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tnem Rabin, converti à la Religion chrétienne par saint VincentFerrier. L’Evêque le chargea du soin de ses affaires, & de ladistribution de ses aumônes. Sa tendresse pour les pauvres leslui fit répandre en une telle abondance, que ses envieux en pri-rent occasion de dire qu’il étoit imprudent, & de publier qu’il rui-nerait bien-tôt son Maître & le mettroit hors d'état de satisfaireses créanciers. Alfonse de Carthagène, bien loin de prêter l’o-reille à ces mauvais bruits, en témoigna plus d’ellime qu’aupara-vant pour Jean Gonçalez, lui conféra l’Ordre de Prêtrise, & lepourvut d’un Canonicat de l’Eglise de Burgos. Un de ses oncles,son père & sa mère étoient morts bien-tôt après, il fit le partagede leurs biens, & donna à deux de ses soeurs, la part qui lui at>-partenoit, après quoi il demanda à son Evêque la permission dequitter ses bénéfices & de se retirer. Quand il l’eut obtenue il alladesservir une chapelle de l’Eglise de sainte Agathe, qui est uneParoisse de Burgos . Cette Eglise étoit autrefois en grande véné-ration par toute l’Espagne , à cause que quand un homme étoitaccuse ou soupçonné de quelque crime, il s’y purgeoit, en pro-testant en présence de tout le monde, qu’il etoit innocent. JeanGonçalez visitoit souvent l’Eglise des Augustins , qui est au fau-bourg de Burgos , & y faisoit ses prières aux pieds du crucifix,puiest appellé k Miraculeux. Voici ce qui se raconte de la manièredont il fût trouvé. Un Bourgeois de Burgos étant fur le pointde partir pour aller par mer aux Pays-bas, fit vœu de faire unprésent au Couvent des Augustins si son voyage étoit heureux. Ason retour il fut battu d’une furieuse tempête, durant laquelle ilne manqua pas de renouveller son vœu, pour échapper du périlqui le menaçoit. Quand la tempête fut appaisée, il apperçut unecaisse qu’il prit, & dans laquelle il trouva un crucifix d’une mer-veilleuse beauté, lequel il donna aux Augustins. Jean Gonçalezfaisant donc un jour ses prières aux pieds de ce crucifix, un estro-pié qui ne marchoit qu’avec des potences, se présenta à lui & im-
Í ilora son secours. II demanda fa guérison à Dieu , & l’obtint, sion Historien en est cru , & le pauvre pour témoigner à Dieu sareconnoissance s’engagea à son service, par la profession qu’il fitdans le même Couvent où il avoit reçu cette grâce. Quelquetems après, Jean de Gonçalez partit de Burgos pour aller à Sala-manque. Il y prêcha d’abord dans l’Eglise de saint Sébastien. LeRecteur & les Regens du Collège saint Barthelemi fondé dansl’étendue de cette Paroisse, furent tellement édifiez de ses sermons,qu’ils souhaitèrent de savoir dans leur Collège, & lui offrirentl’administration de la chapelle. II ne la garda pas long-tems, &la quitta pour un emploi plus important, qui sot celui de Prédi-cateur de Salamanque , lequel l’engagea à des travaux & à des pé-rils incroyables, pour éteindre deux factions, dont la fureur troub-loit souvent la tranquilité, & causoit de sanglans carnages. Deuxgrandes maisons, sçavoir celle de Mon roi & celle des Manzanitenoient alors les prémiers rangs dans la ville. Deux frères dela première jouèrent un jour une partie à la paume contre deuxfrères de la seconde, prirent querelle sur jeu, se battirent, & fu-rent tuez par les deux de Manzani, qui se sauvèrent promtementen Portugal . Marie de Monroi mère des deux frères tuez enduel, ne put se consoler de leur perte, qu’elle n’en eút tiré unecruelle vengeance. Ayant découvert le lieu où les deux frèresManzani s’étoient retirez, elle assembla ses parens & ses amis, &leur déclara que la vie lui seroit à l’avenir insupportable, à moinsqu’ils n’eussent le courage de l’aider à se venger. Quand ils luieurent promis