'3JÎ Histoire de Chari.es XII.’nant des privilèges exceffifs & ruineuxpour le pays équipèrent quelques vaif-leaux : ces efforts étoient les dernieresreffources de la Suede . Pour fubvenir àtant de frais , il fallut prendre la fubftan-ce des peuples. Il n’y eût point d’extor-lion que l’on n’inventât fous le nom detaxe & d’impôt. On fit la vifite danstoutes les maifons , & on en tira la moi-tié des provifions pour être mifes dansles magafins du Roi : on acheta pour foncompte tout le fer qui étoit dans le Royau-me , que le Gouvernement paya en billets ,& qu’il vendit en argent. Tous ceux quiportoient des habits où il entroit de lafoye , qui avoient des perruques & desépées dorées furent taxés. On mit unimpôt excelfif fur les cheminées. Le peu-ple accablé de tant d’exaftions fe fut ré-volté fous tout autre Roi ; mais le pay-fan le plus malheureux de la Suede fça-voit que fon maître menoit une vie en-core plus dure & plus frugale que lui ;ainfi tout fe lôumettroit fans murmure àdes rigueurs que le Roi enduroit le pre-mier.
Le danger public fit même oublier lesmiferes particulières : on s’attendoit à toutmoment à voir les Mofcovites , les Danoisles Prufliens , les Saxons , les Angloisdefcendre en Suede : cette crainte étoit lîbien fondée & fi forte , que ceux qui avoientde l’argent ou des meubles précieux , lesenfouiffoient dans la terre.
En effet une flotte Angloife avoit déjàparu dans la mer Baltique ; & le Roi de
Dan-