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déminait qu’il n’uvoit fait par le paiîé. Cependantil ne perdit point de vue le projet du Patriarchat ,
& le dcilèin d’enrichir fon Eglife, à la-quelle il ajou- ^ta plulicurs places. 11 recouvra auiîi ce que Magnuslui avoit enlevé. Il avoit une grande autorité, &quoi-qu’il fut valétudinaire, il adminiltroit toujoursles affaires de l’Empire; de quoi les Princes n’étoientpas fort contens. Comme la fin de fa vie appro-choit, il tomba dans une profonde mélancholie, par-ce qu’il n’avoit encore pîi recouvrer les autres biensde fon diocèfe, ni exécuter fon projet. A la mala-die de l’ame fe joignit aulfi celle du corps, qui leconfuma. Il travailla aux affaires jufques aux der-niers momens de fa vie & mourut à Goslar le 1 6.mars 1072. après avoir témoigné un férieux repen-tir de là conduite palfée. * Albert, St ad. ad an.1072. Krantz, Metrop. lib. IV. & V. Wotteri,Chron. in Aleibom. Rer. Germ. tom. II. p. g y. fitjef.Spangenberg , Mansf. Chron. f. 1 g 1. DiEl. de Holl.
ALBERT II. Archevêque de Brème, fils de Mag-nus le Pieux , Duc de Brunfwik, eut bien des brouil-leries avec les habitans de Brème. Jean de Sefter-flet fon Doien le fit palfer pour un hermaphrodite;mais après la vifitation faite, cette acculàtion futtrouvée faulTe, & le Doien, qui cependant s’étoit re-tiré à Ferden , fut obligé de venir lui demander par-don en préfence de cent Gentilshommes. Albertmourut en 1 g9f. après avoir tenu le fiège pendantg g. ans. La feule chofe qu’on puiffe lui reprocher,cil d’avoir, par fa grande profufion & les fornp-tueux repas, dans lesquels il faifoit en une fois desdépenfes qui auroient pu fuffire pour un mois, ilréduit fon diocèfe à une telle pauvreté, qu’on étoitobligé d’engager les maifons & les terres. * Krantz,lib. IX. Aietrop. Wolters, Chron. in Meihom. Rer.Germ. tom. II. p. 66. & 6j. Buntings, Chron. p.261. Ditt. de Holl.
ALBERT II. Evêque d’Halberftad, fils d’Albertle Gras Duc de Brunfwick, fut après la mort d’Al-bert I. d’Anhalt, élu en 1724- par quelques Cha-noines, & confirmé par l’Archevêque de Maience.
Et quoique les autres Chanoines euifent élu Louisde Niendorff, & que le Pape voulut leur faire pren-dre un Gentilhomme de, Holftein, nommé Gifeler,cependant Albert demeura en poiïeilion, augmentafon diocèfe de plulicurs châteaux, & lui rendit lu-jette la ville de Quedlimbourg. Il eut avec le Marg-grave de Mifnie une difpute, qui fut liiivie d’uncombat, dans lequel le Duc Erneft, frère d’Albert Ritfait prifonnier, auiîi, bien que .fon oncle Guillau-me. Il fit la guerre aux Comtes de Regenltein &de Mansfeld , a caufe que Clément VI . avoit donnéà Albert de Mansfeld l’Evêché d’Halberftad depuis lamort de Gifeler. Les bourgeois de Halberftad, àrinifigation du Doien de la cathédrale, l’attaquè-rent un jour fi vertement, qu’il fut obligé, pourfe fauver, de fauter par-deflus les murailles. Étantparvenu à une grande vieilleife, il céda fon Evêchéa Louis, Marggrave de Mifnie, que le Pape avoitnommé depuis la mort d’Albert de Mansfeld. Aprèsy avoir tenu le fiège pendant go. ans, & donné 20.batailles, on la plupart du tems il avoit remportéla vi&oire, il mourut l’an 1 gfg. * Scriptor. Hal-berftad. Budxus , mm leben und thaten Alberti xuBraunfehvveig.
ALBERT , furnommé le Saint , célèbre Carme duMont Trapano, dont les Hiftoriens Catholiques ontraconté ce qui fuit. On ne fait pas quelle ville luia donné la nailfance. Ceux de Trapano en Sicile le réclament comme leur citoïen. Tout ce qu’on enfait, c’eft qu’U eft d’une noble extraction. Ses pa-reils qui étoient Bénoit Adalbati, & Jeanne Paliin.en 2 6. ans de mariage n’avoient point eu d’enfans;mais dès qu’ils eurent fait vœu de confacrer à laSainte Vierge , dans l’ordre des Carmes , le prémierenfant qu’il leur naîtroit, fa mère ne manqua pasde concevoir. Un flambeau brillant que les parensvirent en fonge, comme fortant du ventre de lamère , leur fut un préfage de l’éclat de la faintetéde leur fils futur. Il naquit fur la fin du règne deSupplément. 7orne I.
