ASS
ASSASINIENS, certains peuple* qui habitaient dix ouiouze villes près de Tyr, dans la Phénicie. Ils .fuivirent leserreurs de Mahomet, & avoient coûtume d’élire un Roi parmieux qu’ils nommoient l’Ancien , ou le Vieil de la Montagne ,dont le nom eft affez connu dans les anciens Romans. Ilsnourrifl'oient de jeunes gens pour affaffiner ceux qu’ils vouloientfoire périr. Ces peuples payoient un tribut annuel aux Tem-pliers, & s’offroient de fefaire Chrétiens, fi on vouloit les dé-charger de ce tribut; mais les Chevaliers du Temple le réfuté-sent : ce qui caufa la ruine de la Religion dans l’Orient, & laperte du Royaume dejérufalem. Les Auteurs parlent diverfe-ment de ces peuples. On croit qu’ils formoien: un ordre deChevalerie Mahométane ; qu’ils nommèrent le lieu où ils de-meuro'ent, le Paradis s qu’ils vivoient dans les plaifirs & dansles délices; & qu’étant prévenus qu’ils joùiroicnt dans l’autrevie de plsifirs encore plusfolides, pourvu qu’ils fiflent ce qu’onleurconrmandoit, ils s’éxpofoient à toute forte de dangers, pourobéir aux ordres de leur Ancien de la Montagne. En 125 r.ils affallinèrent Louis de Bavière. Le Sire de Joinville dit que1 ’'Ancien envoya en 1252. des préfens au Roi faint Louis, quiétoit encore en Syrie ; & que ce fage Prince lui en fit à Iontour par Frère Yves le Breton, lequel parlant très bien la lan-gue Sarafine, prit occalion de prêcher la foi de Jéfus-Chrift »mais fans fticcès. D’autres Auteurs, & entre autres Guillaumede Nangis, obfèrvent que dés-l’an iaî<5. ce pieux Roi avoitcouru rifque d’être alMiné par ces gens-là ; mais que le Vieuxde la Montagne lui ayant envoyé d’autres de fes gens en diligen-ce pour l’avertir de fe précautionner, on découvrit par leurmoyen ceux qui dévoient faire le coup, qu’on renvoya lesuns & les autres chargés de préfens. Il fàlloit pour de pareillesentreprifes que le Vieux de la Montagne eût auprès de lui desgens qui fquffent toutes les langues. Dès l’an 1192. deux Affafi-niens tuèrent publiquement à Tyr le célèbre Marquis, élû Roipar les Chrétiens du Levant : & Léopold Duc d’Autriche ayantarrêté Richard Roi d’Angleterre , qu’il croyoit coupable de cetafTalfinat, le Vieux de la Montagne eut foin de l’en déchargerpar une lettre qu’il écrivit à Léopold, & que Tréveth a confér-vée dans fa chronique ; où après avoir rtndu compte des raifonsqui l’avoient engagé à faire périr ce Prince, il ajoute qu’il nefaifoit tuer perfonne, s’il n’en avoit reçu quelque offen r e, &ligne du Château de Médias, l’an mil cinq cens cinq depuisAlexandre. En 1157- lesTartares, fous leur Roi Allan ou Ha-loén, défirent les Aff finiens, prirent leurs villes, & firentmourir le Vieil de la. Montagne ; néanmoins on pourroit croireque ce peuple barbare ne fut pas entièrement détruit, parcequ’en 1272. Edouard fils d’Henri III. Roi d’Angleterre, & de-puis Roi, fut blelfé d’un coup de poignard empoifonné par unAlfjfinien , sinfi que le rapporte Guillaume de Nangis; m is Tre-veth parlant de la même chofe, donne à entendre que le motA’Ariacide ou Alfafinien n’eft employé tant par lui que par Guil-laume de Nangis, que pour lignifier ce qu’on entend préfente-ment par le mot ajjajfm ; car il dit que ce fcélérat avoit vù fou.r ent le Prtnce, & avoit entrée chez lui, comme Député de l’A-niral de Jaffa ; & l’on fqsit que les gens du Vieux de la Monta-tne ne fe mettoient p:.s ainfr au fmice des puiflances voifines.Le I. Concile général de Lyon tenu en 1245. r ous Innocent IV.excommunia ceux qui prenoient le parti de ces Affafinitns.Peut-être cette condamnation ne teg»rdoit-elle que l’Empereurfré : erc IL qu’on foupqonnoit d’entretenir un commerce fecretavec l’Ancien, & d’avoir fait tuer Louis de Bav ère. Les Au-teurs ne donnent pas tous le même nom à ces peuples ; il y ena, comme Guillaume de Neubriee, qui es appellent Hanfififiens ;d’autres, comme Anne Comnène, & Nirétas Choniate, les nom-ment Cbafiens > le Site de Jomville, Beduins , Nicole Gille, Ar-facidets Vofiterran & Paul Emile, AJfaJftm , &c. mais ces deuxderniers noms font véritablement une corrupt’on. C’eft d’euxque les Occidentaux ont emprunté le mot d’Ajj'aJJïn , pour dé-signer les meurtriers de guet-à pent. * 1. Concile de Lyon, cap,1. debout. in 6 . Guillaume de Tyr, kijl. orient. I. 20. c. 11. &?i. Joinville, mem. c. Sponde A.C. ia;i. ». 4. 6. & iîS7.
