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tholiques Romains, pour cause de Religion. Comme il avoir étéemprisonné sans aucun examen,on l’élargit au bout de trois mois,àcondition qu’il donneroit caution de ne pas sortir de la Haye afedeux ans. II fut emprisonné une seconde fois dans un Monastère& obligé à faire pénitence au pain & à l’eau, pendant trois mois,parce f disoit on, qu’il avoir tourné en ridicule la vie monastiquedans un petit ouvrage qu’il avoir composé pour consoler une veu-ve. Quelque tems après, Gnaphée réfléchissant fur le grandnombre de veuves & d’orphelins qui étoient le fruit des persécu-tions dans le Païs-bas & de la guerre des Faisans en Allemagne ,lit un livre intitulé Miroir confiant pour les malades , ou , Dia-logue entre Théophile , Tobte fr Lazare. Cet ouvrage publié àson insçu fut très préjudiciable à l’Eglise Romaine . On le ré-imprima plusieurs fois en peu de tems , & Tun des Imprimeursfut condamné à la mort-Gnaphée fut obligé d’abandonner fa patrie.
II s’éleva même une nouvelle tempête contre lui, d’abord aprèsqu’il eut quitté la Haye . On trouva chés lui en carême une sau-cisse dans un pot où l’on faisoit cuire des poix. Elle y avoit étémise par une femme grosse qui en avoit envie. Cette affaire oc-cupa les Juges pendant deux jours. On appella les Médecins &on leur demanda s’t'l e'toit possible qu une femme gross eút enviede manger de la viande en carême. Apres avoir agite cette que-stion, les Juges prononcèrent la sentence qui portoit, qu'on pren-drait Gnaphée mort ou vif, par tout où on le trouverait. Maisil étoit alors assés loin de la Haye . * Brandt Hiß. de la ré forma-tion frc. tom. i. pag. 26. frc.
GNEPHACHTHE, ou GNEPHACTE > Roi d’Egypte , &père de Bocchoris, étant passé avec son armée dans l’Arabie ,où les vivres lui manquèrent en passant les déserts , fut con-traint de manger ce qu’il rencontra chez les pauvres habitans dece pais. II prit ces viandes grossières avec tant de plaisir, qu’ilrésolut de se contenter à l’avenir d’une semblable nourriture& fit mille imprécations contre Menès le premier Roi d’Egypte ,qui avoit introduit parmi les Egyptiens le luxe , & la bonnechère. Afin de rendre fa mémoire odieuse , il fit graver cesmalédictions fur une colonne , qu’il plaqa à Thèbes dans leTemple de Jupiter Ammon , donnant en même-tems un illustreexemple de frugalité aux Princes ses successeurs, l’an du monde3264. & 771. avant J. C. * Plutarque, de Iß de. Diodore , hiß or.lib. r.
GNESNE > ville archiépiscopale & Primatie de toute la Po-logne , est située dans le Palatinat de Kalish en la basse Pologne ,entre Posna & Toren. Les Auteurs Latins Pont nommée Ginefna& Limiofileu). Aujourd’hui cette ville n'est considérable , queour être la demeure du Primat du Royaume , qui a toujourseaucoup de part dans toutes les affaires de l’Êtat. C’étoit au-trefois la Capitale du Royaume. On prétend que Lechus, pré-mier Prince du pais , la fit bâtir ; & la tradition porte , que cePrince lui donna le nom de Gnejne , à cause d’un nid d’aigle,qu’il trouva dans ses fbndemens ; par ce qu'en langue polonosseGneßad signifie un nid d'aigle. L’Eglise métropolitaine de saintAlbert y est enrichie de diverses reliques. Cette ville fut pres-que toute brûlée en i6ij. L’Archevéque de Gnesne est Primat duRoyaume, & Légat né du saint Siège dans la Pologne . 11 est Régent,du Royaume après la mort du Roi, & donne même audienceaux Ambassadeurs , si ce n’est au tems de sélection. C’est luiqui doit convoquer le Sénat , qui fixe le jour de l'all’emblée pourla même élection , qui propose les choses fur lesquelles on doitdélibérer , qui couronne les Rois & les Reines, & qui fait leursfunérailles. Les Etats voulurent retrancher quelque chose de sonpouvoir dans l’interrègne , lorsque le Roi Sigismond 111 . alla enSuède l’an 1594. mais Sigismond Karnkowiski , qui polsedoitalors cette dignité , s’oppofa généreusement à ce dessein. LesArchevêques de Gnesne portent la qualité de premiers Princes,& ne veulent pas même céder aux Cardinaux. L’hiítoire de Po-logne en fournit divers exemples ; comme en 1451. Nicolas Opo-row , Archevêque de Gnesne , disputa la préséance au CardinalSbignée d’Oleslniki , Ministre d'Etat dans la Dicte de Petricho-vie ; & on leur donna séance alternative. L’Archevéque de Gnes-ne a encore une autorité tres-grande : il est défendu de tirer l’é-
Î >ée devant lui , & de dire aucune parole indécente : il ne vi-de personne; pas même les Ambassadeurs des têtes couronnées,quoiqu’ils Payent visité, excepté le Nonce du Pape , chez lequelil va une fois seulement. Lors qu’il se rend chez le Roi , sonMaréchal qui est Sénateur Caste lan du Royaume , marche à che-val devant son carotte le bâton de Maréchal levé, qu’il ne baisseque devant le Roi : S. M. le fait recevoir au bas de 1 escalierpar le Chambellan de la couronne & par les principaux Officiersde fa cour , & ce Prince va au-devant de lui jusques dans l’an-ti-chambre. * Cramer , biß. Polort. Starovolfcius , defer. Polon.DeThou, biß. liv. ç6. Jordan, Voyages hißeriquet f. VIII. frc.