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Pierre d’Arragon, lorfque Frédéric II . étoit Roi deSicile , vers l’an i22cx Ce jeune enfant n’eut pointde goût pour les plaifirs de ceux de fon âge, & enapprenant ce qu’on lui montrait, il pratiquoit auflïles leçons de la piété. Aïant fû le vœu que les pa-rens avoient fait, il fe hâta d’ètre reçu dans lecloître des Carmes , qui n’eft pas éloigné de Tra-pano , & où il entra avec un grand zèle dans lechemin d’une fainte vie. Si d’un côté il brilloitpar la pratique de toutes les vertus, de l’autre , ils’avança tellement dans la connoifl’ance de la Théo-logie , qu’il fe failbit diftinguer parmi les plus fa-Vans de ce tems-là. S’étant chargé de l’emploi dela Prédication , il tira une infinité de gens hors dubourbier du péché dans la voie falutaire de la re-pentance, & convertit à la Religion Chrétienne quel-ques Païens & quelques Juifs. Sa fainteté fut con-firmée par plulieurs miracles. Ceux qui ont écritfa vie, rapportent, comme quelque chofe de mé-morable , que dans le tems que Robert, Roi deNaples , étoit en 1501. devant Melfine avec unepuiifante flotte, qui, félon toute apparence, devoitréduire cette ville aune extrême famine. Albert, àla prière des bourgeois, obtint de Dieu , que qua-tre vaiifeaux chargés de grain, pallàflènt au traversde la flotte , & arrivaiîent jufques dans la ville pourla nourrir. Il eut auiîi le don de la Prophétie, deforte qu’étant éclairé de Dieu même, il voïoit lesplus lecrettes penlèes des cœurs, & faifoit d’autresmerveilles qui relevoient fa fainteté, & qui don-noient du luitre à fa réputation. Il fut élu Pro-vincial de fon ordre en Sicile . Enfin s’étant retirédu commerce des hommes dans le cloître de Metfine , comme il avoit atteint un grand âge, il com-mença à fouhaiter de fe voir dans fa célefte patrie.Le jour de fa mort approchant, il fit venir auprèsde lui les Religieux, & leur prédit l’heure de fa mort,& de celle de fa fœur, qui mourrait le même jour.Etant prêt à quitter cette vie , il pria Dieu à ge-noux, & après avoir invoqué la vierge, il dit cesdernières paroles : Seigneur, je remets mon efprit en-tre vos mains , & mourut le 7. août 1507. D’autresmettent fa mort en 1292. mais cela 11e fauroit s’ac-corder avec ce qui eft dit ci-defliis, du fecours que fesprières donnèrent à Meftine en 1301. Son ame s’envola droit au Ciel, fous la forme d’une colombe,en préfence des Religieux, pendant que le corps,couvert d’un rude cilice, exhaloit une odeur extra-ordinairement agréable. Le peuple de Melîîne ap-prit fa mort par le fon des cloches, qui fe firententendre d’elles-mèmes. Le corps fut porté avecpompe dans la cathédrale, où il s’éleva une difputeentre le Clergé & le peuple, lavoir, fi 011 chante-rait la prière, ou le cantique pour les morts, oubien, l’hymne pour les Confeflèurs ; mais on enlaifl’a la décifion à Dieu , & l’Archevêque de MelII-ne ordonna au peuple de prier Dieu qu’il lui plûtde faire connoitre là volonté. Cela eut fon effet,car deux Anges, tout réplendiflàns d’une lumièrecélefte, delcendirent du Ciel, & après avoir dit cesparoles du Pf 57. v. go. (félon l’Hébreu , ou Pf.g 6. v. go. félon la Vulgate ) La bouche du ffufte pro-férera fapience , ils difparurent tout d’un coup. Dieuaïant de cette manière fait connoitre fa volonté ,on fit la cérémonie pour les Confelfeurs , pendantque chacun verfoit des larmes de joie. Le corpsqui fut depofé dans l’Eglife des Carmes, opéra uneinfinité de miracles. Voilà pourquoi le Pape SixteIV. canonilà Albert par une bulle publiée à Rome le gi mai 1476. Pluiieurs fe font mêlés d’écrire lavie de ce Saint, & fur-tout Vincent Barbai'us deTrapano. Cette vie a été imprimée à Païenne eniyg 6. & réimprimée la même en 1688- Parmi ceuxqui ont publié cette vie, on compte encore OétaveCaétan dans fa fécondé partie des Saints de Sicile ;Jean-Marie Politien ; Théodore Arian à Meffine en1 6f6. Thomas Cantoni à Bologne en 1679. L’AbbéLaurent en vers Italiens à Florence ; Baptifte Man-touan en vers Latins; Pierre Ribadineira dans lesvies des Saints ; Placide Saunier; Jean-Marie For-nari. Bzovius en fait anfti mention dans fes A11-B b nales