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Parlement que le 10. juillet 1657- & cependant M. de Mont-mort, M. de la Clumbre, M. le Chancelier Seguier, M.du Châte-let Abbé de Chambon, & M. Grenier, furent reçus pour taire lenombre qui fut fixé à quarante. M. Patru, qui hit reçu en l'an-née 1640. prononça un fort beau remerciement, dont on fut fifatisfait, que depuis ce tems-là tous ceux qu’on reçoit dans cet-te Compagnie, prononcent le jour de leur réception un difeours,auquel répond celui qui prelide. On délibéra dans les conr-mcncemens du nom que prendroit la Compagnie, & on choilitcelui de l ’Academie FmnçotJ'e. Quelq ues-uns l’ont nommée de-puis, l'Academie des beaux tjprits : quelques autres , l'Académied'éloquence , & d’autres , Y Académie eminente , par allulion à laqualité du Cardinal de Richelieu, qui lé déclara le Protecteurde cette affembiée. Mais elle ne s’eft jamais appellée elle-mêmeque l'Académie Erançoife. Ce nom n’eft ni fuperbe ni étrange,comme ceux des Académies d’Italie, qui fe iont piquées d’enprendre , ou de myftcrieux, ou d’ambitieux, ou de bizarres.L’Academie Françoife étant fous la protection du Cardinal deRichelieu, ht des ftututs, dont voici les principaux. Elle doitavoir trois Officiers; un Directeur, un Chancelier & un bée re-taire. La fonction du Directeur eit de preiider aux affemblées,
& de recueillir les avis ; celle du Chancelier eit de garder leslceaux de i’Academie, & de lceller les actes expédies par l’ordrede l’Academie ; la fonction du Secrétaire eit d’ecrire les refolu-tions, d’en tenir regiftre, de ligner tous les actes, & de gardertous les titres & tous les papiers de l’Académie : il doit aiiillcerire les lettres de l’Academie. Le Directeur & le Chancelierlé tirent maintenant au fort tous les trois mois, & font toujourshors de charge les trois mois paifez: iis ont été autrefois juDqu’a deux ans dans ia meme charge. Le Secrétaire s’élit parles iutfrages de i’Acadcqiie, & pour toujours ; le Directeur pré-iide aux aifembiees de la Compagnie ; le Chancelier prélide enl’abiénce du Directeur ; & par les ltatuts, le Secrétaire y préii-doit en i’abfence de l’un & de l’autre : mais par un réglementfait apres la mort de M. Conrart, l’honneur de ia preiidence, enl’abiènee du Directeur & du Chancelier, tut defere au Doyen dela Compagnie, le Secrétaire étant conferve dans les autres préro-gatives de fo charge, qui n’elt pas d’ailleurs incompatible aveccelle de Directeur ou de Chancelier. Tous les autres Acadé-miciens ne prennent point d’autre rang dans les affemblées quecelui que le hazard leur donne ; mais quand iis vont haranguerle Roi, & dans les autres occaiions publiques, hors du lieu ordi-naire des affemblées, le Directeur &ie Chancelier marchenc lespremiers, eniuite le Séerétaire & le Doyen ; puis tous les autreslùivunt le rang de leur réception. L’Academie , outre les qua-rante dont elle eit compofee, a un Imprimeur-Libraire , qui eitclu par les fuftrages de l’Academie, & reçu avec l’agrément duProtecteur. Cet Imprimeur peut fe trouver à fes aüemblées, &il foin d’imprimer les ouvrages que l’Academie donne en Ionnom. Les matières de Religion ne font point agitées dans i’A-cademie, & ii l’on examine des pièces de Théologie, ce nedoit être que pour les termes & pour la forme des ouvrages.Four les matières politiques & morales, ies itatuts portent qu’el-les n’y feront traitées que conformément a l’autorité du Prince,à l’etat du Gouvernement, & aux loix du Royaume.
