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Tome I
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Léonce gouvernoit l’Empire, qu’il avoit ufurpé à Jultinien leJeune, lurnomm è Rinotmète, ce Léonce ayant envoyé contreles Sarazins d’Afrique une armée navale, à deffein, d’en chaflërles Barbares ; & cette Hotte n’ayant prefquerien fait, les Chefscraignant le reffentiment de Léonce, falhèrent en 698. Abfi-jnare en qualité d’Empercur. Celui-ci fit d’abord couper lenez & les oreilles à i’ufurpateur Léonce, & il le confina dansun Monaftère. Les troupes d’Ablimare remportèrent enfui te di-vers avantages fur les Sarazins en Syrie ; ce qui le rendit tout-à-fait infolent, fe faifant un plaiiir de troubler le repos de l’Ita-lie, & de perfëcuter le Pape Jean VI. par le moyen de Théo-phylaételbn Exarque. Mais dans le tems que fês armées tri*omphoienten Orient, Jultinien, qui n’avoit quitté le trône quepar violence, cherchoit des amis pour le fervir dans la ven-geance qu’il méditoit. 11 fit alliance avec le Chagan ou Roides Avares, dont il époufa la fille, puis il fe retira auprès deTarbagl Roi des Bulgares. Ce Prince lui donna des troupes,qui entrèrent par un aqueduc dans Conftantinople, ou Jultinienle rendit abfolu. Il fe faifit d’abord de Léonce, d’Ablimare,d’Héraclius fon frère, & de quelques autres : & les ayant Faittraiter avec ignominie dans la place de l’Hippodrome,' il leur fitcouper la tête en 70;. *Theophane, Cedrene, Zonaras.

ÀRSINTHIENS, voyez ABSYNTHIENS.

ABSOLUTION- On donne ce nom à I’aétion par laquellele Prêtre remet aux pénitens leurs péchés, en vertu du pouvoirque Jéfus-Chriit a donné à fes Apôtres, & à leurs fucceiieurs delier & de délier les péchés. Dans l’ancienne Eglife, on ne l’ac-cordoit guères aux pénitens qu’après une fatisfaction publique.Il y a eu des lieux où on l’a refufée pour certains crimes, maisce n’a jamais été dans les grandes Eglifes, & Je Concile de Ni-cée ordonna qu’on l’accordât aux pénitens coupables de toutesfortes de Crimes. Jufqu’au fixième liècle de l’Eglife, on ne l’ac-cordoit qu’une feule fois. Par cette abfolution les pénitens, quijul'qu’alors avoient été exclus de la communion de l’Eglife, yétaient rétablis. La forme de l’abfolution a été déprécatoirejufqu’au treizième fiècle. L’indicative dont on fe fert à prêtentdans l’Egliî’e Latine, n’a commencé à être en ulage que dans letreizième fiècle, & la déprécatoire à fubfilté long-tems, & fub-lilte même encore à' prélent dans l’Eglife Grecque. On donnecommunément l’abfolution ayant que la pénitence fecrète foitaccomplie, quoiqu’on ait laiJTé la liberté aux Confelfeurs de re-mettre à la donner après la fatisfaétion. ■ Il étoit auiii ordinairede remettre aux pénitens publics une partie du tems de leurpénitence, & de leur donner l’ablblution avant que ce tems fûtexpiré, lorfqu’ils paroiffoient mériter cette grâce. L’ufage del’Eglife de Rome, & de la plûpart des Eglifes d’Occident, étoitde donner l’abfolution aux pénitens le jour du Jeudi faint, ap-pelle à caufe de cela, le Jeudi abfolu. Dans l’Eglife d’Efpagne& dans celle de Alilan, cette abfolution publique fe donnoitleVendredi faint ; & dans l’Orient, c’étoit le même jour, ou le Sa-medi luivant, veille de- Pâque. C’étoit l’Evêque dans les pre-miers tems quidonnoit l’ablblution aux pénitens : depuis cettefonétion a été communiquée aux Prêtres. *Alorin, de pcmiten-tih; lib. 8. 9. & 10. Witaile, de punit, facram. quxjï. 9. art. HI.qiueji. 6. art- II.

L’abf#lution de l’éxcommunication cil à préfent différentede celle des péchés. C’elt un acte de juridiction dans le foreextérieur de l’Eglilé.

L’abfolution ad cautelam, eft une abfolution qui fe donne àune perfonné qui a été excommuniée par une fentenee, dont ellea interjetté appel, afin qu’elle puiffe être en état de fe défendrepardevant des juges fupérieurs. O11 donne encore le nom d’ab-folution à une prière que l’on fait à la fin de chaque nocturne &des heures canonicales. On le donne aulli aux prières pour lesmorts.

