellement 4000. hommes prêts pour le service des Suédois,qui, de leur côté, Rengagement à couvrir la Prusse avec 6000.hommes. L’Electeur se réserva néanmoins de n’étre pas tenuà agir contre le Czar en Lithuanie , voulant demeurer en paixavec lui. Dans les articles secrets de ce traité, on se parta-gea aussi la Pologne ; en sorte que l’Electeur devoit avoir lesProvinces de Posen , de Calisch, de Siradie & de Lencziz,
& la Suède en échange devoit demeurer en possession de tou-tes les autres conquêtes. Là dessus on marcha droit contreles Polonois , qui aïant repris courage s’étoient emparés de Var-sovie & s’y trouvoient avec une armée de 59000. hommes. L’ar-mée des Allies n’étoit que de 16000. hommes ; le 8. le 9. &le 10. de Juillet se donna la fameuse bataille , dans laquelleles Polonois eurent le dessous & perdirent 4000. hommes, aulieu que du côté des Suédois on ne compta que 400. morts. Ala veille de cette bataille, les Polonois s’étoient vantés qu’ilsne sc serviraient pas de leurs sabres, mais seulement de leursfouets pour châtier les Suédois. Après cette victoire , les Sué-dois comprirent combien l’alliance de l’Electeur leur étoit avan-tageuse ; celui-ci de son côté ne manqua pas d en profiter & desolliciter l’abolition de cet article du traité de Kœnigsberg , parlequel l’Electeur reconnoissoit tenir la Prusse comme un fief dela Suéde , qui lui en accorda solennellement la Souverainetépar le traite de Labiau en 1656. le 10. Novembre, avec cetteréservé, qu’au cas d’extinction de tonte la Maison de Brande-bourg , la Prusse toute entière retomberait à la Suède . L’onse promit aussi réciproquement 4000. hommes de troupes au-xiliaires. Quoique les Alliés eussent eu du bonheur jusquesalors , leur armée ne laissa pas de diminuer dans le tems,que celle des ennemis s’augmentoit. Les Polonois firent uneirruption dans la Marche de Brandebourg, d’où ils ne sortirentqu’à bonnes enseignes. Les Danois taillèrent de la besogne àla Suède , qui íè vit obligée à retirer toutes ses troupes de la
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