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Champagne & Brie, veuf d ' Ame-Genevteve de Lévîs-Ventadour.
Il parut en 1751. un livre imprimé fous] le ti-tre de Mémoires de la mère & du fils, dans lequelon donne une faulfe origine à la rnaifon d’Albert ;c’eft une fable qui fut compofée dans les comraen-cemens de la faveur du Connétable de Luynes, pourle décrier auprès du Roi Louis XIII . & pour dé-goûter ce Prince de ce Favori. * Suppl, de Paris .
ALBERT de Sainte Eugène, ÇLe Père) Auguftin-Déchauffé, célèbre Antiquaire, etoit né à Paris d’u-ne honnête famille , & s’appelait dans le mondeFrançois Durand. Après avoir fait fes études d’Hu-manité dans le Collège de Harcourt, il fut envoïédans le Séminaire de Valognes en Normandie , parle célèbre François de la Luthumière fon parent,Prêtre d’une vertu fîngulière, pour y être formédans la piété Chrétienne . Il y fit un féjour de troisans , & étant de retour à Paris , il renonça au mon-de, & entra dans l’ordre Religieux Auguftins-Dé-chauffés , où il fit fes vœux dans le couvent de Pa-ris . Enfuite aïant achevé fes études , il s’adonnaavec la permiflion de fes Supérieurs à la connoif-fauce des médailles antiques, & autres monumens del’antiquité, pour lefquels il avoit un goût naturel,& qui fut encore excité par le commerce qu’il en-tretenoit avec les Antiquaires. Il forma en peu d’an-nées un cabinet des plus curieux, aïant ramalfé unetrès belle fuite de médailles antiques, tant de l’EmpireGrec que de l’Empire Romain, en grand & moïenbronze, & en argent & en or. Il enrichit de quantitéde figures antiques en bronze & en marbre, commede Dieux domeftiques, d’idoles, vafes de facrifices, fé-pulchres, urnes & lampes fépulchrales, corail, perles,terres figillées, pierres gravées, & d’un nombre infinide coquillages de toutes efpèces. Il l’accompagna enco-re de plufieurs bons tableaux, de divers recueils debelles eftampes, & de la plus grande partie des li-vres qui traitent des médailles & des monumens del’antiquité. Le tems qu’il emploïa à ces diverfes re-cherches ne l’empêcha point de remplir fes obfer-vances, & de s’aquitter des devoirs des charges defa Congrégation par lefquelles il paifa, aïant exercéçntr’autres celles de Prieur de St. Germain en Laie,de Procureur-général en Cour de Rome, & de Prieur,de la maifon de Paris . Il mourut dans cette mailonde l’opération de la taille, le 26. de mai 172.7. âgéde foixante & onze ans accomplis , & de cinquante-trois de profeffion. * Supplément de Paris .
ALBERT d’Eüb, Doct. en Droit, & Valet-de-chambre du Pape Pie II . & Chanoine des Eglifes deBamberg & d’Eylfet, vivoit environ l’an 1460. Ila écrit un livre intitulé Margarita Poëtica dans le-quel il a rédigé en ordre toutes les fentences tirées desanciens Philofophes, Hiftoriens & Poètes, 8c des li-vres des Modernes, qui pouvoient fervir à formerle finie & les mœurs. Il a paru de lui un ouvrageaffez.bon, dédié à Jean, Evêque de Munltcr, & auDuc de Bavière, imprimé à Nurremberg l’an 1472.in fol. par Jean Senfenfchmid, & depuis à Romel’an 1477. in fol. chez Udalric Gallus, finalement àBâle l’an 1497. chez Jean Amerbach. * Fabricii BibiLat. med. & i»f- estât. tom. I. p. 106.
ALBERT. La famille d’Albert qui fubfifte en troisou quatre branches dans la ville a’Aix , eft originai-re du Comté de Nice, & elle elt placée au rang desplus nobles & des plus anciennes de ce païs-là au rap-port de la Chiesa Evêque de Saluces, dans fa Cou-ronne Roïale de Savoie .
