Vniuertelle liure II. 355fter.lequel n’elt pas loing de Seleftad, où Iules Cefar auoit bay vn temple magnificque,au-quel ilrendift graccafes dieux pour la victoire qu’il auoit obtenue contre les Gaulois. À.pres cela S.Materne s’en allaa Strasbourg pour abbatre? idolatrie qui eftoit là, mais il fuitrepoulse par ceulxde la ville, Vn peu de temps apres il devint malade en chemin,dequoymonrut,& fuit enterre auec grandpleur en va lieu quieft auiourdhuy appelle Ele, Mais can. Sinét M£coftapres fa mortil fuft refüfcire par la vertu du bafton de Saint Pierre, lequel miracle fuit‘acaule que plufieurs infideles furent cOuertiz& creurent à noftre Seigneur.Apres ces chofesfainG Materne edifia vn temple qui n’elt pas loing de Mofsheim,& l'appella domum Petri,c'eftà dire la maifon’de fainct Pierre, lequel encore auiourdhuy eft appelle en langage Allemand Dompeter.V n peu de téps apres à caufe de la griefue perfequution,plufieurs de ceulxquiauoyent efte conuerziz fe reyolterent de rechef,& demeurerent en leur infidelité quelsques centeines d'ans,iufques à ce que les roys de France reduyfi: ent à la Foy Chrettiennelépays d’Alface& élques aultres regiôs oultrele Rhein.l’ay inferé icy l’hiftoire de faint Ma-terne, laquelle l'ay prinfe de la legende d’orce,& non point d’aulcunautheur approuve,(GA;chant que plufieurs l’eftiment eftre vne fable.
Des mœurs& couftumes des Allemans
quifont aniourdhuy denoftre temps.
Oute la condition& eftat des Allemans auiourdhuy et diuisée en quatre. Le pre Les méurfmier eftat eftde gentz d’ eglife, qu’ onappelle Clercz, lefquelz fontpourueuzde detéd 8grandz& amples reueauz,& font grandementhonnorez parles aulcres, d’aurär 8 7 Atlé| qu'ilzferuenta Dieu,ce dit on& qu'ilz entendenc& interpretent les efcritures,et"2"qu'iznefont poinrmariez. Ceulx qui ne font point approuvez en ces chofes, font facilement mefprifez par le peuple rude. Leur religionfe monftre en leur habit, va chafcunfelonfareigle. Les cleres feculiers portent des robbes longues,& voluntiers de coleur noice, Îz portent des bonetz enfoncez, qui ferrent la tefte,& couvrent les oreilles. Quantilzvont par les rues,ilz portent des cornettes,les vns de tafferaz, les aufrres de drap,& ce feu.lement parhoneftete. Ilz chauffent aufsi par deflusieurs fouliers vne maniere de panto-fles,lcfquellesilz oftent quand ilz font de retour en la maîfon, La plus grand partie d’ euxfonsgentzoyfilz, peu s’addonnent à eftudier, mais paffent le temps toute l’aprefdinée àfouer,gourmander& yurongner. Le fecond efkat eft des nobles,& celt eftat cya plufieursdegrez. Car il y a des princes entre eulx, il y a des comtes& barons,& d’aultres cheualiers& gentilzhommes de plus bas eftat. Les princes furmontent les aultres non feulement en di La manierégnite& nobleffe de race, mais aufsi en puiffance, carilz ont des terres& feigneuties de deviu-e desgrande eftendue. On fe pourraesbahir d’yne chofeen cet ordre denoble(te, carles princes noblesen 41&les comtes quant:1z font demîdez pour donner quelque fecours à l’empereur, filanecef:‘ma qne;zou Îite de l'empire le requiert, ilz difent qu’ilz font francz& ex.emptz,& qu'ilz nefétuent à petfonne s'ilz nefont{ouldoyez;auecce s'ilz ont quelque fubierz,ilz ne permettent point qu'il(eraent;& toutesfois ilz aduouent& recognoiffent l'empezreur Rommain pour leurfeigneur& prince.llz penfent que lanobleffedeleur tace eft profance& grandement diminuée, s’ilzs'adonnent à exercermarchädife ou quelqueare mechanicqueous'il=efpoufent vne femme qui nefoit pointde noblerace, ouqui foir de moindre eftat qu’eulx,ou s’ilzhabicent ea vne villeLa) effrange à la inode des citoyens ou bourgeois. Il= fuyent la com12 paignië des gentz de ville, X defdaignent leur accointâce, mais5 lz ont bafty des chalteaux forrerefles& autres magnifiques ediA} fices es montaignès, parmyles boys& par les champs, efquelz3ilzhabirenten liberte avec leur famille, Aulcuns frequententiescouriz des roys,ou fuyuentles guerres:les autres viuent de leur3 patrimoine