ABSORIS, Isle, voyez ABSYRT 1 DES.

ABSTEMIUS , (Laurent) né à Macerata, dans la Marched’Ancône, dans le XV. fiècle, enfeigna les belles lettres à Ur-bin, & y fut Bibliothécaire du Duc Guido Ubaldo, auquel il dé-dia un petit livre fous le Pontificat d’Alexandre VI. où il éxpli-quoit quelques paffages difficiles des anciens Auteurs. On aencore d e lui, Hecatomythium , ou Recueil de cent fables , qu’ilaugmenta depuis du double, & une préface à la tête del’Aure-lius Victor, qui fut imprimé à Venifeen 1909. On ne lçait pass’il » furvécu de beaucoup à cette édition. * Gruter, thef. critiq.Gefner, epitome bibl. Bayle, Ai cl. critiq.

ABSTiNENS. Nom que l’on donne à certain hérétiques,qui s’élevèrent dans les Gaules & cnEfpagne fur la fin du 111 .liècle, dans le même tems que l’Eglile étoit affligée par la perfé-cution de Dioclétien & de Alaximien, Empereurs. Cette fecteétoit fortie des Gnoitiques & des Manichéens ; ceux qui la pro*feffoient décrioient le mariage, condamnoient l’ufage des vian-des, comme créées par le Démon; & mettaient le faint Efpritau rang^ des créatures. Le Cardinal Baronius lemble croire queces _ Abftinens étaient les mêmes que les Hiéracites, ou difciplesd’Hierax. Ce que Philaltre dit des Abllinens, ne convient pasnéanmoins en tout aux Hiéracites, félon la defeription qu’en fifitfiiint F.piphane ; au contraire, il peut s’appliquer parfaitementaux Encratites, dont le nom ne le peut mieux traduire que parcelui A'AbJtinens ou Continent. * Philaltrius, c. 84. Baronius,Si.C. 228- Prateole.

ABSYNTHIENS ou ABSINTHIENS, peuples de Thra-ce qui habitaient vers le Pont-Euxin. Hérodote en fait men-tion, /h. 6 . ic met une montagne nommée Abfynthe en cepays-la.

ABU

ABSYRTE , fieuve de Colchos, qui fe décharge dans la mttAdriatique, & qui tire fon nom d’Abfyrte, tué par Alédée. * Lu»cain, /. 9. Pline, A 9. t. 2 6. Strab. I. 7.

ABSYRTE , nommé aulli ÆGIALE'E, fils d ’Aete Roi deColchos & d’Ipfée, fut, félon quelques-uns enlevé par fa foeutMédée, qui s’enfuyoit avec Jalon. On dit que le RoiAètelapourfuivant, elle déchira par morceaux le corps de fon frèreAblyrte, & qu’elle le jetta de place en place fur le chemin, afinque fon père occupé à ramaffer ces trilles relies, ne la pût at.teindre. C’elt ainli qu’Apollonius, Cicéron & Ovide rapportentlachofe. Valerius Flaccus, liv. 8- des Argonautes, dit qu’Aëteenvoya Abfvrte avec une fiote pour pourfuivre fa fœur, & quel’ayant atteinte à l’embouchure du Danube, lorfqucjafon étaitfur le point de l’époufer, il troubla leurs noces, en menaçantde les brûler avec leurs vaiffeaux. Orphée dit qu’Abfyrte enpourfuivant fa fœur, tomba dans le Phafe où il fe noya. Plinerapporte qu’il fut tué fur les côtes de Dalmatie, où font les Islesque l’on appelle Abfyrtes. Hygirt prétend qu’il fuivit Médée SlJafon jufqu’à la mer Adriatique,'& qu’il l’atteignit fur les terres■du Roi Alcinoüs; qu’étant prêt d’en venir aux mains, ce Roife rendit médiateur entr’eux, & promit de rendre Medée à fonpère, fi Jafon n’en avoit point joui. Jalon averti de cette réfo*lution, coucha la nuit même avec Alédée. Enfin Abfyrte con-tinuant à les pourfuivre, fut tué par Jafon, Quelques-uns di-rent qu’Abfyrte n’étoit pas frère utérin de Médée ; mais qu’ilétoit né d’idea , fille de l’Océan, & première femme d’Aëte.* Apollonius, /. 4. Argon. Ovide, /. 9. triji. eleg. 9. Pline, /. 9.c. 26. Cicéron, /. 9. denat. Acer. & orat. Le même, de lege M*-nilia. Hyginus.

