avoient promis dans le dernier traité conclu avecelle, qu’ils rompraient avec l’Empereur. Les EtatsG. fe fendrent de ces foupçons pour rappeller Aitze-maà la Haie, fous prétexte qu’il devoit venir feju-ftifier des bruits qui courraient de fon intelligence'avec l’Empereur, mais dans le fonds pour s’infor-mer de lui des affaires de la Cour de Vienne. Onnomma à fon arrivée par formalité quelques Dépu-tés pour l’examiner, & ils rapportèrent qu’ils avoienttrouvé, que les bruits qui courraient au préjudiced’Aitzema, avoient été répandus par un certain Men-zel Commiffaire Impérial à Hambourg . Les EtatsG. réfolurent après cet examen de recevoir l’Apolo-gie de Monfieur le Réfident & de le prier de conti-nuer à gérer fon emploi avec autant de droiturequ’il l’avoit fait antécedemment. On avoit déjà, ré-folu, peu de tems auparavant, d’envoïer une Dépu-tation à l’affemblée du Cercle de la baffe Saxe , &on ne tarda plus après la réponfe des Députés donton a parié, d’en charger Aitzema, afin de recom-mander aux membres qui la compofoient la conti-nuation de la paix & l’union, de même que pourleur notifier le traité que les Etats G. avoient concluavec la France . Les Etats fe fervirent cependantd’Aitzema pour entretenir une intelligence fecretteavec l’Empire, afin d’arriver par ce moïen à une cor-refpondance avec l’Efpagne. Il y eut même quelquesMiniftres qui étoient d’avis qu’on laiffàt réfider con-tinuellement Aitzema à la Cour de Vienne. Il futenvoïé encore le même été avec une commiilion fe-crette au Chancelier du Roïaume de Suède qui fe trou-voit alors à l’affemblée du Cercle, dont on a parlé, &qui fe tenoit à Magdebourg . L’on conclut au com-mencement de 1536. de députer Aitzema à Vienneavec le caractère a’Envoïé , afin de conclure avecl’Empereur & le Roi de Bohème & les Etats générauxun traité de neutralité & en mème-tems pour s’infor-mer s’il plaifoit à l’Empereur, que les E. G. eulfentun Réfident perpétuèl à Vienne, & fionvouloit l’en-vifager fur le même pied que celui de Venife. LePrince d’Orange ordonna à Mr. Aitzema dans la mê-me Députation , de demander en fon nom à l’Em-pereur l’inveftiture du Comté de Meurs. On arrêtace Député fort long-tems à Vienne par de vaines pro-meffes , car on ne lui promit pas fimplement la neu-tralité pour les Etats & l’invelliture pour le Prince.On ajouta outre cela que l’on érigerait la Comté enPrincipauté & que l’on cleveroit le Prince à la dignitéde Prince de l’Empire, mais ce n’étoient là que des chi-mères dont on vouloit le bercer. Le Prince d’Orangefut dans la fuite allés imprudent que de découvir à l’af-femblée des Etats une promeffequi ne le regardoit quelui feul ; & comme il vit qu’elle ne s’exécutoit point, ilaccufa Aitzema de n’avoir pas bien rempli toute l’éten-dué de fa commiilion en montrant trop de foûmif-fion, & pour d’avoir dit entr’autres, que le Prince necroïoit pas d’avoir jamais agi contre l’Empereur ou con-tre l’Empire , & qu’il avoit demandé l’inveftiture noncomme une chofe juftement due mais comme unegrâce. C’eft de cette manière qu’Aitzema encourutd’abord la difgrace du Prince. Charnacé Envoïé duRoi de France l’accufa encore d’avoir confeillé qu’onfit des traités particuliers avec l’Empereur & l’Efpagne& d’avoir eu plus à cœur l’avantage de l’Empereurque celui de fes Maîtres. La Cour Impériale s’étanttranfportée peu de tems après à Ratisbonne afin d’yélire un Roi des Romains, on pria Aitzema de l’yfuivre , l’Empereur lui faifant entendre , qu’il feroitagiter la neutralité dans le Collège Electoral, afinque la Cour d’Efpagne ne lui pût rien reprocher.Mais Aitzema trouva de tous les côtés tant d’oppo-fition à cette affaire de la neutralité , qu’après avoirobtenu de l’Empereur le 9. janv. 1657. une réponfepar écrit, concernant fa dil’pofition & fon penchantà la paix où à une trêve, il s’en retourna à Ham-bourg . Pendant ce tems là les François, les Anglois& les Suédois, de même que tous ceux qui ne fouhai-toient pas la paix, firent d’Aitzema le portrait le plus"affreux, difant qu’il s’entendoit avec l’Efpagne & l’Au-triche. ' L’Empereur Ferdinand H . lui avoit donnél’été précédent, de même qu’à Ernefte de Suhm