ASSEDI ou ASSADI, l’un des plus célèbres Poètes Perfiensdu Chorafan , fut le M.ûtre de Ferdoufi, & il lui donna le def-fèin du Scbeh-nameh, Poème, qui comprend toute l’Hilioir#des anciens Rois de Perfe. Ferdoufi ayant été obligé de s’enfuirde la Cour du Sultan Mahmoud, & de fe retirer à Thous, foupays natal, y trouva Afi'edi fon Maître, & lui raconta fa difgra-ce, & la peine dans laquelle il fe trouvoit, à caufe de fon âge &de fes incommodités, de ne pas pouvoir achever fon ouvrage : caril craignoit, avec raifon, qu’on ne pût pas trouver après famort un autre Poète qui y voulût mettre la main après lui. Affe-di lui dit, que fi Dieu lui donnoit allez de vie, il entreprendroitlui-même ce travail. Ferdoufi lui répliqua qu’il étoit trop avan-cé en âge, après quoi ils fe réparèrent. Après s’être quittés,Aifedi prit la plume, & fans h quitter, compofa quatre millevers', qui font la conclufion du Schah nameh , & qui commen-cent par la conquête que les Arabes firent de la Perfe fous le Ca-lifat d’Omar. Entre les autres ouvrages de ce Poète , on fait étatparticulièrement d’un Poème, où font décrits fort éloquem-ment les avantages de la nuit fur le jour. Voici des échan-tillons de fa Poéfie :
Tu et b homme , le miroir des deux mondes :
Il faut que tu t’y confédérés attentivement ;
Afin qu’au travers de ce qui paroit , tu découvres cequi eji caché.
ASS 5Q5
Un autre. La vie de ce monde n’eji qu’un voyage, qui fe fait degîte en gîtes
Et tout ce qui s’ypajfe eji plus léger que la voix, qui fortde la bouche, qui frappe l’oreille.
Un autre. Quand l’Amour la haine combattent enfimhledans un caur, malheur au verre qui choque lapierre,
C’eft-à-dire, que la haine l’emporte toujours fur l’amour. *D’Herbelot , bibliotb. orient.
ASSEDIM, ville de la Paleftine dans la Tribu de Nephtali,* Jofué, 19. v.
ASSEFS, en Perfe, font des Gouverneurs que le Roi ami*dans certaines Provinces, en la place de quelques Chams, qu’ila fupprimés; parce que le grand nombre de leurs Officiers, quiégaloient prefque ceux de la Maifon du Roi, confumoient laplus grande partie du revenu de ces Provinces. * Tavernier,voyage de Perfe.
ASSEN , petite ville de Hollande, dans la Seigneurie d’O-wer-Yffel, où elt la Jurisdiéhion du pays de Drente. * Bourgon,geograph. hifi.
ASSEN S, AJfenum, Afnefum, petite ville de Danemarck,fituée dans l’isle de Fyonie , fur le petit Belt, où elle a un bonport. * Maty , diflion. geopraph,
ASSER, Rabbin, qui vivoit dans le IV. fiècle, vers Pan 567.eft Auteur du Talmud de Babylone, qu’il n’acheva pourtant pas.D’autres eurent ce foin vers l’an <>00.
