Band 
Tome I
JPEG-Download
 

ACH

bilans font en partie Payens & en partie Mufulmans.' Elle eftéloignée de quinze journées delà ville d’Acgia Kcrmen, que l’onnomme aulïï Sarai Kermen; mais celle-ci eft liijette aux petitsTartares , & l’autre ne l’elt pas, * D’jHerbelot.

ACHÂ , en latin Acha, petite rivière du Duché de Bavière,qui a fa lùurcedans le Comte de Tirol, différente de celle qu’onnomme Achacha ou Achza. Elle coule un peu à l’Orient de larivière de Lech, &fe décharge dans le Danube presque vis.à-visde la ville de Neubourg. Il y a encore une rivière de même nomà l’Orient de celle-cy, qui fe jette dans le Danube au-delfus d’In-golftad. * Maty.

ACHAB & SEDECIAS, c’eftle nom que quelques Auteursdonnent aux deux vieillards qui voulurent furpr.endre S’ufannedans le bain. D’autres les nomment Amidus & Abidus. On lesappelle Vieillards, quoiqu'ils ne fuffent pas vieux, parce que lenom hébreu Zekenim lignifie Anciens , & marque la dignité plutôtque l’âge ; car ils étaient juges du peuple d’Jfraël. Ainfien grec lignifie Scnex & Senator, c’eff-à-dire, Vieillard & Sénateur;WÇf CjSujfÇüÿ- y Senior & Prctbiter , c’eit-à-dire , Vieillard &Prêtre. Ainii, les Latins ont dit Seniorpout Seigneur, & enFrançois même on appelloit le vieil de la montagne , celui quiétait Roi des affaffins , quoiqu’il fût encore jeune. Origènt ditqu’il avoit appris d’un Hébreu, que c’étoit une ancienne tradi-tion parmi les Juifs, que ces vieillards ou Anciens avoient tâchéde perfuader aux filles & aux femmes que le Aléllie naitroit del’un d’eux. Plujieurs femmes, dit-il Jè laijj'oient féduire-par ces four,bes, dans l'éfyerance de devenir mères du Sauveur ; mais SuJ’annene voulut point écouter ces difeours, dont elle reconnut l'artifice £«?lafaujjeté. Il y en a qui croyent que le Prophète Jérémie parlede ces deux vieillards dans le cbap. 29. & qu’ils furent brûlésvifs ; parce qu’alors dans la Chaldée le feu étoit le ehâtiment del’adultère. On ne peut rien ailûrer de politif fur ces différentesopinions, non plus que du tems précis auquel l’hiltoire de Sufan-ne arriva. Quoiqu’il paroiffe que ce fut dans la jeunelfe deDaniel, qui fut emmene captif, étant encore jeune, par Nabu-chodonolbr, lorfque ce Prince prit Jérufalem, l’an 3446. dumonde, 389- avant Jèfus-Chrilt. * Origen. epijt. adAfric, jerem.c. 29. v. 22. P. Daniel Huet, demonjbeat. evang.