CONCILES DE GNESNE.
Les anciens Prélats de Gnesne avoient célébré divers Conci-les , dont le Pape Martin V. approuva les décrets Pan 1417. quifut le premier de son Pontificat Depuis , les Evêques en ont en-core tenu divers dans le XV]. siècle & dans le XVII. & bienque ces Synodes n aient pas toujours été assemblez dans la ville
j 1 xi ’ 1 ont pourtant été dans le Diocèse ou le ressortde la Metropole.
1 >’ on nomme aussi Meavve ou Mevve , bourg de
la Prusse ravale, situe a l’emboúchure du Fers dans la Vistule àcinq ou lix lieues au-deslus de la ville de Marienbourg . * M a -ty, dtclton. Voyez MEVE. 6
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Gaulois de nation , il étoit également versé dans les lettres grec-ue & latine , d’un esprit vif, & d’une mémoire prodigieuse ; ilt ses premières leçons à Rome dans le palais de Jules César ,qui étoit encore très-jeune dans ce tems-là. Depuis il enseignala Rhétorique dans fa maison , où les plus grands personnages,soit pour l’elprit , soit pour la qualité , sc faisoient honneur dele venir entendre. Cicéron lui-même , déja grand Orateur , quoi-que Préteur & chargé d’aff.iires , ne laissoit pas de lui rendre sesaíììduïtez. ( II sc trouvoit tant de monde à ses déclamations, qu’ilétoit obligé de les faire dans quelque place publique, n’y ayantpoint de salle capable de contenir tant d’auditeurs. Suétone, ’ quilui donne place parmi ses illustres Grammairiens , remarque queson désintéressement étoit si grand , qu’il ne prenoit aucune ré-tribufion de ses écoliers ; mais il ajoute, que les écoliers aussigénéreux que le Maître , reconnoilloient ordinairement par despréscns considérables, mais volontaires, les leçons d’éloquencequ’il leur avoit données. * Suétone , dt iUuß. grammat.
GNOMONIQUE , ou HORLOGIOGRAPHIE , fait une
partie des Mathématiques : c’est la science de faire des cadransau soleil. Elle est ainsi nommée du mot grec ytá/aw , qui signi-fie , ce qui fait connoitre ; parce que le gnomon est un style ouaiguille qui fait connoitre par son ombre les heures , la hauteurdu soleil, & les signes dans lesquels il est : ou pour parler plusexactement, elle enseigne à trouver la juste proportion de tou-tes sortes de cadrans au soleil , & à la lune, & pour connoitreles heures par le moyen des ombres. Diogène Laërce , dans lavie d’Anaximandre , & Aulu-Gelle , /. 1. c. 9. rapportent que c’està ce Philosophe qu’est dûë l’invention des cadrans au soleil , &qu’il en fit un à Lacédémone vers la LV 1 II. Olympiade. D’au-tres disent que cette invention est dúë à Anaximene Milchen.Consultez Saumaise sur Solin, p. 6? 2. fr fûiv. où il montre quela Gnomonique avec l’Astrologie est venue de Babylone en Grece ,vers la L. Olympiade. II n’est pas aisé de bien marquer le temsauquel l’horologie, ou la connoissance des heures a commencéà Rome. Pline dit que quatre cens sept ans s’étoient écoulez de-puis que Marcus Valerius avoit pose une horloge dans la grandeplace à Rome . Les Grecs n’en ont pas eu l’uíâge guères avantte tems d’Alexandre le Grand . Clavius a fait un livre in folio dela Gnomonique , qui comprend tout ce que l’on peut scàvoir surles cadrans. M. de la Hire a fait un traité de la Gnomonique.On a aussi écrit de la Gnomonique spéculaire ou reflexe , qui en-seigne Part de faire des cadrans , qui marquent l’heure par la ré-stéxion de la lumière fur toutes sortes de surfaces.
