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la Reirve Catherine, veuve de Henri V. ou liais du Royaume,comme Ifabelle, qui s’étaht remariée à Hugues Comte delàMarche, après la mort de Jean fans terre , conferva le titre deReine. Si elle eft Reine héréditaire d’Angleterre, fa conditiondt encore plus relevée, puifqu’elle n’eft point lujette de fonmari; mais au contraire fa Souveraine, lorfqu’il n’eft. pas ap-pelle lui-même à la Royauté, comme Guillaume Prince a’Oran-ge le fut. Les fils & les filles du Roi, ou de la Reine, li c’eftelle qui porte la couronne, font appelles enfans d’Angleterre ;le fils aine eft Duc de Cornouaille né ; & à l’égard de ce Du-ché, il eft préfumé majeur dès le moment de la nailfance, pouren reclamer les droits & titres ; mais les terres & les domainesde ce Duché font aliénés, & il n’en refte au Prince que les mi-nes d’étain. 11 eft créé enfuitePrince de Galles par des lettres
Î latentes, qui lui donnent droit de tenir cette principauté pourui & pour fes hoirs Rois d’Angleterre La cérémonie de l’in-veftiture fe fait en lui mettant fur la tête une couronne ducale,à la main une verge d’or, & un anneau d’or au doigt; fa cou-ronne eft compofëe de croix & de Heurs de Iis, fermée d’unearche feulement, & au milieu une boule avec Une croix. Onlui donne encore par des lettres patentes les Comtés de Che-fter&deFlint & à ces titres il joint celui de Duc .d’Aquitaine,Comme fils ainé du Roi d’Ecoffe, il eft Duc de Rotfai, & Grand-Sénéchal du Royaume. Ses armes font les mêmes que cellesd’Angleterre, avec cette différence, qu’au chef on ajoute unlambel à trois pointes, chargé de neuf tourteaux ; le timbre eftembelli de trois plumes d’autruche, avec ces mots, ich d/en,qui lignifient je fers, C’étoit la dévife de Jean Roi de Bohême,qui combattoiten 1346. pour les François à la bataille de Cré-cy, où il fut tué. Edouard Prince de Galles, fils du Roi EdouardIII. qui eut le principal honneur de la victoire, en retint cettedévife , que fes fucceffeurs ont confervée. Les autres enfanslégitimes du Roi font faits Ducs ou Comtes, & non pas nés. Ilsn’ont aucun appanage certain ; mais d’ailleurs ils font Confeillersd’Etat nés, & ils portent des couronnes compofées de croix &de fleurs de lis, on leur donne le titre d’Altelfe Royale. Tousles fujets du Roi fe tiennent découverts en leur prél'ence, &hors de la vûë du Roi on leur fert à boire à genoux. En-fin, les filles du Roi ont le titre de Princeffes ; & tous ceuxqui font du fang royal ont le pas au-deffus de tous les autresfujets.
RELIGION B'ANGLETERRE.
La Religion des anciens Bretons, avant la nailfance de Jéfus-Chrift, étoit prefque la même que celle des Gaulois. _ Ils ^ado-raient pourtant quelques Divinités particulières. Tacite, Célar,Dion, & quelques autres v les acculent d’avoir eu un grand atta-chement pour la Magie. La tradition des Anglois eft qu’ils ontreçu la foi par Jofeph d’Arimathée ; mais il ferait affez difficiled’en donner la moindre preuve. Ils difent encore que Lucius,qui vivoit dans le IL fiècle, envoya demander au Pape Eleuthè-re des Millionnaires , pour achever d’inftruire fes fujets dansla connoiffance de l’Evangile ; que ce Pape lui en envoya , &que Lucius fut baptifé avec plufieurs de fes Bretons.. Au moinsTertullien, qui vivoit dans le même tems , témoigné que laGrande-Bretagne, qui étoit inacceffible aux Romains, étoit foù-mife à Jélùs-Chrift, Et Britannorum inaccejju Romanis lésa,Chnjio verofabdita. Ce qu’on doit pourtanF particulièremententendre des Isles Hébrides, ou de cette partie feptentrionalede la Grande Bretagne, qui n’étoit pas foûmife aux Romains.Saint Athanafe fait mention des Evêques delà Grande Bretagne,qui aftiltèrcnt au Concile de Sardique, & Reftitut,Prélat du mêmepays, fouferivit au premier Concile d’Arles, tenu vers l’an 314.Dans le liècle fuivant les difciples de Pelage, qui étoient