de le faire, elle se mit à leur tête, «L les mena à unvillage des frontières de Portugal , où les deux meurtriers s’éto-ient sauvez. La porte de leur maison fut ouverte durant la nuitpar un valet qu’elle avoit suborné pour les trahir. Elle fit enfon-cer la porte de leur chambre, entra dedans avec lix des plus har-dis de fa troupe, commanda de les percer de plusieurs coups, &de couper ensuite leurs têtes, cju’elle rapporta chacune au boutd’une pique. Cette sanglante exécution alluma dans Salamanque un feu plus violent que jamais. La noblesse & le peuple prirentpart ou à la douleur des Manzani, ou aux intérêts des Monroi,& presque tous les habitans attachez à l’un ou à l’autre parti, envinrent plusieurs fois aux mains, &se scroient entretuez si Jeande Gonçalez n’eút arrêté leur soreur& étouffé enfin les factions.Ses travaux joints à ses austéritez lui causèrent une maladie, du-rant laquelle il fit vœu d’entrer en Religion. Dès qu’il fut guéri,il choisit le Couvent des Augustins de Salamanque , pour l’accorn-pliffement de son vœu. On croit qu’ils y avoient été établis dèsí’an 1202. Mais il est certain qu’ils y furent réformez en r^8-par le P. Jean de Salamanque , & que leur vie étoit alors fort au-stère. Ils n’avoient dans leurs cellules, qu’une paillasse & deuxcouvertures. Leur habit étoit d’une grosse étoffe, fans linge. Ilsjeûnaient depuis la Toussaint jusqu’à Noël, & commençaient leurcarême à la Quinquageíime, 11 s faisoient maigre les Mercre-dis . II est vrai qu’ils pouvoient manger du poisson : mais il estsi rare dans ce pays-là, qu’ils n’en avoient presque jamais. LeP. Jean de Salamanque, qui avoit introduit la réforme dans cet-te maison, en étoit Prieur lorsque Gonçalez y demanda l’habit. IIl’obtint sans toutes ces remises, dont il faut user pour éprouverde jeunes postulans dont la vocation est douteuse. 11 passa dansle Noviciat par tous les exercices de l’humilité & de l’obéïssance,& peu de tems après fa profession, il sot jugé si bon Religieux,qu’il eut la charge d’instruire les Novices. Peu de mois après ilfut eleve à celle de Défìniteur de la Province, & partagea le soind’elire les Supérieurs des maisons particulières, celui de mainte-nir la règle & les constitutions dans leur vigueur, & de l'opposerau relâchement. Les troubles de Salamanque ayant recommen-cé, le P. Jean Gonçalez redoubla son zèle pour en prévenir lesfonestes effets. Un jour qu’un des plus séditieux avoit menacéde l’assassiner, il fit porter la chaire du Prédicateur devant sa mai-son, y monta, & parla avec tant de force, que plusieurs de ses au-
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diteurs en furent touchez, & conçurent le dessein de travailler àla paix. Le séditieux irrité de la liberté du Prédicateur envoyades gens armez, pour lui faire insulte. Mais on dit que quandils furent en fa présence, ils perdirent tout d’un coup l’usage deleurs bras & de leurs armes, qu’ils ne recouvrèrent qu’à fa priè-re. Ce ne fut pas cette feule fois que fa hardiesse lui attira desaffaires. Dom Garcia Alvarez de Tolède le pria «Palier à Albe ,petite ville distante de quatre lieues de Salamanque , «Sc d’y prê-cher le jour de la fête du Patron. Ayant appris que ce Seigneurétoit extrêmement violent, & qu’il faisoit le Souverain dans ses ter-res, il dit en prêchant, que les Seigneurs doivent aimer leurs vas-saux, comme leurs enfans, & ne les pas traiter comme leurs escla-ves. Dom Garcia Alvarez, piqué de cette parole le menaça des’en ressentir, Òc envoya deux hommes pour le maltraiter durantle chemin. Mais quand ils voulurent «'approcher de lui & deson compagnon, ils sentirent que leurs chevaux s’eftârouchoient& se cabraient de telle sorte, qu’il leur étoit impossible d’avancer.
