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Capitale. On ne parvenoit alorsà cette Charge qu’à force d’intri-gues & d’argent, & les Prévôtsrevendoient Couvent la Juftice aumême prix ; ce qui caufoit une li-cence effrenée & des défordres ex-trêmes. S. Louis, pour remédier àun ii gr. mal, ne voulut pins quecette Charge fut vénale. Il fitchercher long - tems , (comme lemarquent les Hiftoriens de «tems-là ) un gr. Juge homme pourla remplir, & il le trouva, félonles mêmes Auteurs , dans la per-fonne d’Etienne Bovlefve, qui futainfi le premier Prévôt de Parisnommé par le Roi. Il juftifia unchoix fi honorable par une intégri-té à toute épreuve , par une juftefévérité , par un zélé infatigablepour le bien public, & par tousles talens qui caraélérifent les gr.Magiltrats. Il fit revivre les loix,réprima les défordres , pourvut àla fureté & à la tranquillité pu-blique en mettant une bonne poli-ce dans Paris , & diftribua les Ar-tifans en differentes claffes ou Com-munautés , auxquelles il donna desStatuts fi fages & fi équitables ,qu’ils ont fervi de modèle dans lafuite. Etienne Boylefve rétablitainfi en peu de tems l’ordre & ladifcipline dans le commerce, dansles Arts, dans la perception desDroits royaux , qui étaient alorsentièrement de fa compétence, &fixa la compétence des JufticesSeigneuriales enclavées dans faPrévôté. Ce font ces matières quifont l’objet des Réglemens quenous avons de lui, & dont nousparlerons ci-deffous. Ce grandhomme exerça la Juftice fans au-cune acception de perfonne , & leCommiffaire Lamare rapporte delui (dans fon Traité de la Police ,tome i. pag. 1:9) qu’il fit pendrelin de fes Filleuls , & un de fesComperes. Etienne Boylefve fui-vit Saint Louis en Egypte. Il te-qoit un rang fl confid’érable dansl’Armée Chr. qu’ayant été pris au
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iie'ge de Damiete , les Infidèlesexigeront de lui pour fa rançon,deux cens livres d'or , fomme tres-conlidérabie pour ce tems-là. Cefait eft conftaté par une Sentencedu Prévôt de Paris de l’an 1368.Nous 11e favons au jufte ai l’annéede la nomination à la Prévôté deParis , ni celle de fa mort ; maisil eft confiant, par pluf. Actes au-thentiques , & notamment par leContrat de mariage de FoulquesBoglcfve , fon Fils, qu’il étaitPrévôt de Paris en 125$. On voitpar pluf. Arrêts du Parlera, rapor-tés dans les Olirn , qui font les plusanc. Régitres du Parlera. , qu’ilétoit encore en place en 1267. En-fin une Sentence rendue par Ré-gnault Barbou, Prévôt de Paris ,au mois d’Av. 1270, nous perfua-de qu’Etienne Boylefve doit êtremort vers 1 î 6 ÿ. Il nous refte delui un Recueil de Réglemens, quel’on nomme vulgairement le Livredes Métiers, ou le Livre des Eta-hlijfcntens des Métiers de Paris , par-ce que la première partie, qui eftla plus étendue, contient les Sta-tuts des Arts & Métiers. On con-noit quatre Exemplaires manuferitsde ce Livre : favoir, celui de UChambre des Comptes, celui de laBibliothèque de Sorbonne , celuidu Châtelet , & celui qu’avoit leCommiffaire Lamare. Le prem.qui étoit l’Original , périt dansl’incendie de la Chambre des Comp-tes du 27 Oft. 1737, & il n’enrefte qu’un Extrait fait par M. leClerc du Briilet. Le plus anc. destrois qui relient, eft celui de Sor-bonne. On voit par l’écriture dece MS. qu’il eft du tems mêmed’Etienne Boylefve, c. à d. de lafinduxiiie.fi. M. le Commiffai-re Dupré, qui marche fur les tra-ces des plus habiles Commiffairesde Paris , a conféré enfemble lestrois MSS. du Livre d’EtienneBoylefve, en a marqué avec foinles Variantes , & en a pris unecopie exafte. Il feroit à fouhaiterN 3 qu’jl