GNOSIMAQUES , hérétiques, ennemis de la science, quidéfapprouvoientPempressement qu’on a pour l’acquérir. ils s’ima-ginoient que les belles connoissances sont inutiles à ceux , à quiDieu ne demande que de bonnes actions. Ces dogmes si dérai-sonnables eurent des sectateurs dans le VII. siècle. * Saint Jeande Damas , & Sandere , V. Gnoßm. Gautier, en la chron. VII.ßecle , c. 2.
GNOSSUS , étoit anciennement un des plus célèbres villesde Plsle de Crète , fameuse par la fable de Minos & du Minu-tante. Ce n’est aujourd’hui qu’un petit village nommé Gìnofa.
GNOSTIQIJES , c’est-à-dire , ßavans , ou connoijpns , hé-rétiques descendus des Nicolaïtes , se divisèrent en diverses se-ctes , & furent nommés en Egypte , Phibìonites , Stratiotiques,Lévitiques & Borborites. Ils croyoient qu’il y a deux principes ;l’un bon, principe des bonnes choses ; & l’autre méchant, au-teur des mauvaises. Ils s’imaginoient que l’ame est de la sub-stance de Dieu ; & niant la divinité de J. C. par l’union hyposta-tique , ils disoient seulement que Dieu avoit habité en lui. 11 ssoútenoient , que les plus illegitimes voluptez du corps étoientpermises , & que l’on pouvoit manger des viandes offertes auxidoles. Les lieux où ils s’assembloient pendant la nuit , étoientprofanez par toutes sortes de crimes & de saletez ; & quand quel-que femme en sortoit enceinte, ils tiraient le fruit de son sein, &
1 ayant pilé dans un mortier, ils participoient tous à ce barbarefestin , qui passoit chez eux pour un acte de la plus sainte Re-ligion. S. Epiphane parlant de ces miserables en décrit les or-dures qu’on ne peut lire fans horreur ; & que nous n’oserionsrapporter dans un ouvrage écrit en langue vulgaire. Sous le Pon-tificat du Pape Anicet , c’est-à-dire , environ l’an 167. le Démonintroduisit cette secte dans Rome , par les artifices d’une femmequi en faisoit profession. Elle avoit nom Marcelline , & se ser-vit de sa beaute & de son esprit, pour séduire plusieurs fidèles,par l’amorce des voluptez brutales , dont elle faisoit des dogmesde Religion. L’héréfìe des Gnoltiques fut aussi portée en Espa-gne par un Egyptien. Un sçavant Anglois croit que les Apôtresavoient déja vú les premiers Auteurs de cette secte , & que S.Paul y fait allusion , 1 . Tim. VI. 20. & en plusieurs autres en-droits. * Tertullien , in Scorp. S. Epiphane, bar. 26. S. Augustin,de har. c. 26. Theodoret, 1 . 1. bar. f ab. Baronius , A. C. 68- 120.14;. $gi. frc. Henr. Hommond, di(f. proaem. de antichr. c. j.fr fiq. ,
Q~ * Les Gnostiques ne sont pas une secte particulière ; maisun nom que les premiers hérétiques prenoient ; parce qu’ils sevantoient d’avoir des connoiflânces & des lumières extraordinai-res : ce qu’ils appelloient gnofes. Cette fausse science a commen-cé dès le tems des Apôtres , & saint Paul l’a condamnée dams fapremière épitre à Timothée. La principale partie de la gnosecon-listoit à imaginer des combinaisons & des généalogies de ce qu’ilsappelloient Eons , ou attributs de la Divinité ; niais comme cescombinaisons sont assez arbitraires , ils etoient fort partagez furle nombre & Vordre de ces Eons : ce qui faisoit différentes se-ctes parmi eux , mais voici les principales erreurs dont ils conve-noient presque tous. r. Us admertoient tous une production chi-Tome IV. P p a nitrique