An-glois, répandirent le poifon de fes erreurs dans la Grande-Bre-tagne, où faint Germain d’Auxerre, & Paint Loup de Troyes,allèrent les combattre, avec un très-grand fuccès. Mais les Sa-xons qui étoient Payens, s’étant établis en Angleterre, & en ayantchaifé les Bretons, y firent recevoir leurs fuperftitions. Ils enfurent retirés par les prières & parle zèle d’une Princeffe de lamaifon de France nommée Berthc. que quelques Auteurs nom-ment-zMe/iwgf, fille de Charibert Roi de France, & d’Ingober-ge. Elle fut mariée à Ethelbert Roi de Kent; & ce Princequ’elle avoit prévenu fur les vérités de la foi, écouta avec plaifirle Moine Auguftin, que le Pape faint Grégoire le Grand lui en-voya en 396. Quelque tems après il reçut le baptême avec dixmille de fes fujets, convertis par les prédications du même Au-guftin, qu’on a nomme Y Apôtre d’Angleterre, ce qui y fut Evê-que. Depuis, les Anglois avoient été très-foùmis à l’Eglife Ro-maine & la Religion avoit toujours fleuri dans leur Isle. LesRois même fiiifoient fouvent des voyages.à Rome, pour y ho-norer les reliques desfaints Apôtres faint Pierre & faint Paul; &leurs Etats étoient fi parfaitement fournis au Saint Siège, qu’onlui payoit une éfpèce de tribut annuel, nommé le denier de famtPierre. On croit que ce fut le Roi Egbert qui s’engagea à ce tri-but de pieté ; mais il eft plus fur que ce fut Inas Roi de Weft-fex , qui vivoit vers l’an 720. Quoiqu’il en foit, les Angloisavoient eu un extrême foin d’éloigner les Hérétiques de leurIsle, où ils n’en fbuffroient aucun. Ceux qui y étoient paffésd’Allemagne fous le règne de Henri II. vers l’an 1160. y furentmarques d’un fer rouge au milieu du front. Les Vaudois, &les difciples de Wiclef, n’y furent pas traites avec moins de fé-vérité. La Religion Catholique s’y étoit confervee durant plu-fiturs fiècles, lorfque la Religion Proteftante s’y gliffa, fous lerégne de Henri VIII. Ce Prince, qui l’avoit combattue par fes
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écrits, qui lui avoient acquis le titre de Défenfeur de la Foi, vou-lut epoufer Anne de Boulen, dont il étoit éperdument amou-reux, & répudier Catherine d’Aragon fa légitime époufe. j. ePape Clement VII. lui en refufa la difpenlè ; & ayant lcù qu’ilavoit fait diffoudre fon mariage, il prononça une fentence d’ex-communication contre Henri, qu’il différa de publier, à la prièrede François I. Roi de France. Ce Monarque ayant vû le Papeà Marlèille. & en ayant obtenu ce délai, dépêcha fur l’heureJean du Bellay Evêque de Paris, vers le Roi d’Angleterre, pourl’éxhorter à ne fe point féparer delà communion de l’Eglife Ro.maine. Henri lui promit ce point, pourvu que le Pape différâtde publier l’excommunication ; & du Bellay courut en polie àRome porter cette nouvelle, & demander du tems, éfpérant fairerevenir Henri VIII. & l’engager à ne point faire de ruptureavec la Cour de Rome. Mais les partifans de l’Empereur Char-te 8 V. firent préferireun éfpace trop court ; & le jour fixé étantexpiré, avant que le courier d’Angleterre fut arrivé à Rome, ilseurent affez de crédit, pour faire prononcer la fentence d’ex-communication, & la faire afficher dans les places accoùtumees.Le courier d’Angleterre arriva deux jours après, apportant unpouvoir très-ample, par lequel le Roi fe l'oùmettoit au jugementdu Saint Siège ; mais ce fut trop tard. Le Pape reconnut lafaute qu’il avoit faite, & ce que coûterait à la Religion Romainela complaifance qu’il avoit eue pour les Efpagnols. En effet,elle caufale changement, qui a retranché l’Angleterre de l’EglifeRomaine. Car Henri irrité de ce qu’on l’avoit fi peu conüdé-ré à Rome, réfolut de fe fouftraire entièrement de l’obéîffance duPape , fe déclara Chef de l’Eglife Anglicane, & perfecuta tousceux qui s’oppofèrent à fon changement. Ce fut en 1534. qu’ilcontilqua les biens des Monafteres, & ruina près de dix milleEglifes. Elifabeth