ACHAB, Roi d’Ifraèèl, étoit fils d ’Amri, auquel ilfuccédal’an 3117. du monde, 918- avant Jéfus-Chrili L’Ecriture ditqu’il furpaffa en impiété tous lesRois d’ifraél qui l’avoient précé-dé. Il épouià Jézabel, fille d’Ethbaal Roi des Sidoniens, à lafol-licitation de laquelle il établit le culte de Baal en Samarie. LeProphète Elie, après lui avoir prédit qu’en punition de fes crimesil y auroit une fechereffe fur la terre, fe retira. Achab & Jézabelle firent chercher, & perfécuterent les Prophètes du Seigneur. Aubout de trois ans le Seigneur ordonna à Elie de fe preiènter de-vant Achab, a lin de faire tomber de la pluye. En chemin Elierencontra A bdias, Intendant de la maifon du Roi, & lui dit d’an-noncer à fon Prince qu’il le venoit trouver. Elie s’étant préfentéàiAchab, lit affembler le peuple d’iffaël fur le mont Carmel, &830. Prophètes de Baal, & demanda qu’on donna deux bœufs,unpour lui, & l’autre pour les Prophètes de Baal; & pour faire con-noitre qu’il étoit le Miniftre du véritable Dieu, il proçolâ qu’ilsmettroient chacun leur bœuf en pièces fur du bois, lans y met-tre le feu ; & que celui dont la victime feroit conlumee par lefeu, feroit reconnu pour l’adorateur du véritable Dieu. LesProphètes de Baal commencèrent les premiers , & invoquèrentinutilement leur Dieu , le bois fur lequel étoit leur hofrie ne fûtpoint enfiammé ; au contraire le bois & la victime du ProphèteElie furent confumés par le feu du ciel, aulli-tôt qu’il eut invo-qué le Seigneur. Le peuple fut converti par ce miracle; & re-connut que le Dieu qu’Elie avoit invoqué étoit le véritableDieu, Elie ordonna aux llraëlites de prendre les Prophètesde Baal, & de les paffer tous au fil de l’épée. 11 les fit conduireau torrent de Cifon; & le peuple fut fi ponctuel a exécuter lesordres de ce Prophète, qu’il n’en réchappa pas un feul. EnfuiteElie prédit à Achab qu’il tomberait bientôt de la pluye ; ce quiarriva fur le champ. Jézabel irrité de ce que les Prophètes deBaal avoient été mis à mort, menaça Elie de le faire mourir ;ce qui l’obligea de fe fauver une fécondé fois. Quelque temsaprès Aminadab Roi de Syrie vint ailieger Samarie, Achab lerepouffa, gagna une grande bataille fur lui, & l’obligea de fairela paix. Quelque tems après Achab voulut avoir une vigne quiappartenoit à Naboth, parce qu’elle l’accommodoit pour ag-randir les jardins. Naboth la lui refufa ; & Jézabel l’ayanttait accufer de blafphême par deux faux témoins, il fut lapidé& mis à mort. Achab fe vit ainii maître de cet héritage, oùElie lui vint reprocher fon crime, & lui annoncer la vengeanceque Dieu même en prendroit. Trois ans apres Achab ayant re-commencé la guerre contre le Roi de Syrie , y engagea Jofa,phat Roi de Juda. Quatre cens de ces Prophètes lui promirentla victoire ; mais le Prophète Alichée que le Roi de Juda avoitenvoyé chercher, dit hardiment qu’Achab feroit tue. Ce Prin-ce irrite de cette prédiétion, commanda qu’on le gardât enpri-fon, afin de le taire mourir à fon retour. Alais ce fut inuti-lement ; car Achab fut tué d’un coup de flèche, quoiqu’il fe futdéguifé. Les chiens léchèrent fon fang comme ils avoient lé-ché celui de Naboth. Son règne fut de 22. ans, & il mourutl’an du monde 3138. 897- avant Jéfus-Chrift. Ocholias fon filslui fuccéda. * III. des Rois, 16. îfijeq. II. Paralipoménes, 17. £cf18. Jofephe ; liv. 8. antiq.

ACHACICA ou ACHACHICA , bourgade de l’Amériquedans la nouvelle Efpagne, dans la Province du Mexique, ou il

ACH

63

«s

y a destines d’argent. Elle eft à dix-huit lieuës de la ville desAnges, qui fenomniala Puebla de los Angeles, & guèresloinduMéxique. * Thomas Gage , en fes rélations. Jean de Laët, dé.Jcription de l’Amérique. Baudrand, di(l. Géogr.

ACH AD, l’une des villes où Nemrod fils de Chus, & petit-fils de Cham, fils de Noé, régna dans la terre de Sennaar, oudans la Babylonie. Les Anciens croyent que c’eft Nifibe ; maiscette ville eft trop éloignée de la Babylonie, & des villes d’Arach& de Chalane, qui étaient du Royaume de Nemrod. Les S’ep.-tante nomment cette ville Arcade, fuivant l’ufage des Chal-déens, qui ajoutent un R. quand une lettre eft doublée. Cté-lias & Elien font mention du fleuve Argade dans la Sitacine,Province de Perfe, ou plutôt, félon Strabon, de Babylonie ; cequi peut faire croire que la ville d’Achacl était fituée fur ceneuve, & que c’eft celle que l’on a depuis appellée Gitace ; Gè-nèfe, 10. v. 10. Ilne la faut pas confondre avec Atad, villeau de-là du Jourdain, où furent célébrées les funérailles de Ja-cob. *Genèfe. 30. v. 10.

ACHAD , ville d’Islande, cherchez AUVAGDOGNE.

ACHiÉUS, "voyez ACHÉ'E ci-deffous.

ACH AI A , vieille fortereflè abandonnée, fur une hauteurprès de Fatras, dans la Morée. * Spon, voyage de Grèce.

ACHAIACAZA , forte place fur l’Euphrate dans la Méfo-potamie, où l’on tenoit ordinairement grolfe garnifon. * Am-mian. Marcellin. Ortelius.

ACH A IC A RU S, certain Devin du Bofphore, dont Straboiifait mention, Liv. XVI.

