2p2 Histoire de Charles Xîf.
Les Vieillards , les malades , & les fera»mes les plus délicates réfugiés dans lesglaces pendant que leurs maifons étoienten feu 3 fe traînèrent aux portes de Ham bourg , & fupliérent qu on leur ouvrît8c qu’on leur fauvât la vie : mais lesHambourgeois refuférent de les recevoir,fous prétexte qu’il régnoit dans Altena quelques maladies contagieufes. Ainfi laplupart de ces miférables expirèrent fousles murs de Hambourg , en prenant leCiel à témoin de la barbarie des Sué-dois , & de celle des Hambourgeois quine paroiffoit pas moins inhumaine.
Toute l’Allemagne cria contre cetteviolence : les miniltres & les generauxde Pologne & de Dannemark , écrivi-rent au comte de Steinbok , pour lui re-procher une cruauté û grande, qui faitefans néceîîité , & demeurant fans excu-fe , foulevoit contre lui le ciel & laterre.
» Steinbok répondit qu’il ne s’étoit» porté à ces extrémités, que pour apren-« dre aux ennemis du Roi fon maître àjj ne plus faire une guerre de barbares ,jj & à refpeéler le droit des gens -, qu’ilsjj avoient rempli la Poméranie de leursjj cruautés , devafté cette belle Province,jj 8c vendu près de cent mille habitansjj aux Turcs : que les flambeaux qui a-jj voient mis Altena en cendres , étoientjj les repréfailles des boulets rouges parjj qui Stade avoit été confumée ; que lajj guerre n’étoit point le théâtre de lai> modération & de la douceur ; que ni