180 A L B
A L B
même jour dans PEglife de St. Sébaftien hors desmurs > & Charles-Pierre-Luc-Bernardin Albani , liépollhume le ig. & baptifé en PEglife de St. Marcelle 19. d’oétobre 1724. aïant eu pour parain Alexan-dre Cardinal Albani, fon oncle. * Supplément deParis .
ALBAM, de Bergame . On prouve l’anciennetéde cette famille par deux anciens monumens. _ Leprémier eft une mfcription dont Octave Roffi &Onuphre Mella parlent dans leurs écrits, & qui eltgravee lur un marbre, qui fe trouve dans l’Isle dulac de Garde 5 voici ce qu’elle porte,
El PUPAALBICCONIS. T.
ALBANUS. QUATIOFILI.UNT.
On dit que cette infcription avoit été faite dans cetteIsle l’an de J. C. 271. Le fécond monument fe trou-ve dans une chronique de la Bibliothèque d’Ambroi-fe à Milan , dans laquelle il eft parlé de la familled’Albani de Bergame en ces termes: Albani Nobilesgr anticjui ex Sicilia venerunt anno Domini g6f. pofi-quam Ludovicus Jmperator Saracenos in agro Beneven-tano fuperavit, of ex iftis Nobilibus defîenderunt Nobi-les de Albanis de urbe veteri . Cette famille s’étantdivifée en plufieurs branches, l’une d’entr’elles s’éta-blit à Bergame , comme il paroît par plufieurs an-ciens diplômes du 4. mai 1042. du 10. août 104g. du27. avril 1048. & du ig. avril 1 iof. qui font voirclairement que cette famille d’Albani avoit échangéplufieurs biens de campagne avec le Chapitre desChanoines de cette ville & lui avoit fait plufieurs do-nations. Tout ceci fe trouve marqué dans les Ar-chives de PEglife Cathédrale de Bergame qui ren-ferment encore plufieurs preuves de cette forte, maisqu’il feroit trop long d’indiquer ici. Nous trouvonsdans les tems fuivans plufieurs monumens remar-quables de cette famille, comme du 14. décembre1277. du f. avril 1287. & du 7. août 1 g 1 g. annéesdans lefquelles un Ottobon , un Bonadée, & un autreOttobon, ont été Confuls de la ville de Bergame , com-me il eft facile de le voir dans les Archives de l’Egli-fe de la Miféricorde à Bergame . Il faut remarquerque dans ces tems-là le pouvoir des Confuls de cetteville s’étendoit aulfi bien aux affaires civiles qu’auxaffaires criminelles. Les années fùivantes ont pro-duit plufieurs Albani, tous dittingués par des char-ges importantes. ^ean Albani étoit l’an 1410. Com-miffaire de Pandolt Malatefte, comme le témoigne P.Céleftin à la p. 298- du 2. tome de fon hiftoire. An-toine Albani étoit celui à qui l’on a remis Pan 1428.la reddition de la ville de Bergame à la République deVenife. Laz,arin Albani fut député, dans les circon-ftances fàcheufès, où fe rencontroit fà patrie, à la Ré-publique de Venife, comme cela eft marqué dans lesArchives de Bergame au 27. feptembre 1440.
Antoine Albani avoit g. fils, (1.) Jaques,qui étoitChevalier doré , Eques auratus. (2.) Ùominique. (g.)Dorât in , qui a auffi été député à Venife , commeon le voit par les Archives de Bergame du g. août1487. L’Empereur Frédéric III. accorda à ces troisfrères & à leur poftérité la dignité & les privilègesde Comtes & Chevaliers du St. Empire , ainfi que lediplôme qu’on leur en a donné du 10. avril 1479.en fait foi.