ACHAIE, Province, ainfi nommée d’Acheus, fils deXuthus,fils d’Herlin, & petit-fils de Deucalion, qui chaffé de Thefîalie,s’empara du Péloponèfe, & eut de Creufa, fille d’Ereéthée Roid’Athènes, Acheus & Ion , dont l’un fut Auteur des Achéens, &l’autre des Ioniens, vers l’an 2683. du monde! 1350. avantjé-fus-Chrift. Le nom d’Achaïe fe prend en trois manières.1. Pour une grande partie de la Grèce que Ptolomée appelleHellade, & Pline le Jeune, Grèce. Elle étoit bornée du côté duSeptentrion par la Theffalie, de laquelle elle étoitîfeparée par lefleuve Sperche, par le Golfe Maliaque, & par le mont Oëtas.Du côte de l’Occident, elle touchoit à l’Epire , & en étoit fé-paréepar le fleuve Achelous. Du côté de l’Orient, elle étoitbornée de la mer Egée, & de celle de Myrtos, jufqu’au pro-montoire de Suine ; elle avoit au côté du Midi le Péloponèfe ,

__i „n„ -_TO-i-i~ ---- ...-ii -t ~

HltgAHUÇ y IA X 11 UWUW f I ICI JDDGI1UC OC 1H JJOnûe. %■ Lu A"

chaïe, proprement prife, eft un pays du Péloponèfe, entre la Si-cyonie & l’Elide : ce font les habitans de ce pays qui compo-foient l’ancienne République des Achéens. Leur principale villeétoit Pallène, &les autres, Egire, Eges, Bure, Helice, Egion, Ry-

Ç es, Patres, Phores, Olène, proche le fleuve Peros, Drimée &’ritée. 3. On donne le nom d’Achaïe à tout le Péloponèfe'. C’eftainfi qu’il étoit appellé quand la Grèce fut foûmife aux Romains;car le Proconful d’Achaïe gouvemoit tout le Péloponèfe. Lapremière Achaïe eft aujourd’hui appellé Livadie , voyez LIVA-DIE. La fécondé, C larence , à caufe du Château de ce nom; &latroifième, la Morée. Le Duc de Savoye prétend que cette der-nière lui appartient par le mariage de Philippe, fils de Thomas ,■avec IJ'abelle de Villenardoûin, qui étoit fille & héritière de Guil-laume Prince de l’Achaïe & de lu Morée , veuve de Philippe Dued’Anjou, & de Florént Comte de Hainault. Charles Duc d’An-jou obligea en 1307. Philippe de lui céder fes droits. Cepen-dant les défeendans de Philippe en retinrent le titre. Amédée,petit-fils de Philippe, en traita avec les Vénitiens, en 1387. Amé-dée VIII. Duc de Savoye, ayant recueilli en 1418. la fucceflionde Louis de Savoye, frère d’Amédée, glont nous venons de par-,1er, a transmis fes prétentions à fes fucceffeurs. Mahomet II.s’en eft emparé dans le XV. fièclefur Démétrius & Thomas, filsde l’Empereur Grec Conftantin Dragafes. Les Vénitiens ontachevéde la réduire entièrement fousleur domination en 11189.& l’ont perdue depuis. * Plin. I. 4. c. 4. Ptolom. /. 3. c. 13. Pau-fan. /. 7. Strabon, /. 8- Briet, Geogr. Baudrand.

ACHAIE. Les Prêtres d’Achaïe, c’eft le nom, que l’on don-ne aux éccléfiaftiques, lesquels ayant été témoins du martyrede l’Apôtre S. André, en écrivirent l’hiftoire. On n’ignore pasque la plupart des anciens Pères dei’Eglife, & même le Pape Gé-,lafe, ont mis lesaétes de S. André parmi les ouvrages apocry-phes; & c’eft avec raifon qu’ils l’ont fait; car il eft «mitant quedès le commencement de l’Eglife il y a eu des aétes de cet Apô-tre, compofcspar des hérétiques. Ceux qui approuvent les aétesque nous avons aujourd’hui, foutiennent qu’ils font les légitimes,& qu’ils font différens de ceux qui avoient été fabriqués ou pub-blés par les Manichéens. Cependant faint Epiphane & les autresqui ont condamné ces aétes des hérétiques, auroicnt-ils ignoré,qu’il y en avoit de véritables? Ils n’en ont point parlé ; & c’eftdéjà un grand préjugé contre les aétes de faint André, qui fontparvenus jufqu’à nous. 11 femble qu’ils doivent être affez moder-nes, puisqu’ils n’ont été cités que par des Auteurs qui ont vécudepuis le Vil. fiècle. Tels ont été Ethère , Evêque d’Ofine enEfpagne,Remi d’Auxerre,Lanfranc, Pierre Damien, Ives deChar-tres, S. Bernard, &c. D’ailleurs ces aétes n’ont point ce cataétè»re de vérité & d’antiquité, qui diftingue incontcftablementlespièces originales. Ils font trop fleuris, & n’ont rien de la frm-plicité des tems apoftoliques. La Confeflion de la Trinité y efttrop expreffe pour ces premiers tems,la confubftantialité duPère& du Elis trop marquée, & la procelfion du Saint-Efprit expli-quée, fuivantî’errsux des nouveaux Grecs, On dit qu’il y ade*

manu-