Ils furent donc obligez de mettre pied à terre, & de demander par-don au Prédicateur. Depuis Dom Garcia Alvarez tourmente degrandes douleurs envoya quérir le Père Jean Gonçalez, pour lesupplier d’obtenir de Dieu sa guérison ; le Père l’obtint, & leComte pour témoigner sa réconnoiffance, sit de beaux présens auCouvent, entre lesquels il y a encore aujourd’hui une robbe four-rée, qui s’est conservée, & qui sert à l’infirmerie. Le Père JeanGonçalez continua d’attaquer ainsi tous les vices, & pendant qu’illes combattoit pour les détruire dans les autres, if ne negligeapas les moindres imperfections qui lui pouvoient échapper, &veilla avec tant de soin à s’en corriger, qu’il s’en confesloit plu-sieurs fois en un seul jour, dont le Supérieur lui sit une correctionassez sèche, qu’il reçut avec une profonde humilité. Cette pra-tique continuelle des vertus chrétiennes & religieuses le sit eìiredeux fois Prieur du Couvent de Salamanque . 11 ne se réjouit «lecette élévation qu’autant qu’elle lui pouvoit donner le moyend’exercer fa charité envers ses frères, & «se redoubler fa propreferveur pour l’obscrvation de fa règle. Ayant appris de la voixpublique un commerce de galanterie qu’un Cavalier & une veuveentretenoient ensemble, au grand scandale de toute la ville, il lesavertit en particulier de le rompre, & n’ayant rien pû gagner sorleur esprit, il les invita à un sermon, où il parla avec tant de for-ce contre leur malheureux engagement, que le Cavalier prit larésolution d’y renoncer ; «St en effet, il alla trouver le Prédicateur,se soumit à sa conduite, & par son avis, prit l'habit dans le Cou-vent des Augustins de Salamanque , où il expia les péchez de fajeunesse par une pénitence qui dura autant que sa vie. La veu-ve transportée de fureur, jura qu’elle porterait sa vengeance au der-nier excès «St qu’elle ôterait la vie à celui qui lui avoit ôté sonamant. La menace n’en fut pas vaine, & l’exécution la suivit derès. Le Père Jean Gonzalez fut empoisonné à l’autel par uneostie consacrée. La langueur dont il se sentit attaqué ne l’em-pêcha pas au commencement de continuer ses fonctions; maisdans la fuite il salut céder à fa violence. 11 rendit l’esprit l’onziè-me Juin 1479. la quarante-neuvième année de son âge. La Damequi l’avoit fait empoisonner reconnut son crime, & en demanda par-don par l'éffet d’une grâce qu’il obtint pour elle, au moment de samort. Le concours du peuple sot extraordinaire à ses funérail-les , & les guérisons , dit-on, fort fréquentes à son tombeau.Sa canonisation sot sollicitée auprès d’Alexandre VI. par Ferdi-nand le Catholique ; auprès de Paul III. par Charles -Quint ; au-près de Clément VIII . par Philippe 111 . La vie du Père JeanGonzalez a été écrite entr’autres Auteurs par F. Nicolas Robine,Religieux de l’Ordre de samt Augustin, & Docteur en Théolo-gie de la Faculté de Paris. Elle a été imprimée dans cette villein 12°. en 1692. Journal des ßavans, Tom. XX. s ag. 626.
GONZALES , ou GONSALVE DE CORDOUE. CherchezCORDOUE .
GONZALES DE AZEBEDO, (Pierre) Evêque d’Orense,puis de Placentia, né à Mornejon, dans le Diocèse de Palençaen Espagne, étoit éloquent, sçavoit les langues, la Theologie ';& après avoir été Curé dans son pays, & avoir enseigné la Philo-sophie dans l’Univerlité de Salamanque , il fut fait Théologal deSiguença, & fut élevé sor le siège épiscopal d’Orense en 1^7.On le transféra l’année 1594. à celui de Placentia, où il mou-rut en 1606. âgé de 77. ans. II a composé des éloges à la sainteVierge, & quelques autres ouvrages. * Nicolas Antonio , bìblhtb.Jcript. Hiß>.
GONZALES DE SALAS, (Joseph-Antoine) Espagnol , na-tif de Madrid , sçavoit les Langues & les belles Lettres, «S: mou-rut en ióyi. â^é de 65. ans. 11 a laisse des remarques fur Pétro-ne ; un abrège de Geographie ; des tragédies ; Ve duplici vTventium terra, &c. * Nicolas Antonio , biblioth. ßript.
Hiß. (Je.
GONZALES DE MENDOZA. Cherchez MENDOZA.GONZALES DE D’AVILA. Cherchez AV1LA.
GONZALES , (Pierre) de l’Ordre de saint Dominique , Pa-tron des Matelots Espagnols, qui le nomment saint F.lme , vinvau monde vers l’an 1170. dans la ville d’Astorga . II sot nomméChanoine , puis Doyen du Chapitre de cette ville ; mais unechute qu’il fit de cheval, en prenant possession de cette dignité,le fit rentrer en lui-même & renoncer au monde. II entra dansl’Ordre de saint Dominique à Palenza, & réussit ensuite dans laprédication. Ferdinand III . l’appella auprès de lui ; il mou-rut le iy. Avril 1240. dans la ville de Tuy en Galice . II a étébéatifié par le Pape Innocent IV . en 121:4. On feit mémoire delui au 1;. d’Avril. * Bollandus , en Sampaïo. Bailles ^ vies desSaints , 14. Avril.
Tome iy.
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