280
GES
de Berne , qui venois d’établir une Académie à Lausanne , luioffrirent la chaire de Professeur en Grec dans cette nouvelle Aca-démie. II l’accepta , & pendant les trois annees qu d y demeu-ra , il vécut dans une amitié étroite avec Pierre viret , BeatusCornes, Himbert Professeur en Hcbreu & Jean Ribitti qui succé-da ensuite à Geíher. Comme sa charge de Professeur en Grecne l’empêcha pas de s’apliquer à ses autres études , ü publia plu-sieurs ouvrages oui ont du rapport a la Medecine. De Lausanne il alla à Montpellier , ville fort célèbre, sur tout alors, pour laMédecine , ami de s’y perfectionner dans cette science. Ce-pendant Gefner n’y trouva pas ce qu’il cherchoit, c est pour-quoi il retourna à Bâle & y tìt quelque séjour , pendant lequel uentendit les plus célébrés Médecins . Albin Theonnus & Seba-stien Sinckeler. Après qu’il eut soutenu quelques thèses «qu’iî eut reçu le bonnet de Docteur, il tut rapelle a Zunc poury enseigner la Medecine , la Physique & la Morale , ce quil atait avec toute la fidélité & Texactitude possibles pendant 24.ans. 11 ne fut jamais oisif dans ses heures de loisir ,• u s attachasur-touta aux Langues avec une assiduité infatigable. Son Mit bri-dâtes , live de differentits Linguarum en est une preuve con-vaincante. Comme la langue Allemande etoit la langue mater-nelle , il travailla sur-tout ál’éclaircir par des recherches etimolo-giques , & à faire voir qu’elle vient de l’Hébreu , du Grec &du Latin. B vouloit aulli donner la lignification de tous lesnoms propres qui font en usage parmi les Allemands & qui fontAllemands . II avoit une affection particulière pour la Languegrecque,qu’il pofl'edoit si bien, qu’il compola des Poèmes, des Idyl-les , des paraphrasés, des Scholies &c. en cette Langue. 11 aaulli traduit un grand nombre d’Hilìoriens, de Médecins & dePhilosophes Grecs. II a encore rendu de grands services à la vé-rité en donnant des éditions de divers Peres. La Physique &
sur-tout cette partie de la Physique qui traite des métaux, desplantes & des animaux a été le grand objet de ses _ recherches.Pour rendre son histoire des animaux plus parfaite, il a feuilletétous les Auteurs Grecs, Latins , Barbares, obscurs, anciens &modernes , & en a fait des extraits. Pour les poissons , il allaexprès à Venise afin d’y frire destiner d’après nature tous lespoissons de mer qu’il trouveroiL 11 avoit aussi formé le desseinde faire un volage dans le Nord pour voir les poissons de cesmers là , mais on le lui déconseilla à cause de la guerre. Aureste il ramassoit tout ce que les Chasseurs, les Oiseleurs, les Pé-cheurs , les Bergers & plusieurs de ses amis , dont il avoit bonnombre par tout, lui foumissoient Quoiqu’il n’ait publié qu’unpetit traité fur les métaux & fur les pierres precieulès, il avoitcependant ramassé , en ce genre, un des plus riches recueils qu’onpût avoir , desorte que son Cabinet devint fameux & lui attirales visites de tous les voïageurs curieux. Pendant son séjour\ Lausenne st a souvent parcouru les montagnes de Savoie àcause des plantes ; à Baie & dans ses volages en France , st neperdit jamais de vue cette partie de la Physique ; enfin depuisqu’st eut fixé fa demeure à Zuric , il parcourut presque toutesles années une fois les montagnes de Suisse & des Grisons . Plu-sieurs Savans aïant été instruits de ses recherches, lui envoiè-rent, de toutes parts , des plantes rares , desorte qu’à la fin stse vit une collection de plus de 500. plantes qui n’avoient jamaisété décrites avant lui. Comme il y avoit travaillé environ pen-dant 30. ans, il avoit formé le dessein de la communiquer aupublic , mais il n’eut pas le teins de polir, tout à fait, cetouvrage avant fa mort ; cependant, afin que tout son travail nefut pas perdu, st en recommanda , dans son lit de mort, lapublication à Gaspard Wolphe son successeur. 