Vniuerfeile, liure III. 895
uelilz donnerent toute puiflance,luy commett&t tout ce qu’ilz auvient de richelTes& desbiens,& ce qui reftoit de viures, Cefluy y s'attendant auxfeditieux qu’ ileft peu auoir engrand nombre,fe promettoit qu'apresle liege leue,il yroit auec On armee partout le mon=dtcommeantrésfois auoient faites Gorz, Cimbres,& Lombardz,fortantzd’vnanglèt_d'Allemaigne.ll efctivoiten Allemand furles portes des maifons: Gottes macht, iftmein brafft.Celtadire la puiffance de Dieu eft ma force. Ceroy icy veltoitles gardes de fon corps decouleur d'herbe& de bleue couleur du ciel, fe promettant là puiflance duciel& dela terre. -E,= Enfesarmes il portoit vn mondetrabfperce de deux glaives croi Polygantäfez. Ilenuoyoitfes prophetes aux citez voifines pour vfer fine-ment de leuts cautelles& practiques& pour efmouuoir feditiôs.
Il efpoufa quinze femmies,& permilt a châcua d’en avoir autant
qu'il vouldroir, Au refte que tout fuft comun. Au dixiefme moys
dufiege.l euefqueimpetra fecours alencôtre de celte ville impres‘nablepour faffamer Ce pendätil s'esleua vne fedition en la ville:
Le roy mift a mort 47.citoyens,qui refiftoiËt a fes efortz. Aura.
moys quetouteftoir quafi confume, ilz cefferent de viure en cô-
: à- mun,le populaire Viuoitd’ herbes& de racines.Les chi&s, chatz,durz, lirons citoienten grandes delices, caril nereftoirrien potir fouftenirleur miferablévie.llz mangeoient lecuir& les peaux cuictes& brisces aulieu de Pain, Pendâtes ces chofesleroyabufoit&enchantoit dc merueilleufe façon ceux qui mouroient,tellemée qu’ ilznecroyoient point qu’ilz deutlent mouririufques ace qu’ilz rendiffentl’ame.ilies nours
—_> pure ue rifloiren vaine efperance.tant qu'{1z cogneu—-‘| rentqu’ileftoientabufez. ils’offrit quelcunal’euefque qui prometroit d’efcheller la villesmais qu'on luy donnalt compagnie,& de rd-
j preles porres qui eftoient mai gardees,& met;
{ tre dedans la ville aufsi grand armee qu’oñ Horible F;i Vouldroit. Alors l’euefque eflaya eñcoress’ mines| ilzfevouldrôventrendre.Ce qu'ilzrefuferët -
“ad parmefpris. Cefaid tous femireneen ordreSI pourdonnerl’atault. Ce qu’ilz feirent de tou| tes partz,tant de iour que denuict,& lut le cô
7} batrenouuelle plus cruel que dévanr. Finaléseu menton cria filence. Ecpenfoiton que les cit‘ oyens fe voulfiffentrendre. Mais ouitrel’ os
pinion de tous,le roy v d’vne belle rouefle,& diet auec grande confiance, Si vous qui atfaillez par guerre ma ville voulez laiffet lesarmes,&demader paix& pardô,ie vousremets
tray celte iniure,& vous donneray la vie.ll euft peu efpouanter de parolle fi magnanime Sé‘detelle confiance quelques nouices;mais les anciens fouldartz, fremiffans de grandeindia
gnation reprindrentles picques& les glaiues, X entrerent dedans la ville& toute l’armee
aufsi.llz couroient parroutelaville.ne faifans que tuer.lly eneutenuifron feptcens dela vifŸ lequife delibererent de mourir vaillamment,& d’attendrela fortune de guerre,&s affem# blerent furle marche pour fairerefitance, iufques a ce qu'il entendirent que le roy eftoitprins en vn autre quartier dela ville. Alors degrande frayeurilz perdirent leurs forces, À8 efcarterent ça& là pour fe cacher:a grand peinerefterent ilz deux cens fur la place,qui futentincontiñent defaictz.-On ne veit oncq chofefi infolente ne fi cruelle que celté armee viCorieufe apres qu’elle eut gaigne la ville.liz cherchofentles cachetz& faifoient aulrre chofe que tuer par l efpace de dix iours. Ce’ eftoir que ieu d'efgorger vn homme. On efpat-
ÿ gnalesfemmes,excepte celles qui eftoient caufe de feditton. Ontrouuachezle roy& fes‘gens autât de vivres qu’il luy en euft fallu pour trois moys,rant pour luy que pour lesfiens:/
Les autheurs de celtecalamite,& de ces mefchancetezfihortibles, leroy& fes principaux
compaignons.liez de chaifnes furent menez alentour des lieux prochains.EcfinalementT
an 153 6.au moys de feuriér, furent ramenez en la ville de Murifter,& furenttenaillez,puis
enclozen trois corbeilles de fer qui font fufpêdues au hault de la tour 8. Lambert en perpes
tuelle memoire:ainfi print fin ce miferable royaulme. ati
EE et ti