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La Mort au Faisan.
Bon jour, Colin ! où vont tes pas?
Je veux te dire un mot tout bas;
J’a'prens que des soins du ménage,
Des travaux de ton labourage,
Et de mille autres embarrasDepuis long-tems tu te sens las:
Que tu te plains, que tu fais rage,
Disant que, dans un si haut âge,
Noble & bourgois sont gros & gras,
"î Et font d’argent de grands amas ;
Tandis qu’au fond de ton villageTu vis comme dans l’esclavage,
Et que mieux vaudroit le trépas;
Ainsi, Colin, ne tarde pas,
Vien te soumettre, avec courage,
A la mort qui te tend les bras.
Réponse du Faïsan à la Mort.
Il est vrai, je l’ai dit, dans l’excès de ma peine,Qu’un Cerf couru des chiens, qu’un Forçat à la chaîneEndure moins de maux qu’un pauvre Laboureur;Mais, dès lors, revenus de cette folle erreur,
Je conviens que mes maux sont moins infoportablesQue ceux qu’ont à souffrir cent autres misérables :
Et, puis chacun préfère, à mon avis,
Les maux du monde aux Biens du Paradis.