320 Histoire de Charles XII.
de fe défendre jufqu’à la derniere cxtrè- fer
mité.
Il fallut donc l’affieger dans les formes : 511;
on embarque pour cet effet de l’artillerie tis
à Stetin -, on renforce les troupes Pruf- fes
Pennes de mille fantafins , & de quatre ren
cent cavaliers. Le dix-huit Aouft on ouvre cm
la tranchée en deux endroits & la place dér
ell vivement battue par le canon & par on
les mortiers. Pendant le fîége , un foldat 11 1
Suédois chargé en fecret d’une lettre de roiCharles XII . trouva le moïen d’aborder Pdans l’ille & de s’introduire dans Penna- fciimondre : il rendit la lettre au Comman- rôtdant ; elle étoit conçue en ces termes : ren:
Ne faites aucun feu que quand les ennemis Ja S
feront au bord du fojfé : défendez-vous jufqua vit
la derniere goûte de votre fang ; je vous re - déjà
commande à votre bonne fortune. ChaRX.ES. mes
Dullerp aïant lu ce billet réfolut d’o- Si
béir , & de mourir comme il lui étoit or- ropr
donné pour le fervice de fon maître. Le j®
vingt-deux au point du jour les ennemis uni
donnèrent l’alfaut : les Aiïiegés n’aïant tiré feli
que quand ils virent les Aiïlegeants au ha
bord du folle en tuèrent un grand nombre : œ
mais le foifé éroir comblé, la brèche lar- tue
ge ; le nombre des aiïlegeants trop fupé- ctoï
rieur : on entra dans le château par deux faendroits à la fois : le Commandant ne fon- plu;gea alors qu’à vendre chèrement fa vie , de ;èc à obéir à la lettre. Il abandonne les ceiî
brèches par où les ennemis entroienr -, il hot
retranche près d’un balfion fa petite trou- noi
pe qui eut l’audace & la fidelité de le fui- [
rre : il la place de façon qu’elle ne peut ® :
être