Sebatt:Munftere
Pirckheimer,& neuoulut contraindre perfonnede fetenirafon opinion-Le
mefmedifons nous de nous en ce livre. Quiconquepourra monftrer quefon
opinionelt meilleure quelanoftre,tant{en fauldra que nous luy côtradifons,
que mefme nousletemercierôs s'il nous peut enfeigner mieux: car nousays
mons mieux lauerité, qu’opiniaftrerie. Des lieux loingtains& a nous inco#
gneus, nous er auons diét ce Gnousauons trouté es efcrivains dignes de foy»
fachans que commec'eftchofepeneufe de tran{porter la plumeen pais eftrange,ainfi èn eft?enqueftequelque fois trom peule& incertaine, puitquenul nepeut toutuoir. Et pourtant doibton pardonner a un efcrivain, encore qu'ilfoitfcauant. D’auantage ceuxlàfont execrables,lefquelz s'ilz trouvent quel=quemot mal propre,ilzenfont fi ioyeux, que uous diriez qu'ilz ont prins Ba=bilone.ltem fion fe defaccordeen quelquemot,ilz côbattent comme s'ileltoitqueftion deperdrelauie. Mais ielaiffe ces propos,& reuiens a toy amy lecteurquiconquetu fois, quiprens plaifirenla Cofmographie, qu'eftunettude lesquela toufiours eftétrefplaifanta gens honnettes,& Yeftencore auiourdhuy,principalement quand ily a peintures deregions,images deuilles,pourtraitures debeftes& plantesrares& d'excellence,& d'antiquitez& urayes eftigiesd'illuftres perfonnages,quand on les peutrecouurer: toutes lefquelles chofesmoy& mes compagnons auons tafche de mettre ence liure, tant quil acftépofsible,fansy efpargner les defpens:& fi nous fommes feruis duiugement&ayde deplufieurs gens fcauants,&&au6s demande l'aduis des gens de court, desprinces& euefques,& l'aide des uilles imperiales,& auonsaucunement proffité en cefaifant:côbien qu'auray dire,tous n’ont pas tant fait G nous eufsions bien defiré.Lesprelatz d'’eglife(pour dire lauerite)nous ont plus aide acecy,queles autres princes: carles euef ques, follicitez par mes lettres,ontefté aflez ensclins a cefte chofe: nommémêt les reuerendifsimes feigneurs de Treues& de
Vuirceburg. Lesuilles aufsi m'ontaidé,les unes plus,les autres moins, comme
fon uerra affez au liure.Etpleufta dieu que les autres euffent ufé enuers nous dune telle courtoifie& honneftete, que nous auons trouuea Vienneen Autrische,aFribourg en Brilgau,en la ville des Vangions,& Vuyflenbourg. l'ay cuen cefte mienneentreprinfe, faute des lettres des feigneurs Chreftiens, parlelsquelles l'euffefacillement obtenu ce queieuouloys, tanten Hefpaigne& Italie,qu'en Allemaigne. Mais ien’ay pointeu d’entree enuers leur magnificence. DeFrance , ierrenay peurien tirer, finon que ce[etrouue es communes hiftories:combien que à'eufle conceu quelque efperance des promeffes de plufieursgorans perfonnages, defquelz aucuns ont efté icy a Basle ers moy,& ontueul'appareil dem6 entreprinfe.Que files Fräcoys, Hefpagnolz,Angloys,Efcofsfois, Dunoys,Suefloys,& Polonoys(qui tous ont par deuers eux auiourdhuygens{cauantz, K grans clercs)fefuifentemployeza nous ayder en cefte befongne,fans nulledoubre elleen euftelté plus parfaite. Certainement felon monaduis,on ne{cauroitfaire chofe plus magnificque, plus louable,& plus digned’eternelle memoire, que de pourtraire& paindre au vif les chofes cy deffus
dictes,
notileunevoi