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qu’il vouloit attendre , avec cette armée à peinede 5o,ooo hommes, que prefque toutes lesforces autrichiennes en Allemagne fe fuffent réu“nies contre lui fur toutes les direclions , et fefulFcnt emparées de tous les palfages par lefquelsil étoit forcé d’effeftuer fa retraite.
Toute retraite vers un point fort éloigné eftdéjà, par elle-même une des opérations les plusdifficiles de la guerre ; mais ici toutes les diffi-cultés ordinaires dans les autres guerres fe pré»fentoient fous des proportions coloffales : éloi-gnement très-conlidérable, communication cou»pée avec Ion pays : derrière foi, nul autre cheminqu’à travers des paffages étroits, déjà barricadéspar d’énormes abattis , et garnis de troupes etd’artillerie : en front et en flanc , de nombreuxcorps ennemis, dont une partie revenoit de lapourfuite d’une des armées françoifes , et mena-çoit actuellement de cerner et détruire entière-ment l’autre. Mais ce n’étoit pas tout encore :Moreau avoit en outre contre lui le danger toutparticulier que , foit animés par l’avidité du bu-tin , foit enflammés par un efprit de vengeance ,foit pour empêcher qu’au moins cette armée-cine puilfe remettre de nouveau le pied en Alle-magné , les payfans de piufieurs, mais furtout dela plupart des plus rudes contrées de la Souabe ,ne fe préparaffent à lui faire une petite guerre , cequi expofe toujours à nombre de périls toute