étant montée fur le thrône après fa fœurMarie abolit entièrement la Meffe en Angleterre ; & dès le len-demain de la fête de faint Jean-Baptifte, on y vit ceffer le fervi-ce divin à la manière de J’Eglife Romaine, en 1539. LesCal-viniftes y ont eu depuis beaucoup d’autorité, On y foudreauili des Luthériens, des Zuingliens, des Anabaptiftes, des Qua-kers ou Trembleurs, qui affeétent un certain tremblement decorps, lorfqu’ils prient ou qu’ils prophétifent ; des Browniites,qui lont ies feétateurs d’un certain Brow, Docteur dans le Com-té de Northainpton ; des Indépendans, des Presbytériens, quel’on appelle aufli Puritains, &c. Ces derniers, qui rejettent legouvernement épifcopal, & la liturgie reçue, cauferent les trou-bles arrivés fous le régné de Charles I. après le convenant faitl’an 1644. en Ecoffe. C’étoit une forte de confédération pourchaffer les Evêques, fans vouloir fe foùmettre à une déclaration,par laquelle le Roi ordonnoit que les Eglifes d’Angleterre &d’Ecoffe obfervaffent les mêmes cérémonies : ce qui s’appelloitla conformité. Le Parlement, qui étoit alors prefque tout com-pofe de Puritains, s’éleva contre Charles I. & le fit mourir. Laprémière action que fit Charles II. fon fils après fon rétabliffe-ment, fut de rétablir les Evêques dans leurs Diocefes, & d’enremettre où il en manquoit. La doétrina de foi des Anglois eftcontenue en 3 9. articles, & en ce qu’ils appellent le Lime des Ho.melies. Ils ont auili leur liturgie particulière, & le livre qu’ilsnomment des canons. C’eft le Roi Edouard VI. qui leur a don-ne leur liturgie, & le cérémonial de l’ordination des Evêques,qui ne conlifte que dans l’impofition des mains, accompagnée deces paroles Recevez le famt EJprit. Les doutes qu'on forma furla validité de pareilles ordinations, donnèrent occalion à un arrêtdu Parlement de l’an 1339. qui les déclara valides, & autorila enmême tems la liturgie. Quoique le Roi foit Chef de l’Eglife An-glicane, comme on a dit ci-deffus, tous les Rois qui ont régnédepuis Henri VIH. n’ont pas crû devoir fe conformer à la do-ébine la plus commune dans leur Etat. Jacques JU. étoit de laReligion Catholique Romaine. Guillaume III. étoit de la Reli-gion Réformée, comme elle eft établie en Hollande. La ReineAnne faifoit profeifion de la Religion Anglicane, & Georges-Louis Duc d’Hanover, à préfent régnant, eft de la ReligionProteftante.
CONCILES D’ANGLETERRE.
Nous parlerons ici en général de quelques Conciles tenus enAngleterre ; parce qu’on ignore le lieu auquel ils ont été alfem-blés. Saint Germain à’Auxerre, & fàint Sévère de Trêves, quel’Eglife de France y avoit envoyés, pour s’oppofer aux erreur*de Pélage, affemblerent en 446. un Concile dont le vénetableBèdeafait mention. On croit pourtant qu’il fut tenu à S. ALban, ou Vendant. En 312. faint Dubrice fut élù dans un Con-cile Archevêque de Carleon. Les Pélagiens, qui avoient renou-vellé leurs erreurs, & qui les répandoient en Angleterre, furenttous condamnés dans un Synode tenu en 519. Depuis, le MoineAuguftin aflèmbla vers l’an 604. un Concile, dont le venerableBède parle auili. On y finit un fchifme qui s’étoit introduit dan*l’Isle, pour la célébration de la fête de Pâques. Théodore deCantorbéry tint en 67a. un Concile pour l’union de l’Eglife ; Stun autre en 679. ou 6 80. contre les Monothelites. On croitqu’ils furent aifemblés à Herford. En 70t. 703. & 707. les Pré-lats s’affemblérent en Synode pour les affaires de l’Eglife An glLcane. Dans un autre, que le Roi Inas fit tenir vers l’an 712.fous le Pontificat du Pape Conftantin, on parla des mariagesd’entre les Bretons, les Saxons & les Ecoffois. Tous les Grandsdu Royaume, &les perfonnes de mérite y furent appellés. Versl’an 890. ou 894- Pleimond de Cantorbéry célébra un Concilepour la difeipline. Le Roi Edouard publia l’an 906. de bellesluix fur la difeipline cccléfiaftique. Son fuecellèurEtheliHn