Gentilhomme de Poméranie , & à deux ConfeillersHollandois, le fief de l’Isle d’Ameland en Frife. Onenvifigea ce préfent comme une corruption, & lesdeux Confeillers courrurent le rifque d’être dépouil-lés de leurs charges & dignités & d’être traités de lapopulace comme des gens dévoilés à l’Efpagne & àl’Autriche . On avertit Aitzema de tous ces accidens,& il écrivit de Hambourg le 26. mars 1637. aux EtatsG. une lettre dans la quelle il leur difioit : qu’aïanttrouvé à Ion retour de Ratisbonne la ville remplied’une infinité de faufl’es accufations contre lui & famanière d’agir , il n’avoit pas laiffé, le repofant furfa confidence, que d’entreprendre le 19. mars, unvolage en Hollande afin de rendre compte de boucheà leurs H. P. de toutes fes négociations ; mais qu’é-tant arrivé dans la Comté d’Oldenbourg , il lui etoittombé par hazard entre les mains plufieurs écrits danslefquels on l’avertiffoit, qu’on lui préparoit déjà uneprifon à la Haïe & qu’on répandoit qu’il avoit méri-té d’être puni de mort à plus de vingt égards, & queIè fupplice le plus doux qu’on lui infligerait feroit d’ê-tre écartelé. Aitzema demandoit outre cela un fauf-conduit afin de pouvoir venir & s’en retourner fû-rement, & un délai à caufe de fon incommodité. Onrechercha pendant ce tems là tout ce qui regardoit lefief d’Ameland , pour voir s’il ne s’étoit rien paffédans cette affaire qui fut contraire à la fidélité d’unfùjet de l’Etat, mais comme on n’y découvrit rien delèmblable, on déchargea les deux Confeillers Beau-mont & de Waveren qui avoient part au fief avecAitzema, de toute acculation. On conclut cependantle 2f. avril d’envoïer à Hambourg le CommiffaireCrœfe, afin de remettre d’une manière honnête unelettre à Aitzema de la part de leurs H. P. dans laquel-le on l’exhortoit & on le prioit de revenir à la Haïe,& del’aflîirer, après la lui avoir rernife , de l’eftimeque leurs H. P. avoient pour fa perfonne & qu’il n’é-toit venu que pour le tranquillifer & pour le prierde venir avec lui au plutôt en Hollande. Mais onavoit de plus ordonne au Commilfaire fi ce premiermoïen ne lui réülîîffoit pas de s’adreflèr à la Régen-ce de Hambourg & de demander que l’on agît deviolence à l’égard d’Aitzema & qu’on le livrât avecfes papiers entre les mains du Commiffaire, & quefi on refufoit de le lui livrer en perfonne, il devoitau moins tâcher de fe faifir des papiers. Mais undes amis d’Aitzema, membre de l’affemblée des Etatslui donna avis de tout, ce qui l’engagea à fe retirerà Prague , où on lui reprocha fon empreffement pourl’affaire de la neutralité en lui difant qu’il en étoitjuftement puni. C’étoit là cependant le feul endroitoù il pouvoit être en fureté, car il n’avoit pas fim-plement indifpofé par la négociation de la neutralitéla Cour de France, d’Efpagne & de Suède , mais aulficelle d’Angleterre. Le Roi de Dannemark le regar-doit comme celui qui avoit le plus contribué à l’a-bolition du péage de Glûkftat, c’eft pour cela que ceMonarque en écrivant aux Etats généraux lui donnapar ironie le titre de Baron d’Ameland . Mais c’étoientceux de la Frife fes compatriotes qui étoient encorele plus animés contre lui. Les Etats de cette Pro-vince écrivirent à leurs Députés à la Haie de mêmequ’au Prince d’Orange qu’on leur devoit feulementenvoïer les chefs d’accufation , qu’ils feraient le pro-cès à Aitzema, & que s’il ne fie préfentoit en per-fonne, on fe faifiroit des biens qu’il avoit en Frife.On leur envoïa donc ces articles qu’ils demandoient,mais ils exigeoient qu’on leur en communiquât d’au-tres, & comme l’on 11e trouva plus rien on ceffa larecherche. Aitzema fe réfugia dans ces entrefaites dePrague à Vienne où il mourut peu de tems après,& où il fut enterré dans l’Eglifie des Dominicains ,pareequ’il avoit embraffé la ffeligion Catholique Ro-maine . * Leon. Aitzema Allions militaires & politi-ques , tom. II. Rel. Francof. Aut. 1637. p. 2f. 26.Luif. DiHion. des Païs-Bas. Suppl. Al. de Baie.
AIX , ville deFrance, &c.f CorreBious) En parlant desEglifes & Mai fins Eccléjiaftiques de cette ville , on a ditl’Eglife de St. Sauveur eft encore paroiife. Il y en adeux autres..... avec un grand nombre de MaifonsEccléfialtiques. Ilfalloit dire, il y a.trois autres pa
X 3 roiifes _