Vniuerfelle, liure VE. 147mes mofles, deux fambes,& les piedz de corne fenduz, de forte qu’il femble que ce foi vaoyfeau& vne befte terreftre tout enfemble.À caufe de fa pefanteur,ellene fe peut ne leueshaulr,ne voler,mais chemine bien viftemét. Pline dit qu'vneauftruche d Echiopie eft plushaulte qu'vnhôme môte aicheual,& qu’elle ne court gueres moins vifte,eftant aydee de fesaisles.courestois quelie ne s’esleue point de terre, Au refte que fes ongles foric tellement divi{ez, qu'elle en prend des pierres pour ietter en fayant contre ceux quilafuyuent. Elle digeretout ce qu'elle deuore, quelques durs qu’ilz (oient,fans difference. Celtvnebefte qui eftmerueilleufement forte. Car en celte grandeur de corpz qu’ellea,fielle cache fatefte entrequelques arbrifleaux,fl luy femble qu'onne la voint point. Ses œuËz font prifez a caufe deleur grandeur.Or elle en faict beaucoup: mais tous ne font pas propres a faire des petiz. Cequ'elleapperçoit par vac cognoiffance viue de nature:& pourtantelle fepareles meüleursd’auec ceux qui font fteriles,& les garde pour couver.Quandles chaffeurs la pourfisuyuent;& qu’elle voit qu’il n'eft pofsible d’efchapper,elle prëd des pierres auec les ongles, les iecte contre eux les bleffant bien fouuët, Quand on latue,onluy trouve fouvêt des pierres enrPetomach,X aucunesfois dufer qu’elle confume par longue digeltion. Elle Bit fonnid envne foffe dedans le fablon,& metalentour d'iceluy des defenfes comme murailles,afindereietterla pluye, de paour qu’elle ne nuyfe a les petiz. Aucuns efcrivër qu'elle n'efcloft pas fesceuËz,mais qu'elle les laille dedans le fablon chaule tant qu’ilzfoyent efcloz, puis lz nour-rifent les petiz.On dict que ceft vnebefte fimple& oublieufe,pource que tour incontinentqu’elle a faicHies œufz, elle les oublie,tant que les petizfoient fortiz.
EEE, LEE
Des merueilles& des creatures mon-
firueufes qui fe trouvent es parties interieursd'Affr ique,;
Es anciès& principalemér Pôponius Mela, Pline& Solinus racontér de grâdz.mer-ucilles quife tronuêt en l'Affrique interieure ou Ethiopie, dôt nous ferons icy men,tion en brief Touxte l’isle de Meroë dy a vn lac dont les eaues font graffes côme huiPR 1e, tour ce qui y tôbe, quelque petit qu’ilfoit,va au fond.In'y à ne bois ne fueille d{arbre qui nage au deffus. Es peuples qu’on appelle Säbales il nya que beftes a quattre pledz.
On n’y trouve nulz oyfeaux. S. Auguftin mefme au 16. liure dela cite de Dieu,chap .s. dick
que plufieurs fortes d'hômes moftrueux ont efte crees de dieu en divers lieux apres la diuerft
te des[âgues. Dieu (dict il fcachät de quelle fimilitude où diverfite il deuoit baftir le môdevni
uers,d melmes voulu produire des hômes môftrueux Car on trouue des Cynomolges où Cy
nocephales, qui ont des teltes X des guelles de chié, X môftrêr par leur abbay qu'ilz fôr plus
toftbettes quehômes.On dict aufsi qu'il y ena d’autres qu’on appelle Arraphatires qui mar”
chérfur les piedz& fur les mains côme beltes a quacere piedz Er d’auttes qui n’ont qu’un œif
au milieu du frôt, d'autres qui n’ont poinr de bouche,mais viuërfeulemér de l’air, prénäcieur y; Prends
foulile par les narines;d’autres qui“e font haultz que d’yne coudee, que les Grecz appellene°°°Pygmees