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Religieux dit au contraire que ce fut le Pape Pie IT.qui, par un Bref du 3. janvier 14pp. leur permit defaire des vœux folemncls & qu’il y en eut douze, quiles prononcèrent, en préfence du Prieur du couventde Malines , comme il ell marqué dans un livre enlangue Flamande imprimé l’an 1637. dans lequel ona inféré line Bulle de Sixte IV . de l’an 1472. quileur prefcrivit la Règle de St. Augultin, & leur ac-corda des Privilèges, qui furent dans la fuite confir-més par le Pape Jules II. & Urbain VIII . Le Miredit auiii que Sixte IV . leur permit d’élire un Géné-ral. A cette occafion le P. Héliot remarque que fi cetordre a eu un Général, cela n’a plus lieu à préfent.Car, dit-il , j’ai appris d’un de ces Religieux quiétoit à Paris en 170p. que leur ordre elt divifé endeux Provinces , l’une d’Allemagne & l’autre de Bra-bant ; que les Religieux de celle d’Allemagne ontpour Commilfaire , ou pour Supérieur Provincial,un Religieux de l’ordre des Porte-Croix , qui préfideà leurs Chapitres, & fait la vifite de leurs cou-vens; & que ceux de la Province de Brabant élifentun d’entre eux pour préfider à leurs Chapitres. Ou-tre ces deux Provinces il y a encore quelques cou-vons qui font immédiatement fournis aux Evêques ,& d’autres qui ont pour Supérieurs Majeurs des Re-ligieux de quelques autres ordres, comme ceux deFumes, tjui reçoivent obédience & reconnoiflent pourleur Supérieur Majeur & Vifiteur l’Abbé de St. Nico-las de Fûmes de l’ordre des Prémontrés, & ceux deGand ont pour Supérieur l’Evêque même.
Ces Religieux font tous Laies & ne reçoiventpoint de Prêtres parmi eux. Ils ont foin des mala-des , fervent les pelfiférés, enterrent les morts, ontaulli foin des fous, & la plupart de leurs couvensfervent de lieux de correction pour les enfans de fa-mille qui s’écartent de leur devoir. Ceux de Colo-gne font obligés d’allifter à la mort ceux qui y fontcondamnés par la Jultice. Ils font très riches enplufieurs endroits & principalement à Gand, où cha-que perfonne qui meurt, leur doit un écu, quatreflambeaux & un fehelin par flambeaux, lorfque c’eltune perfonne de diftinction.
Leur habillement confifte en une robe de fergeiioire , & un fcapulaire de même, auquel eft attachéun capuce , & lorfqu’ils fortent ou qu’ils vont auxenterremens, ils mettent une chape de même cou-leur , comme celle des Jacobins, dans laquelle ils en-ferment le bout de leur capuce qui fe termine enpointe. La robe, le fcapulaire & la chape defeen-dent jufqu’aux talons. Les Supérieurs des couvens,qui ont titre de Prieurs , ne portent point de chapes,mais un manteau long, comme les Eccléfiaftiques.Les Alexiens de Gand l'ont diltingués des autres ence que lorfqu’ils vont aux enterremens, ils portentun manteau ou chape à l’antique de couleur cendrée,fermée par devant, n’y aïant que deux ouverturesaux côtés pour palfer les bras. Elle a plufieurs plisau collet, & defeend jufqu’aux talons. Chaque cou-vent a des armes particulières, mais ils y joignentprefque tous un efcalier en mémoire, difent-ils, deSt. Alexis, qui demeura dix-fept ans fous un efcalier,qui fe conferve à Rome dans l’Eglifc qui porte fonnom. Les Alexiens de Liège font appellés Nollards& furent fondés en ifoj. par Erard Marca Cardi-nal, qui mourut l’an if?8-
Il y a aufii des Religieufes de cet ordre qu’onnomme aulfi Cellites , en quelques lieux Colleftines& plus communément les Sœurs noires. Non plusque les Alexiens , elles ne favent point leur origine.Filles ne gardent point la clôture. Elles obfervent larègle de St. Auguftin & elles font un quatrième vœud’affilier les malades , même en tems de pelle, &dans plufieurs endroits elles ont foin des filles Repen-ties. Quelques unes ont des Hôpitaux , d’autresvont feulement dans les maifons des particuliers, pourfbigner & panier les malades, lorfqu’elles y fontappellées. Il y en a qui font foûmifes aux Evêques ,mais la plûpart font fous l’obéilfance des Provin-ciaux des Alexiens des provinces d’Allemagne & deBrabant. Elles font aulfi habillées de noir avec unfcapulaire. Quelques-unes ont un voile blanc, d’au-