ABSYRTE, foldat de Nioomédie, qui combattit dans lesarmées de Conftuntin le Grand, & qui écrivit un livre très-utile,du foin qu’on doit avoir des animaux, & de l’art de guérir leschevaux. Cet ouvrage étoit autrefois dans la Bibliothèque desDucs de Milan. * Suidas, Calepin.

ABSYRTIDES, nom de deux isles fituées dans l’ancienneLiburnie, vers l’embouchure de la mer Adriatique, ou golfe deVenife, entre la Dalmatie au Levant, & l’Iftrie au Couchant.Elles font ainfi appellées, fi l’on en croit quelques anciens, par-ce qu’Abfyrte, fils d’Aëte, Roi de Colchide, y fut tué, ou parfa fœur Alédée, ou par Jafon. Ce fut dans la principale de cesdeux Isles, qui étoit confacrée à Minerve, & qui à été diver-fement nommé par les anciens Géographes, Abjyrtus , Abfork ,Abforus, Abjorrus ou Abjirtium. Les nouveaux Géographesprétendent que l’ancienne Abloris eft la petite Isle appellée Ofe-ro, qui dépend aujourd’hui de la République de Venife, & quia une ville épifcopale, fous l’Archevêché de Zara en Dalmatie.L’autre Abfyrtide eft la petite Isle de Cherfo, 11 voifine de la pre-mière, quelle communique avec elle parle fecours d’un pont. *Strabon, /. 8- Apollodore, /. 1. llygin, j'ab. 29.Ptolom. Pline.Baudrand.

ABU , voyez ABUHENUA 1 .

ABU, ABDALLAH. Il ÿ a trois Alufulmans de ce nom,dont Jafei a écrit les vies. Le premier eft furnommé Coraifchi,parce qu’il étoit natif de la Mecque, & de la famille des Corai»l'ehites. Le fécond porte le nom à’ Eskandtri ou A’ Alexandrin ;& le troiiième celui de Giovaberi. * D’Herbelot , hibhoth .orientale.

ABU AHA 1 ED BEN CASSF.AÏ , natif de la ville d’Amalic enNatalie, expliqua publiquement l’an 888- de l’Hégire, le livreque le Pere nommé Ahmed Ben Athaallab Al Crimi avoit com-pofé fur les points fondamentaux de la Religion Alufulmatie. *D’Herbelot, bibliothèque orientale.

AD U ALI, Géomètre Arabe excellent, & qui paffoit aullipour bon Poète, Horillbit en Egypte l’an 590. de l’Hégire, deJdus-Chrift 1199. * D’Herbelot, bibl. orient.

ABU ALI AL-AIODUAEFER, furnommé AlAlaovi, Arabe,eft Auteur de Nadhrat Al Agridh, qui eft un traité de l’artpoétique. 11 eft dans la Bibliothèque du Roi, mon. 1149. *D’Herbelot.

ABU ALI ATTALI, Auteur d’un ouvrage fur la GrammaireArabique, qui porte le titre de Bari. * D’Herbelot.

ABU ALI BEN MASSIBI, Alédecin Chrétien fort riche &fort débauché. * D’Herbelot.

ABU ALI EAIIR, dernier Prince de la maifonde Sangiour,qui tut défait & pris par le Sultan Mahmoud le Gaznovide. CePrince avoit été beaucoup loiié par le Poète Aboulfarah. *D’Herbelôt.

ABU ALI OMAR, eft le plus feavant des Grammairiens Ara-bes. * D’Herbelot.

ABU ASCHRAF , Auteur du Tarikh Al Abbas , c’eft-a dire,de la chronique des AbbaJJÎdes. * D’Herbelot.

ABUBABA , (fils de Mahamet) feizième Calife, ou fuccefi.feur de Alahomet, fut élevé fur le trône par les Arabes de Sy-rie, après la mort de Alaryan l’an 794. de Jéfus-Chrift. Alais ilne polleda pas feul l’Empire Alahométan : car les Pcrfes recon-nurent Zuldmin, autrement nommé Soliman, & furnomméAmir-eLMecelemm, c’eft-à-dire, Empereur des en fans du JalutLes peuples d’Arabie durent Abdallah, fils de Alahamet. CeuxD’Egypte fe fournirent à Celim le boiteux, qui établit le fiège deIon Empire au Caire, & fut le premier des Soudans ou Sultansd Egypte. Abderame demeura Roi d’Efpagne, où il étoit fortpuiilânt. lousces Califes néanmoins, à la referve d’Abdera-me, donnèrent à Abubaba le titre de Souverain Calife. La pré-nuere année du régné d’Abubaba, les Africains, originaires dupays, prirent les armes contre les Arabes, & fulminait contre la

loi