Sebaft.Munitere
mniet eagedes hommes il n y auoit quafi nation qui fe foucialt de mettre fesfaitz en efcrit.De là vient que maints hautz faitz& dignes d'eternellememoïire,par faute d'efcrivains gifent en f eternelle nuit d'oubliance(qui eftune chofeplorable)nommeément des peuples qu'on appelle Barbares, lefquelz ont mis«euxaimé faire que dire. Etles autresont mieux ayme dire quefaire,tellementque d’auant qu'ilz onteltéuaincus parfaitz,autantontilzfurmontéles barbasres parlangue, enles def, prifant,&feprifanteux mefmes.Delà uient qu'on neparle quafi que des Grecz& Italiens, iacoit qu'a uray dire.ilz n'ont pas efté fivaillantz qu'oncrie. Voila lacaufe pourquy les faitz des Hefpagnolz, Franscois& Allemandzfont telz, qu’on n’enfcait non plus oultre que portele téps.depuis lequel ilz {efont adonnezaux lettres. Car quand on haentendu qu'auxarmes gift force& puiffance, es lettres louange& gloire, ilhacftéaifé, apresauoiracquis meilleure langue, de furmonter les Italiens en entendement, puisque en uertude guerre on les fecondoit, ou mefmesfurmontoit, Cela fait qued'autantfontles faitz d’unenation plus renommez,qu'ilz onteu meilleur efcrimain. Mais pourtant que ces chofesfontmal plaifantes,&C pourroit femblerqu'’ellesuiennent d'affection, laiffons les:& venons a parler de f'eftat des presmiers hommes, enprenanticy lecommencement denoftreeuvrehiftorique&Cofmographique, matiere haulte,laquelle nous traicterons d'un ftile{ec& pauure.Au commencement doncques, durantencorelefiecle d'or, les uns s'adon=noyent a une chofe, les autres a l’autre: chafcun fe contenoit defon meitier&decequ'ilauoit, fans eftre fubiect a conuittiofe& enuie. Mais apres que le
cueurdes hommesfutfaify de conuoitifededominer,on trouva quât& quant
diuerfes vacations. Ceux qui pardeftiné,ou parleur entendement,deuenoyêtgrantz, n'auoyent autremettier que d'affubiectir peuples& nations, fairenauires, augmenterleur puiffancepar mer& par terre. Les autres muroyentlesuilles, repulfoyent leurs ennemis par engins, faifoyent des fallies fur les enne=mis,& feperforcoyent de recouvrerou maintenir leurliberté, Puis uindrentaioindreuilleauec uille,& nati0 aucc nation,& faire des roys pour les gouuernertant en paix qu'en guerre.Soubztel gouuernement,les gens& peuples vindrentacroiftre,& a auoir divers royaumes& empires, laquelle chofe nouspeut beaucoup proffitersfi nous uoulons fuiurelebien,& fuir le mal,uoyät lafimplicité de ces premiers hommes, qui furent deuant le deluge,lefquelz ui-uoyent fans malice,fansenuie, fans ambition, fans auarice, parmy les bois&cchamps,mangeantz des fruitz des arbres,& dulait,& beuantz de Ÿ eaue. Lors(disie) quilzfe ueftoyent premierement d’efcorce& feuilles d'arbres, puisaspres des peaux des beftes, fansauoir murailles nefoflez,ainsalloyent ca& làparmy leur beftial,&fe couchoyentlà où la nuitles trouvoit, fans craindreleslarrons ou meurtriers, oucomme*dit Lucrece :Parlesforeftz& boysilzfetenoyent,Etes buiffonsla nuitilz{e couchoyent..;Mais puis apres cômele monde deuenoit grand& mauuis, on cômenca afairelecons