L’ exercite desAflemans,
Les moifonsdes Allemons.
346 De la Cofmographie
pays. Iz ne mangeoyent gueres,& leurs viandes eftoyent des pommes fautrages, défai
rine frefche:& du laict caille,mais îlz beuoyentdefordonnement, Ilz auoyent{eulementvne façon de ieux publicques, à fçauoir les ieunes gens qui fe mettoyenttoutznudz entreles efpces& picques,& s’en defuelouppoyent habillement. L'exerciteles faifoit& rendo-it habiltes à cela,@l’'habiliteleurdonnoitbonnegrace, Ilzeftoyent{iaddonnezauieude dez, qu’ apres auoir tout perduilz iouoyentfinalementieurliberte. Celluy quieftoitvaincu,ferengoit voluntairement foubz la feruitude de celuy qui auoit gaigne,& combtsen qu’il fuft ieune,fort& robufte, neancmoins‘1 permettoir qu’on le lait X-vendift.lIz disuifoient l’an(eulemËt en trois parties,le prin téps, Xlefte& l'hyuer.car ilz ne fcauoyét queCeftoitdel'automne;à caufede l’indigence du vin& des aulcres fruictz. Ilz nepleuroyentguieres en la mort de quelcun,mais ilz perfeueroyent plus longuement en douleur& tristtefle: aufsi il eftoitfeulement permis aux femmes de pleurer,& auhommes c’eftoit affezqu’ilzeneuffent fouvenance. Strabo dit que les Allemans furentlong temps fans demeu-«et ou habiter dedans des villes, d'autant qu nepouuoyent cous habiter enfemble&parcemoyenl’yn vivoitcy l’aultre là auec{a famille. Leurs maifons ne foignoyent point! vndel'aultre, mais ilzlabouroyentleurs terres, eftans feparez loing l'vn de l’autre, commel]occafio fe pfentoit,ou de quelque fOtaine,ou de quelque bois, où de quelque pre, oùquele| se_«- 27 pp: que aultrecommodite. Vn chafcun enuitonno-it famaifon de quelque certaineefpace,oùdepe
ur de feu, où à caufe qu’ ilz eftoyent gens rudes,
& nes’ entendoyent point à baîtir. Etdelävint,
qu’ilz auoyent delongs villages. lIz dreflo-
yent des loges, non point pourplaifir qu’ilzy
prifent, mais felon que la necefsite les contreisgnoit,& fe foyent deuantle feu tous nudz, oùmal veftuz,& combien que des leur enfanceilz
euffentefte nourriz falles& ordz,toutesfoisilz|
croiffoyent en fi grande force& haulteur de co-urps, quetoutle monde qui les veoyoit efloytesbahy de leur grandeur. Iules Cefarefcritenfes Commentaires,que les Germains ancienne-mentapplicquoyent toute leur eftude älachaffé& dla guerre& que de leur enfance ilz s’ addonnoyent aulabeur&trauail{ Ilz viuoyentdelaict, formages Xdechair. Ilziouiffloyent detoute liberte&n’eftoyent pointinitituez
La crainte qui en leurieune aageen difciplines honnettes,& n’appertenoyët aulcun meftier, mais vn cha:efbesenfans les fcun faifoir ce que bonluy fembloit. IlZ n° atoyent ne foucy ne crainte,qui eftoitla caufe
empefche decroiftre.
qu’ilzdeuenoyent fortz, grandz& roides. Carla crainte& l’ anxiete d’efprit esieunesgens leur afoiblift voluntiers la force corporelle,& l’efprit trifte defeiche les os,tants’enfault qu’en tel corps puiffe croiftrecomme il devoit. Ilz ne s’amufoyent guerres aulaboutage,& aulsile magiftrat neleur permettoit pas, à fin qu’itz ne prinifent plus grand plaifiräcultiver les champs qu’à s’addOner aux atmes.li neleur eRoit permis non plus de fairedesbaftimés curieux, ne d’amafler d’arg&t,qui eft caufe que difcordz& mutineres fe leuéten,
tre va peuple, mais ilz eftoy€t poures& riches autât l'vn quel’aultre&eftoyent egalement
feruiteurs& maiftres,ce qui les àfilonguement entretenuz en femble avant qu'ilzayétpeüæftre vaincuz parles Rommains.Mais aufsi toft qu’ilz onten les cœurs faifiz de l’amour d}. argent. cea elte faict d’eux, comme Herodianus dict, que les Allemans foubzl'empereur Alexandre furent corrumpuz par argent;enforte qu’ilz feirent appointement auecleurs ennemys.