tres en portent un noir , mais quand elles fortent,elles mettent fur leur tête une huque ou manteau,qui leur couvre prefque tout le corps. * Aubieit leMire, Hift. de l'origine des ordres de St. Auguflin,Creufen, Afonafiic. Auguft. Tambur. de Jure Abb.dijp. 24. Bonarini , Catalogus Ord. Belg. Jod. Am-man , omnium Ord. Habitus. Francifcus Mod. deorigin. omn. Ord. Schoonbeck, Hiftoire des ordres Re-ligieux. Le P. Héliot, Hifloire des ordres Religieux,tom. HL p. 40 x. &c. Voïés dans le DiEl. Ceintes/
ALEXIS PETROWITZ, étoit fils de Pierre I .Czar de Rulîie & de fa première époufe Eudoxie La.puchin. Il naquit au mois de février de l’an 1692.On confia la fùrveillance fur la conduite de ce Prin-ce au Prince de Menzikof & fon inftrudion au Ba-ron de Huyifen, qui tâchèrent tous deux de le ren-dre propre à gouverner un jour les Etats de fonPère. Mais tous leurs foins Rirent inutiles , & onavoit par conféquent lieu de n’attendre pas grandchoie de lui; car les mauvaifes manières qu’il avoitapprifes des femmes, à qui l’on avoit commis fa plustendre jeunefle, les mauvaifes compagnies qu’il fré-quentoit & par le commerce defquelles il contraftoitdes penchans & des habitudes vitieufes, jointes audégoût naturel, qu’il avoit pour tout ce qui exigeoitdu travail & de l’affiduité & à la peine qu’on avoit àle lui faire entreprendre, faifoient perdre toute efpé-rance & ne préfageoient que trop fa mauvaife con-duite fiiture. Alexis avoit le don de fe faire envi-fager extérieurement pour tout autre qu’il n’étoit,mais il avoit dans le fonds très peu de déférencepour les ordres de fon père. Il rejettoit entièrementles inlt ruerions & les avis de fes précepteurs, & avoiten horreur les affaires politiques, & militaires, deforte que l’on ne doit regarder que comme l’effet dela pure flaterie les louanges qu’011 lui prodiguoit dansfà jeunefle fur fon bon lens, les excellentes qualités& le goût infini qu’on lui attribuoit pour les feien-ces , & en particulier pour les Mathématiques.
Le Czar fon Père l’avertiffoit quelquefois fort arnia-blemcnt, & tâchoit d’autrefois à le ramener dans lebon chemin par de rudes châtimens. Il le condui-fit pour cet effet, à différentes reprifes, avec lui à l’ar-mée , le fit voiager, & lui remit, de tems en tems,pendant fon abfence, une partie du Gouvernement,afin de le rendre capable d’occuper un jour le trôneavec honneur, mais toutes ces tentatives firent aulfipeu d’imprefiion fur Alexis que les précédentes, & nefervirent qu’à faire connoitre d’autant mieux la baf-felfe & la contrariété de fon efprit.
Tout ceci fit craindre à ce jeune Prince de s’atti-rer la haine du Czar, de perdre la fuccelfion auRoiaume, & d’être finalement obligé de palfer triile-ment fes jours dans un Monaftère ; c’ell pourquoiil forma félon le confeil que lui en avoit donne famaitreffe , la réfolution de feindre pour un tems d’a-voir changé de conduite. Il fe jetta dans cette vue auxpieds de fon père & lui demanda la permilfion des’allier à une maifon d’Allemagne , en lui protellantde mener dans la fuite une vie plus réglée, ne dou-tant point qu’une époulè prudente n’y contribuât in-finiment. Mais le véritable & unique but qu’Alexisfe propofoit en entrant dans cette alliance, étoit des’aifûrer plus fortement le Roiaume, & d’être traitéplus favorablement du Czar en confidération de fafemme. Le Czar aquiefea à fa demande, & Alexisentreprit en conféquence le volage d’Allemagne , &époula à Torgau au mois d’octobre de l’an i"H-Charlotte Chrilline Sophie, fille de Louis Rodol-phe Duc de Brunfwig <Sc Blanckenbourg, qui derneu-roit dans ce tems là avec la Reine de Pologne . Ils’en retourna enfiiite à Petersbour^, où il recommen-ça , peu de tems après fon arrivée, fon ancien tramde vie. H vécut dans un commerce illicite avec uneièrvante' P'inlandoil'e nommée Euphrojtne , qu’il avoitviolée, ' pendant qu’il évitoit de voir fa véritableépoufe , à qui il avoit alligné pour demeure unemaifon de fort médiocre, quoique cette Princcfle eutbeaucoup de beauté & d’elprit en partage, & 9 11 e J,"le pailàt avec une douceur infinie fur la niauvade
con-