11 étoit d’ailleursfort heureux dans la pratique de la Medecine ; l’alliduïté aveclaquelle il lisoit les saintes Ecritures lui avoit donné une connoistsence si profonde de la Religion , qu'il jugeoit toujours tres-saillement des controverses les plus importantes. Ses instructionsdonnées de bouche & par écrit à divers Polonois au sujet de laTrinité, & fr lettre à Dalecampius , en sont de fortes preuves.U est vrai que cette lettre n’a pas été imprimée , mais elle mé-riteroit de l’être. Comme fa correspondance s’étendoit en Suisse ,en (Ulemagne, en France , en Angleterre, en Italie & en Po-logne , il entretenoit un commerce de lettres fort réglé avecJean Craton de Kraftheim , Jules Alexandrin & Adolphe Occo,tous trois Médecins de PEmpereur Ferdinand ; avec Jean Cul-mannus Médecin du Duc de Wurtemberg; avec G. Parkurste,Evêque de Norwich; avec Théodore Zwinger, Felix Platter &Jean Bauhin , Médecins célèbres de Bâle. Ferdinand 1 . à quiGefner avoit dédié la partie de son histoire des animaux, quitraite des poissons, prenoit du plaisir, dans cette forte de re-cherches ; c'est pourquoi, étant à la Diète de i’Empire à Aus-bourg, il y fit venir Gefner, afin de connoître un personnageaussi célèbre. Gefner s’y rendit avec André Gefner, son oncle,pour lors âgé de 8r. ans; & nomme Conrad Gefner n’avoit pointd’enfans , PEmpereur donna à son oncle & à tous ses deseendansles armes suivantes : un écu écartelé dans le prémier quartierduquel étoit une aigle déplacée de gueule, au fond dargent ;le second quartier étoit aulli d argent au Lion armé ; le trosiè-me étoit de gueule au Dauphin couronné ; & le quatrième aullide gueule au bafìlic entortillé portant une bague dor enrichie duneémeraude dam le bec ; le casque orné dune couronne de Hère, étoitsurmonte d un Cigne port ant en tout neufét aillesfur (à poitrine frJurJes afles. La lettre patente, qui contient les raisons de toutesf :e ? ) P 1 . e 5 es e st dattée du 3. Avril 1 ç 64. V Aigle y est à cause qu’elle estn oiseaux; le Lion comme le Roi des Quadrupèdes; le
Octu ^ b’n marque les poissons, & le Bafìlic paroit comme le Roi desre P 1,e \- Gefner aïant eu un songe, dans lequel il lui sembloitqu un serpent le piquoit, st jugea qu’il mourroit de la peste,qui regnoit pour fors à Zuric . 11 en mourut en éffet 1 « 3. Dé-
GES
cembre 1565. âgé de 49. ans, après une maladie de 3. jours ftaprès avoir travaillé presque jusques à la dernière heure de fa rie.La République des Sqavans allarmée de la perte prématurée decet ornement de son siècle, se hâta à lui faire des épitaphes.Voici celle que Théodore Zwinger fit à cette occasion & qui estla meilleure.
Ingénia vivent naturam miteras omnem ,
Natur 3 villus conditur hoc tumulo.
Plinius hic fìtut est Germanus ; pergt viator ,
Gefneri toto nomen in orbe volât.
On trouve le catalogue des écrits de Gefner dans la BibliothèqueUniverselle ; dans la Bibliotbeca Tigurina de Jean Henri Hot-tinger & dans se lettre adressée à Guillaume Turner , Théolo .gien & Médecin Anglois. * Simler Fit a Gefneri , Adami ni t.Med. German . Thuanus lib. 38. Joh. J. Hottinger Liehet. Kir.eben hiflor. Morhofius in Polyhifì. Teillìer éloges, tom. 1. fr 3,
t GESNER , (Jean Jaques) nâouiten 1639. Après un grandvolage il revint dans se patrie & obtint en 1671. le Diaconatde St. Pierre. En 1682. st fut fait Archi-Diacre de la Cathédra.le de Zuric & mourut en 1704. Voici les titres des ouvragesqu’il a publiés ; Exercitatio de notifia Dei naturali ; Dialo-gus de terra moru i Clerus pacifient , i. e. Argutia quibus Re.manus Clerus contra Reformatas in G allia utitur ; Koma aver .fa , adverfa fr inversa tribus orationibus demonflrata ; Dcxí.logia nominis Jéfù , 3. tom. 8- * Dyrsteler Zurich. Geschieht •Buch. Dill. Allemand de Bäle .