Le jour & le lieu des aifembiees de l’Academie ont fouventchange, jufqu’a ce que le Roi ayant bien voulu s’en déclarer leProtecteur, après la mort du Chancelier Seguier, qui en avoitété Protecteur après la mort du Cardinal de Richelieu ; elle aeu un etabliffement fixe pour fes affemblées dans le Louvre, &dans la meme chambre où fe tenoit autrefois le confeil. Llles’affeinble trois fois la iémaine ; le Lundi, le Jeudi, & le Samedi,Lorfqu’un de ces jours tombe fur une fête, i’aiTembiée fe tientla veille. Avant cet établiliement, les aüemblées ont été tenuesdans quelqu’une (ies maiibns de ceux qui ont donné naiifanceà l’Académie , jufqu’en l’année 1645. Enfuite après la mort duCardinal de Richelieu, Al. Seguier, Chancelier de France permità la Compagnie de s’affembier chez lui.
En Décembre 163 7. on lit le projet d’un Dictionnaire, auquelon lé propofa de travailler ferieufement, le deifein de l’Acadé-mie étant de rendre la langue capable de la dernière éloquence.Il folloit, félon ia délibération de ces Meilleurs, dreifer deuxamples traites , l’un de Rhétorique, l’autre de Poétique. Maispour fuivre l’ordre naturel, ils dévoient être précédés par uneGrammaire & par un Dictionnaire, qui fût comme le trelbr destermes Sc des phrafes reçues. On propofa de foire un choix detous les Auteurs morts qui avaient écrit le plus purement ennôtre langue, & de les diitribuer à tous les Académiciens, afinque chacun lût les Auteurs qui lui feraient échus en partage ,pour en extraire les mots & les façons de parler, qu’il croiraiti rançoifes ; qu’on y pourroit ajoûter l’interprétation latine enfaveur des étrangers : qu’il y auroit des notes pous diitinguerles termes de la Poéiie, d’avec ceux du Ityle fubiime, du mé-diocre & du plus bas ; qu’on y obferveroic les accens aux fyl-labes longues, & qu’on y marquerait auili la différence de i’eouvert & de IV ferme, pour la prononciation ; que pour éviter lagroflèur du volume, on exclurait du Dictionnaire tous les nomspropres des villes, des montagnes, des mers & des fleuves qui fetrouveroient pareils en toutes les langues; comme auiii tous lestermes propres qui n’entrent point dans le commerce commun,& ne font inventés que pour la néceilité des arts & des pro-feflions; laiiîant à qui voudrait la liberté de faire des Diction-naires particuliers, pour Futilité de ceux qui s’adonnent à cesconnoiilances fpéciales. Quelque tems après, Al. Silhon , qui«toit Directeur de l’Academie, propolà s’il ne ferait point
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meilleur de fuivre les Dictionnaires communs, en y retranchantic ajoutant ce que l’on jugerait à propos ; mais on ne rélblutrien fur cette propolition; & avant que de commencer à tra-vailler au Dictionnaire, l’Academie ht des remarques fur le Cid,qu’elle publia par déférence pour le Cardinal de Richelieu ;après quoi ,& vers l’année 1639. elle commença à s’appliquerau travail du Dictionnaire. Al. deVaugelas , à qui le Cardinalde Richelieu fit rétablir la peniion de deux mille livres, dontil n’étoit plu payé, fut chargé de faire les premiers projets dechaque mot, pour être examinés par l’Academie ; èè commeelle 11e s’aüèmbloit alors qu’une fois la Iémaine , ce travail n’a-vança pas beaucoup. Il fut enfuite fort interrompu parla mortdu Cardinal de Richelieu en 1642. & par celle de AL de Vauge-lasen 1649. les cahiers du Dictionnaire , dont il etoit chargé,n’ayant pu être retires que quelques années après. Enfin cescahiers ayant été retirés , & l’Académie ayant ete établie dansle Louvre, fous la protection du Roi, le Dictionnaire a etc ache-vé d’imprimer en 1694.