Pierre Alberti, ou d’Albert, fils de noble Jean Al-berti de la ville de Nice, vint s’établir en Provence *fous le règne du Roi René , premièrement dans laville de Riez, & enfuite dans celle d'Aix . Ce Roiaïant connu le mérite de Pierre Alberti, le fit d’a-bord fon Secrétaire , & J’honora dans la fuite de plu-fieurs importantes commifiions, entr’autres de cellequ’il lui donna par lettres du 29. Avril 1472. pourtaxer tous les Notaires de la province, lui donnanten même tems pouvoir d’en modérer la taxe, avec
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déclaration qu’il s’en remettoit entièrement à fa con-duite ordinaire , & au zèle qu’il avoit pour fon fer-vice. Il époufa l’an 1488- ' a Marquife de l’Elfait,ou des Eofarts, fille de Guillaume de l’Elfart, Pro-cureur-Fifcal du Roi René , fon Auditeur Archivage,& Maître Rational en la Chambre des comptes deProvence , & comme par le contrat de ce mariage,Guillaume l’Eilart s’étoit obligé de réfigner fon Offi-ce d’Auditeur Archivaire à fon beau-fils, celui-ci enconféquence en fut pourvû le 27. de novembre dela même année 1488-
Guillaume de l’Eflkrt étoit iffu de l’ancienne & il.luftre famille des Effarts de la province de Cham-pagne , comme il paroît par les armes qu’il portoit,ravoir de geules a trois croijfans d'or, qui font les mê-mes que fon voit en différens endroits du Roïau-me, particulièrement au bas de la grande figure deSt. Chriftophle dans l’Eglife de Notre-Dame à Paris ,& s’étant trouvé embarraffé dans les fadtions que lesAnglois avoient cauf'é en France fous le règne deCharles VI . il fut obligé, pour mettre fa perfonneen fûreté, de fe réfugier en Provence , où le RoiRené lui aïant donné fà protection, il s’attacha de-puis fortement à la perfonne de ce Prince, lequel enreconnoiifance des grands & notables fervices qu’illui avoit rendus, dans les charges qu’il avoit eues,& dans les importantes commiifions qu’il lui avoitdonnées, lui affranchit & à fa pofférité, tant mâlesque femelles, les biens qu’il poffédoit dans la villede Riez & dans fon terroir, jufqu’à la concurren-ce d’un demi-feu, par lettres-patentes de l’an 1477.privilège qui fut depuis confirmé par les Rois Com-tes de Provence à Pierre Alberti & à fes defcendans,qui ont fuccédé aux biens de Guillaume de l’Eifart,fuivant fa dernière difpofition , à la charge de por-ter fes armes, comme elle font blazonnées ci-deifiis.
Guillaume de l’Effart étant mort l’an 1497. la Mar-quife de l’Effart fa fille fit mettre cette épitaphe furfbn tombeau dans l’Eglife des Frères Prêcheurs àAix .
Memoriet felici, praclari viri nobilis Guillelmi de l'Ef-fitrt, Regis Confil. Proc. Fifcalis , gr Magifiri Ratio-nalisa qui proie mafiulina orbatus, obiit anno fitlutisM. CCCC. XCVI. Nobilis Marq. de l'EJfart, uxornobilis Pétri Alberti Mag. Rationalis , unie a ejusfilia, pofuit.
L’on voit encore cette infeription & les armes deGuillaume de l’Eifartj favoir, les trois croilfans gra-vés fur fon tombeau, qui a depuis fervi de fépultureà tous ceux de la famille d’Albert. Du mariage dePierre Alberti & de Marquife de l’Effart, fortit Bal-thasar Albert, qui fut pourvû l’an 1722. de l’officed’Auditeur, que fon père avoit eu de Guillaume del’Elîàrt l’on beau-père , & qui a depuis été fîiccelli-vement poflédé jufques à nos jours par fix de cet-te famille. C’eft ce Balthazar qui commença de por-ter les armes de la maifon de l’Elfart, aïant laifféles fiemies propres, qu’on croit avoir été un lion degeules en champ d'or , & à fon exemple tous fes def-cendans ont depuis toûjours porté de geules & troiscroijfans d'or.
Baltazar d’Albert fut père de ffean & à'Antoined’Albert , qui firent deux branches. Jean a faitcelle des Seigneurs de St. Martin, qui font les aînés,8 c de laquelle eft Chef Antoine d’Albert, Seigneurde St. Martin , Avocat-général au Parlement d’Aix,& Antoine a fait l’autre branche, de laquelle il s’enelt formé trois , d’une defquelles Jean d’Albert,Confeiller aux comptes, marié avec Thérèfe d’Ai-mar eft le Chef ; EJ'prit d’Albert, Seigneur de Ste.Croix, & Balthasar d’Albert , Seigneur de St. Hi-polite font les Chefs des deux autres, toutes habi-tuées dans Aix , & portant les mêmes armes. LeSeigneur de Ste. Croix d’Albert a eu un frere Che-valier de Malte. * L’Abbé Brianfon , Nobiliaire deProvence, tom. 1. p. 267.
f ALBERT. Cette famille eft différente de la pré-cédente. Baltasar d’Albert II. du nom, Seigneur deSilans en eft le Chef. Antoine d’Albert fon trifaïeul,
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