ASSER ou ASSERIUS, Evêque de Salisbury en Angleterre,vivoit dans le IX. fiècle. Il étoit natif du pays de Galles, &prit l’habit de Religieux Bénédictin à faint David, où il fut Sé-crétaire de l’Evêque. Depuis, il fut Précepteur des fils d’AlfredRoi d’Angleterre ; & enfin il fut mis fur le fiège de l’Eglife deSalisbury. If a écrit divers ouvrages, & entr’autres la vie d’Al-frède, & une Hiftoire d’Angleterre. Le premier de ces ouvra-
f es fut imprimé l’an 157;. à Zurich, & fut mis depuis entre lesxtivains de l’Hiftoùe d’Angleterre. Godwin met la mort d’Af-fer en 88;. Mais celui qui a continué l’Hiftoire de ce mêmePrélat, affure que ce fut en 909. * Bulæus , de fiript Britan,Pitfeus, de fiript. Angl. Godwin , de Epifiop. Salishur. Vof-fius , de Hifi. lat.
ASSERA » Ajforus, ville de la Turquie en Europe. Elle eftdans la Macédoine fur la rivière de Vera , environ à cinq lieuêsde la ville de Salonichi, du côté du Septentrion occidental. *Baudrand.
ASSER AC C Marquis d’) voyez RIEUX.
ASSERIM, Ajjerimum, Château affez fortifié de l’Indoftanou Empire du grandi Mogol, au Royaume de Cambaye. Onl’appelle autrement, la Roche d’Affermi , à caufe de fa lîtuationfur une roche. Il appartient aux Portugais depuis long-tems, &eft éloigné de quinze lieues de Surate. * Maffée.
ASSERIUS , Evêque de Salisbury, voyez ASSER.
A SSES (les) AJja, peuples de la Guinée en Afrique, dansla côte d’or, mais fort avant dans les terres, & au Couchant deRiodeVolta. * Jean Léon.
<5 A SSIDE'ENS, feéte de Juifs, qui furent ainfi nommés dumot Hébreu Çhafidim ou Tjaddikim Ion fynonyme, c’eft-à-direJuJies. Ces noms étoient oppofés à celui de Refihagnim, quilignifie méchans. Dans la fuite du tenu les Çhafidim fe diftïn-guérent des Tfaddikims ceux-ci s’attachant précifément auxpréceptes de l’Écriture-fainte ; & les autres affedant un degré dsfainteté plus éminente que celle qui étoit commandée par la loi.Ainfi il y avoit alors des Juifs de trois fortes ; ceux qu’on ap-pelait Méchans ou Impies ,• ceux qu’on nommoit Jufies; &ceux qu’on éftimoit Saints, le peuple ayant une grande vénéra-tion pour ces derniers. De ces Affidéens qui établirent les œu-vres de furérogation, & qui ne les tenoient plus pour indifféren-tes , mais très-nécéffaites , fortirent depuis les Pharifiens ; & deceux-ci les Efféniens, qui prêchèrent ensemble au peuple, queleurs traditions étoient plus parfaites que l'Ecriture. Ces deuxdernières feétes étoient oppofée3 aux Saducéens, qui enfeig.noient qu’on ne devoit point éfpérer de récompenfe de bonnesœuvres en l’autre vie, ni craindre la peine qui eft dûë aux cri.mes, & qui nioient la réfurrection des morts. D. Calmet préfu.me que les Affidéens font les mêmes que les Efféniens. Scaligera prétendu que les Affidéens étoient une Confrérie de Juils,dont la principale dévotion confiftoit à entretenir les édifices duTemple. Ils ne fc contentoient pas de païer le tribut ordinaired’un demi ficle par tête, ordonné pour l’entretien du temple,ils s’en impofoient volontairement d’autres. Ils juroient par leTemple, ilsoffroient tous les jours, hors le onzième du moisde Tisri, un agneau en facrifice, qui étoit appelle l’oblation desAffidéens pour le péché. Et c’eft de cette ferfte que fortirentles Pharifiens, qui produisirent les Efféniens. * D. Calmet Dici,l. Machab. 7. v. 1 ;. & Com.
ASSIENTO, mines célèbres, voyez GUANCABELICA.
AS SIETE-IRMAOS , Isles d’Afrique, dans l’Océan Etbio-
f ique, ainfi dites pat les Portugais qui les ont découvertes ; lesranqois les appellent lesfipt Frères} parce qu’elles font fept ennombre. * Baudrand.
ASSIGN ANO ( Benoît d’) ainfi nommé du lieu de fa naif-fance dans le Mnlanés, entra dans l’Ordre de faint Dominique,Tom.l. Ffffa cù