Depuis cela , comine une Compagnie ne peut guères travail-ler en corps qu’à un ouvrage , dont les parties ne dépendentpoint néceffairement l’une de l’autre ; & comme on 11e içauroittravailier avec trop d’application à un ouvrage qui embrallètous les termes d’une langue , elle s’eit appliquée à la revifionde fon Dictionnaire ; & pour ia commodité du public, elle adonne en 1718- une nouvelle édition par ordre alphabétique detous les mots, au lieu que dans la première eiie n’avoit iuivique l’ordre alphabétique des mots litnpies, fous lefquels elleavoit rangé les compofés & les dérivés. Cependant elle n’apas lailfé de foire d’ailleurs quelques remarques lur la langue ;Ci en dernier lieu elle adonne des obfervaïionslur les remar-ques deAl.de Vaugelas. Ces obfervations rectifient les déd-iions que l’ufage auroit pû rendre moins juites depuis ia mortde cet illuitre Académicien.
L’Academie donne tous les deux ans , le jour de faint Louis,un prix d’Eloquence , & un prix de Poelie , dont elle fait pu-blier ordinairement les fujets un peu apres la faint Martin. Leprix d’Eloquence, qui elt une médaillé d’or de S. Louis , eftde 200. livres, & il a été fonde par Ai. de Balzac, qui a laiffé2000. livres de fonds pour ce fujet. Quant à celui de Poéiie,qui eft une médaille d’or du Roi, de la valeur de 300. livres,trois Académiciens en firent d’abord les frais ; un feul d’entr’euxles fit feul enfuite, après la mort des deux autres ; & après lamort du troiiième, toute l’Academie en corps en fit la depenfe,jufqu’à ce que Al. l’Eveque de Noyon , François de Clermontde Tonnerre , ayant été reçu dans l’Académie, fonda ce prixà perpétuité avec l’agrément de la Compagnie , moyennant lalomme de 3000. livres, conftituées fur l’Hôtel (le ville deParis.
1633.
1642.
1672.
1713.
PROTECTEURS DE L'ACADEMIE.
Le Cardinal de Richelieu.
Le Chancelier Seguier.
LE ROI LOUIS XIV.
LE ROI LOUIS XV.
LISTE DES ACADEMICIENS RECEUSdepuis la fondation de l'Académie.
Premiers Académiciens en 1629.
Antoine Godeau, depuis Evêque de Vence, mort en 1672.Jean Ogier, Sieur de Gombaud, mort en 1666.
Louis Giry , qui fe retira peu après.
Jean Chapelain , mort en 1674.
Philippe Habert, mort en 1637.
Germain Habert, Abbé de Cerify, mort en 1636.
Valentin Conrart, mort en 1673.
Jacques deSerizay, mort en 1633.
Claude de Alaileville, mort en 1647.
Académiciens reçus les années fui vantes , jufqu'en1634.
Nicolas Fatet, mort en 1646.
Jean Defmarêts , Sieur de S. Sorlin, mort en 1676.
François Metel, Sieur de Bois-Robert, mort en 1662.Guillaume Bautru , Comte de Serrant, mort en 1663.
Paul Hay, Sieur du Châtelet, mort en 1636.
Jean Silhon, mort en 1666.jean Sirmond , mort en 1649.
Amable de Bourzeis, mort en 1674.
Claude-Gafpar Bachet, Sieur de Me2iriac, mort en 1638.François Aleynard, mort en 1646.
Guillaume Colletet, mort en 1639.
Alarin le Roi, Sieur de Gomberville, mort en 1674.Marc-Antoine Gérard, Sieur de Saint-Amant, mort en 1661.François de Cauvigny, Sieur de Colomby, mort en 1648.
Jean Baudouin , mort en 1630.
Claude de l’Etoile, Sieur de Sauffay, mort en 1632.
François de Porchères d’Arbaud, mort en 1640.
Balthafar Baro , mort en 1630.
Honorât de Beüil, Marquis de Racan, mort en 1670.
En 1634.
Abel Servien, Surintendant des Finances, mort en 1659.Jean-Louis Guez , Sieur de Balzac , mçrt en 1634.
Pierre Bardin, mort en 1637.
L’êta. I. G »
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