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344 De la Cofmographie
Comment les Allemans ont vefcu
deuant& quelques annees apres la nativité de noftreSeigneurlefus Chrift.
ÿ pays là: puysilz entroyent ea la bataille auec fon graue& efpouvantable, lequel” combien qu'it ne fut difcordant, non obftantfile taifoyentilz pour effonnerleuztz>-" ennemys. La plus grande partie d'entre eulx auoyentle regard hideux,&leg
yeux pers où bleuz, les cheueulx blondz,le corps long,&Keftoyent baftifz& foubdains de
tes AÎlemans teurnature aux primiersmouvementZ. AurelteilZ en pouvoyent fouffrirletrauail, nén° ufoyent at= imertrelamain à la bonfongne. Ilz ne poutroy&tendurerla foifnele chauld commeles Gacieunement he lois,mais bienlefroid. Anciennement nel'orne l’argent if'eftoit ne vfage entre eulx. lzd'orns d' ér= ne tenoient non plus de compte des vaiffaulx d’argent qu’enuoyoit à leurs princes,où qu”gent, on donnoit à leurs ambafladeurs,que s’ilz ceeuflent efte potz dererre. La premiere vfance qu'ilzonteudel'or& de l’argent.ce fut parles marchandifes. Aulcuns ontpenfequ’if
ne croffoit point de telZ metauixen toutela terre d’ Allemaigne,mefme qu’ellene produys
foit point de fer.qui a efte caufe que bien peu portoyérefpées anciennement en guerre,mas
Lés armes des is s’aydoyent de longues picques où iauellines, lefquelles ilz appelloyent des frameesAlsmais..— armeesd’yn petit ferau bout,propres à fe combatre de pres& deloing. L'homme dechesuat porroit vne lance& bouclier où pauois.Les gens de pied s’aydoyent d’arcz de flefches,
efloyent nudz quand iizentroyent en bataille, où bien portoyent vn perit faye où hocque-
ton, foubz lequelitz n'auoyent rien cache, feulement ilz eftoifoyentleurs efcuffons de bels
les couleurs X peintures. Peuvfoyentde halecret,& à gräd peiney en auoitil vn où des
ux qui portaft heaulme où bafsinet en tefte.Leurs cheuaulx n’eltoyét point fardez,nelegie
ers'ne capparaîlonnez, ne voltigeans,mais feulement ilz marchoyent droict contreleurs
ennemys. Quicunque perdoit fon bouctir en bataille,cela luÿ eltoitimputea grande me=
fchancete, en force que ceulx qui effoyent tombez en cefte infami eeltoyentexcluzdufers
vice diuin& detoucconfeil. Piufieurs notez d’yntelvitupere,ontette penduz& effran-glez, Enl'election deleurs roys ilz regardoyentàla nobteffe,& encore ces roys ainfielsleu n'auoyent pas pleine puiffance de faire tout ce qu'ilz euffenit bien voulu faire. Cel£fuy qui eftoitIe plus excellenten vertu,& mieux garny de bon exemple quede maiellé.co/
duyfoitlarmée. Quand onc portoitdes-enfeignes qu’on auoit oftées auz temples des diluy Ë q p
eux, c'eftoitla principale chofe qu’ilzeuffent pourlesinciter au combat. Hz metroyentaupres d'eux tout leur parentage tous leurs allie=. a fin ques ilzobtenoyentuictoire, quecela fuften la prefence deleurs amys,& qu’ilz en rapportaflent gloire,où biens s’ilz mousroyent, quece ne fuft pointfansiouange. Ainfi donc ilz entoyent pour tefmoings fide-Jes de leur combar, leurs femmes, feurs enfans,& aultres parentz&alliez. Quandilz
eftoy&t bleflez,ilz apportoyentIeurs playes à leurs meres& leurs femmes. Xicellesnecraf
noyent point deles conternedelesfouder. Elles mefmes adminiftroyent les viuers aux
lommes, Xles exhortoyentau combat. Ontrouue parefcrit,que uelquefoislearmee 4defaicte a efle refaicte parleur exhortation. D'auantage on dict qui zauoyentceftefans
tafie qu’il y a quelquefain<tete& prudenceaux femmes,& pour cefte caufeilz nemelprisfoyent point leurs confe:lz,&ne reiettoyentpointieurs opinions. Ilz facrifioyenta MetLes’ facrifices froyent des facrifices&’ auitres animaulz. Itz vfoyent des fortz& deuinations des oyféedes Allemans. auix. Quantaux menuz affaires.les principaulx dela ville en difpofient,& files affaireseftoyent d'importence,toutelavilleencognoifloit. Pourcommencer quelque chofe ilzobferuoyentla nouuelle oula pleine lune. Ilz contoyent par nuict,& noñ point parios
urs. Quandilzvenoyenten confeil, ilzyvenoyentarmez. S’ilz vouloyentapprouvet—
quelquefentence, ilz failoyent branler leurs picques ou iavelins,& cela leurs fembloitv/ne façon honorable de confentement, au contraires ilz la vouloyent reprouer,ilz lefigni,
fioyeng
» Vandles Allemans vouloient combattre en guerre,ilz chantoyent quelque chansÀ fonenla louange de Ffercules, lequel il difoyent auoir efté quelque foisence
cure des hofties humaines quelques certainsiour. Mais à Mars& Hercules, ilzlévrofs,