Le Comte Dominique avoit un fils nommé Fran-çois, Comte & Chevalier , qui a été envoïé à la Ré-publique de Venife pour les affaires les plus impor-tantes de fa patrie, comme le font voir les Archivesde Bergame de l’an 1700. Il fut envoïé avec lemême caractère à Louis XII . Roi de France, ainfique le prouve la harangue qu’il adreffa à ce Monar-que le 29. juillet de l’an 1709. Les Efpagnols aïantabandonné la ville de Bergame , ils en remirent lesclefs & le Gouvernement à ce François Albani, com-me le témoigne Borg. & d’autres Ecrivains. Il main-tint aulfi fi patrie du tems de la Ligue de Cam-brai , en affermillànt fes concitoïens par fes confeilsSi par l’eltime qu’ils avoient poqr lui dans la fidé-
<&
é
$
$
lité à la République de Venife. Son fils le ComteJean Jérôme fut établi en 1774. par la Républiquede Venife, Sur-Intendant de fes troupes de pied & decheval, & il a reçû en différentes rencontres impor-tantes des ordres immédiats de la part du Sénatde la République. Il étoit un zélé défenfeur de laReligion Catholique Romaine , & il protégea dansfon château Rocca di Urgnano le P. Michel Ghislierialors Inquifiteur général de Bergame . L’EmpereurCharles V. lui donna encore deux nouveaux diplô-mes par lefquels il le confirmoit dans tous les pri-vilèges des Comtes de l’Empire. Jérôme Albaniétoit deftiné à de plus grandes dignités encore. Aïantperdu fon époufe dont il avoit eu trois fils, leComte Jean-Baptifle , le Comte Jean-François, & leComte Dominique , le Pape Pie V . le nomma, pourlui témoigner fa reconnoilfimce, fon Clerc de la cham.bre. Il fut enfuite choifi pour être Gouverneur dela Marche d’Ancône, & le Pape lui conféra finale-ment la dignité de Cardinal du titre de ante PortamLatinam. L’Empereur Maximilien II. Philippe Ca-tholique Roi d’Éfpagne, & Dont Juan d’Autriche eu-rent recours à lui, dans leurs affaires les plus impor-tantes, comme le témoignent les lettres qu’ils luidépêchèrent l’année 1771. & 1772. Il s’en fallut en-core fort peu dans deux Conclaves, qui fe tinrent,qu’il ne fût élevé au St. Siège. Les plus célèbreshiftoriens font mention de fa prudence & de fonfavoir. Son fils aîné le Comte Jean-Baptifle parvintà plufieurs dignités Eccléfiaftiques. Il obtint fous lePontificat de Pie V. l’Abbaïe de St. Lanf'ranc à Pa-vie & de SS. Simon & Jude à Bergame , de mêmeque le titre de Patriarche d’Alexandrie . Il mourutfort jeune après avoir mis fin aux différens entreles Efpagnols & le Cardinal Borromée. Ses éminen-tes qualités le firent beaucoup regretter. Le ComteJean-François fon fécond fils, Te diltingua beau-coup dans l’art militaire en France, en Lombardie &à Rome , & il obtint en 1747. le pofte confidérablede Capitaine des Lances de la République de Veni-fe. La fortune l’aïant conduit à Conftantinople, &y aïant fait paraître fon habileté dans l’exercice dela lance, avec les prémiers Seigneurs de la CourTurque, il reçût pour prix de fa valeur, une chaî-ne d’or de la main de l’Empereur Soliman , & ils’en retourna avec la permiffion de ce Monarquedans fa patrie, après quoi il mourut à Ferrare com-me Capitaine des Lances du Duc. Le Comte Jean-Dominique fon fils cadet, s’effaïa d’abord en Hongrie contre les Turcs, d’où il paflii en France où il futColonel fous le règne de Henri IV . Ses mériteslui attirèrent fi fort la faveur de ce Roi , que lorf-que des raifons très preffantes le rappellèrent dansfa patrie, Henri IV . lui donna une lettre de congédu 2g. mai 1606. dans laquelle il témoignoit l’eftime& l’amitié qu’il avoit toûjours eue pour lui. Dèsqu’il fi.it de retour dans fon païs il fut créé Chevalierpar le Pape Clément VIII.
Le Sénat de Rome reconnut auffi les vertus deces trois frères, en les recevant pour toûjours dansfon corps , & leur accorda la dignité de Patriciensavec tous les privilèges des principales familles deRome , ainfi qu’il eft aifé de le voir ^par le diplômeremarquable qui leur en a été donne du 17. mars1761. Le Comte Jean-Dominique avoit deux fils,Jean-Jérome & François, qui fe conduifirent tousdeux d’une manière convenable à leur naiffance. UComte Jérôme étoit Penfionnaire de PEglife A Che-valier de St. Etienne. Le Comte François étoit Pen-fionnaire d’Henri IV . Roi de France , & étoit forthonoré à la Cour de ce Monarque , comme il paroitpar les lettres du Cardinal d’Offat pag. 7g. Il fervitdans le plus fort de la guerre de Fnoul comme vo-lontaire , avec le titre de Colonel de 700. piétons dela République de Venife, & il fut envoïé au-delfousde Gradifca. François Albani eut l’honneur de logerà Rocca di Urgnano Ferdinand Roi d’Hongrie, lorf-qu’il pallà de Milan en Allemagne. La Ville de Mi-lan lui confia en 1617. la furveillance fur tout fonterritoire afin de pouvoir parer à tous les inconvc-niens qui arriveraient en tems de guerre. H i' en }'