ROI DE SUEDE. LlV. VIL 3OIvre avec l’affurancc d’être paies de leursfrais & de leurs dettes. Plulieurs entrepri-rent le voïage de Suede , & Giotfttifeneut foin qu’ris fuflènt paies.
Les Turcs afin de montrer plus de dé-férence pour leur hôte, le faifoient voïa-ger à très-petites journées ; mais cette len-teur refpeétueufe gênoit l’impatience duRoi. Il fo levoir dans la route à trois heu-res du matin félon fa coutume. Dès qu’ilétoit habillé, il éveilloit lui-même le Ca-pigi & les Chiaoux , & ordonnoit lamarche au milieu de la nuit noire -, lagravité Turque étoit dérangée par cettemaniéré nouvelle de voïager ; mais le Roiprenoit plaifir à leur embarras, & difoitqu’il fe vengeoit un peu de l’affaire deBender.
Tandis qu’il gagnoit les frontières desTurcs , Stanillas en fortoit par un autrechemin & alloit fe retirer en Allemagne dans le duché des deux Ponts , provincequi confine au Palatinat du Rhin , & àl’Alface , & qui apartenoit au rois deSuede depuis que Charles X- fucceffeurde Chriftme avoir joint cet héritage à laCouronne. Charles afligna à Stanillas lerevenu de ce Duché eftimé alors environfoixante & dix mille écus ; ce fut làqu’aboutirent tant de projets , tant deguerres , & tant d’efpérances. Stanillasvouloir & auroit pû faire un traité avan-tageux avec le roi Augufte , mais l’in-domptable opiniâtreté de Charles XII .lui fît perdre fes terres 8e fes biens réelsen Pologne pour lui conferver le titre deïoi.j Ce