t GESSEN <ou GESSEM , ou GOSEN , est le canton del’Egypte que Joseph fit donner à son père & à ses frères, lorsqu’ils vinrent demeurer Egypte . C’étoit l’endroit le plus fer-tste dupais ; & st semble que ce nom vienne de l’hébreu Gest mqui signifie la pluie, parce que ce canton étant fort près de laMediterrance, étoit exposé à la pluie, qui est fort rare dans lesautres cantons, & sur-tout dans la haute Egypte . D. Calmetcroit que Gozem que Josué attribué à la Tribu de Juda ch. 10.V. 41. est la méme que la terre de Geisern , que Pharaon donnaà Jacob, liest certain, dit-il, que ce pais devoir être entrela Palestine & la ville de Tanis, & que le partage des Hébreux s’étendoit du côté du Midi , jusqu’au Nil . * D. Calmet Dill.
t GESSOKIAQÜES, Peuples anciens de la Gaulé Belgique.Ils habitoient la partie occidentale du Boulenois , & il n’y avoitde lieux remarquables dans cette contrée que Portus Icim, &Gefìiriacum Navale. M. du Gange a prouvé dans une disserta,tion particulière que le port Ictus est le port à'U'effànt ; & ontient que Geffiriacum Navale c’est Boulogne. Pour le prouveron raporte deux passages dìEumcnius , qui en parlant d’une ex.pédition de l’Empereur Constantin Chlorus , nomme dans l’unle lieu où este s’elt faite Gefjsôriacum , & dans l’autre il l’apelleBonon/a. Le prémier des Écrivains qui nous restent, qui aitnommé Boulogne Geffiriacum , est Suetone dans la vie de l’Em.pereur Claude cap. 17. Pomponius Laetus liv.2. de l’hiltoire Ro-maine , nous aprend que la mer voisine du port Gessoriaquc s’a,pelloit aulli en latin Geffòriacus Oceanus. * Th. Corneille Dill,géogr.
H GESSUR, ancienne contrée de la Palestine. Elle étoitdans le pais, qui fut appelle la Trachonite , le long du montLiban , entre la source du Jourdain & le mont Hermen. Cepays étoit du partage de la demi Tribu de Mariasse delà le Jour-nain; mais elle n’en chassa pas les habitans naturels ; puisque,du teins de David , ils avoient encore leur Roi, dont Davidépouse la fille, qui fut mère d’Abselom. * II. Rois, 3. & 13. Hy a un Gessur voisin des Philistins & des Amalécites dont il estparlé u Sam. c. 27. v. 8- U étoit situé entre le pais des Phili-stins & l’Egypte . David demeurant à Tsiklag seisoit des course»sur les Gessuriens. * D. Calmet. Dill.
GESTR 1 CIE, Province de Suède , vers le golfe de Bothnieau Levant, & la Decarlalie au Couchant, est abondante en mi-nes de fer. Gevals, ou Gevalie , qui est se ville capitale, estsituée fur une rivière de ce nom , dans l’endroit où elle se jettedans le golfe de Bothnie, au Midi d’Upsel. Les autres font Cop-perberg, &c. * Sanscfn. Baudrand.
GESUALDO , ( Alfonse ) Cardinal, Archevêque de Gonza,puis de Naples , a vécu jusqu’au commencement du XVII. sie-de. II étoit natif du Royaume de Naples , où se maison an-cienne & illustre , avoit autre-fois été tres-affectionnée aux Prin-ces de la maison de France. Alfonse II. Roi de Naples, fit ar-rêter Gefûaldo , Comte de Conza. Son fils Fabrice , épousa lafille du Prince de Melphe, & fut pris près de Tarente, en com-battant pour le Roi Louis XII . 11 laissa Gefûaldo , Comte d»Gonza, & Prince de Venöse, qui eut Fabrice II. & Alfors fiL’ainé épouse Geronyme Borromee, nièce de Pie IV . & ce futen considération de ce mariage , que ce Pape donna l’Archeví-ché de Conza & le chapeau de Cardinal à Alfonse Gesualdoen1361. Ce Prélat fut depuis Légat de la Marche d*Ancone, fou*Sixte V. il fut nommé par Clément VIII . à l’Archevêché de Na-ples, & mourut Doyen des Cardinaux le 14. Février del'an 1603.Son corps fut enterré dans l’Eglife Métropole, où l’on voit Iontombeau , que Charles Gefûaldo , Prince de Venöse , son neveu,y sit élever. Ce dernier est différent de Charles Gefûaldo , rrtn-ce de Venöse , qui inventa des tons nouveaux pour la Musique-II mourut en 1549. * Blancanus , Chr en. des Math. au XFJl.fìt-cle. Ughel, Ital. fier. Mariana, Liifl. lib. 27. cap. 16. Zunta.Paul Jovc. Cabrera. Aubery , &c.
GESULA , Province du Royaume de Maroc , dans la Bar-barie , en Afrique . Este est bornée à FOrient par la Province de