883 De la Cofmographiefon: de cefte opinion; que l’ambre eftl’.vririe gelée d'vne befte laquelle onappellelinxé& pourtant ilZ l’appellenc lyncure. Les autres difenc que c'eft du fuc des arbres: maisceux cy ont mauuaife opinion,veu qu'en Pomeran& Pruffe il n ya pas vn feul arbre presde lamer qui diftillela refine:&toutésfois oñy recueille beaucoup d ambre.ll femble plustoft que ce foit du foufre ou bitum€felon l’opinion d Agricola, veu qu’il eft gras,& qu'ilbrusle. Mais que cé foitplus toft bitumë que foufre,il eftmionttre par beaucoup de fôtainesqui fontde diuerfés coleurs,& qui font!e bitumen,afçauoit blanc,toux,gris&cnoir.Quâtau liéuoë ilcroift,les anciens en ont efcrit plufieurs chofes. Les Grecs affermêr qu'il croiften Italie ,& principalement au pays des Geneuois,ou aupres du Paud.Les autres difent qu’on le trouve en Hefpaigne:les autres,à l'entourdes isles d occidét. Plineracôte qu’ileroiféesisles de l’oceä feptétrional,&quel’yne d’icelilés à éfté appellée Glefaria,pour autât que -les Gerrnainsappellent l’ambre gleflum, Mais auiourdhiuy les venizle iertentloing,com-méaufsiilzl'ontanciennementietce iufques aux bordz& rivages des Germains, quie,ftôyent autrefois habitez parles Gorthions& Souabés, c'eft à dire en vn petithieu quieftteduycenisle,en laquelle(Gt fituees deux villes, Pucéque&Hela:aufsi infquesauxbordzde Pomeran ,lefquelles places font prefque toutes à Ÿ entour dela fin de Viftule«mais làgrande abondancefe trouveen Sudaue,& bien peu enla region des Liuoniens,Oril yaplusdez0. villages enSudaueaupres de Brufque,où les habitans defia deslong temps pesBe SU{chent l'ambreauee des retz,commeilz pe,Pomme(cheroyentie poiffon. Ainfi donc quand la[:=—{mer ellagitee des ventz, vn gandnombre‘ LL| des Sadinois accourentpar trouppes decesPa=)| Villages tant de nuict que de tour,& viensRp) nental’endroitde cerivage, ou les ventzÉ ontacoullume de poufler les vagues LesÆ him| hommes apportent des ret= attachez aux
\ I boutz de longues& grandes perches, qui| font diuifées comme forches,& ouueïtes7 d’ vne aulne. Les femmes apportent ce quiA elt neceffaire pour viure. Apres donc que| les ventzfontappaifez,ce pendant coutel-=, fois que la mer elt encore efmevé ,il= en+| t'ent nudz dedans la mer, felon que les= Notzfe reculent,& puyfent de leurs retzl;; ambre,quele fecond flot amene à bord,&quant& quantilz arrachentvne herbe nommée pouliot, laquelle n’eft pas fort diffemblable, croiftenmefmelieu.Oraufsitoftqu':Izont pefchel'ambre,ils’enretournétaubord|, Quandilzvoyentapprocherie fecondflors&là furleri age la femme d’ vnchafcunapresqu'il eftefcoule'duretz,le garde,& lefepare des herbes& autres chofes quife trouvent des|. dans leretz:& ficelafe faitentempsfroid, chafeune d’icelles chauffentles habillemétzde|fon mary,& les metfurles efpaules d'iceluy, à fin que le froid neluy facetrop de mal,& quifl puifféretourner tous foudain dédans ta mer. Oril faut qu‘vn chafcun apporte aux gouUerneurs autant qu'il aura prins d’ambre:& les gouverneurs donnent à vn chafeunaufsi| grande mefure de fel qu'il apportera d’ambre. Voila quel falaireilz reçoivent pour touteW leur induftrie pour vnfigräd labeur&fifafcheux:& cela leur eftdeu& donne pat couftu-me& ordonance ancienne. il n’eft pas permis à vn chaféun d'aller vers les Sadinois ,depeur que l'ambre ne foit defrobé. Or les Germains font dégrans profitzde cefte prinfed'ambre,commed’vne grande pefche de poiffons.Cari?chandife environ pourdixmilieflorinsduRhein,lef quelZlarevendent, l’ayantformeeendiverfes figures. Auiourdhuyl’ambre blanc eftdeplus gräd pris,tantpource qu’il(ent fortboñisque d autant qu'il a grâde efficace pout la medicine, auec cepource qu’on n’entroupepastantque d'autre. Aurefte On n’ vfeguieres de rerz pour pefcher l’ambre es autreslieux,où on peut troûuer aufsi de l’ambre aux rivages:mais apres que les florz s’enfontrefournezon le trouve fur le fable fec: ou bien quand la mer eft calme,on le tire par des grandes fourches de fer crochues,du fond de la mer,où apres auoir tiréT arene fur le bord,on
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