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Supplement Tome Premier
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tendre long-tems au Genquaban, ou grand corps degarde, avant que d’être admife à l’audience.

Depuis que Jeritomo , premier Monarque féculiet'du Japon , qui a jette les fondemens du Gouverne-ment de cet Empire, fut établi fur le trône, il or-donna que tous les Grands de fon Roïaume vinifientune fois l’année à la Cour rendre leurs hommages,accompagnés de préfens proportionnés à leur quali-té, pour reconnoître la fuprématie de l’Empereur.Quand les Hollandois s’établirent au Japon , ils leconformèrent à cette ancienne coutume, comme lesPortugais l’avoient fait auparavant. L’efcorte confi-dérable que l’on donne aux Amballâdeurs Hollandois,eft principalement pour empêcher qu’aucun Euro-péen ne s’échappe dans le pais, pour entreprendred’y rétablir ou d’y propager le Chriftianilme, oupour y exciter de quelqu’autre manière des tumul-tes & des défordres au préjudice de la tranquillitéde l’Empire. Kœmpfer qui a fait le voiage à la Courdeux fois, en 1691. avec Henri van Bretenthein, 8 cen 1692. avec Cornélius van Outhoorn , décrit fort aulong tout ce qu’il y a de curieux à remarquer danscette route. Lorfqu’ils furent admis à la premièreaudience , les préfens furent envolés à la Cour, fùi-vis par les Députés du Sino Cami 8 c des Commilfài-res qui font établis fur les affaires étrangères. Onles plaça fur des tables dans la fale des milles nat-tes, où l’Empereur en devoit faire la revue. LesAmbalfadeurs fè rendirent enfuite au palais avec unepetite fuite & en gardant l’ordre de la marche quieft prefcrit. Après être arrivé dans la fale des gar-des , ils y attendirent une heure avant qu’on les ap-pelât à l’audience. Enfuite on les fit palier à tra-vers deux magnifiques portes, féparées par une pla-ce quarrée, jufqu’au palais, ou étant entré, on lesmena dans une grande fale fùperbement meublée ,où toutes les perfonnes qui doivent être admifès àl’audience de l’Empereur, ou des Confeillers d’Etat,attendent qu’on les introduife. Après avoir attendulà un peu plus d’une heure , & l’Empereur s’étantaifis dans la fale de l’audience, Sino Cami & lesdeux Commiffaires entrèrent & conduilirent le Ré-fident des Hollandois devant l’Empereur, & fa fuitedemeura derrière. Dès que l’Ambalfadeur fut entré,on cria à haute voix Hollanda Capitain , ce qui étoitle fignal pour le faire approcher de l’Empereur, afinqu’il lui rendit fes reffects. Il fit alors lès profter-nations accoutumées & conformes à l’ufage de tousceux qui obtiennent l’audience de l’Empereur. Il fietraîna donc avec les mains & les genoux à l’endroitqui lui fut montré , entre les préfens qui étoient ar-rangés d’un côté, à l’endroit où l’Empereur étoitaffis qui étoit de l’autre. Alors fe mettant à ge-noux, il fe courba de forte qu’il donna du fronten terre. Enfuite il fe traîna à reculons comme uneécreviffe, fans proférer un feul mot. C’elt tout cequi fe pâlie dans ces audiences. Anciennement c’é-toit-là tout ce que PAmbaiîàdeur des Hollandois avoità faire ; mais depuis quelque tems , il faut qu’il fepréfente à une féconde audience où eft l’Impératri-ce , les Dames de la Cour & les Princeffes du fang.Dans cette fécondé audience, l’Empereur & les Damesqui font invitées le tiennent derrière des paravents &des jalouiies; mais les Confeillers d’Etat & les au-tres Officiers de la Cour font alfis à découvert àleur manière accoutumée, dont l’ordre fait un trèsbel afpect. Après que les Ambaiîàdeurs & leur fui-te eurent fait leurs profternations julques à terre,on les fait alfeoir du côté des jalouiies, derrièrelefquelles eft l’Empereur avec les Dames. Un Offi-cier de l’Empereur dit à l’Ambaifiadeur de fa partqu’ils étoient tous les bienvenus. L’Ambaifiadeurfit alors fon compliment de la part de fes Maîtres,& rendit grâces à l’Empereur de la bonté qu’il avoitd’accorder aux Hollandois la liberté du commerce.

Comme cette fécondé audience avoit en partie pourbut de divertir la Cour, apres les complimens fé-. lieux le refte eft affez comique. Après leur avoirdemandé quel étoit le nom 8 c l’âge de chacun, onleur fit plufieurs quittions. On demanda à l’Am-baifadeur quelle étoit lu diftance de la Hollande à

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Batavia, de Nagafaki à Batavia , qui des deux avoitle plus de pouvoir, ou le Directeur-général de la Com-pagnie des Indes orientales , ou le Prince de Hollande ?Ce qui ne donne pas une grande idée de la fcience dela Cour japonnoilè. Comme Kœmpfer étoit Médecin,on lui demanda quelles étoient les maladies intérieuresou extérieures, qu’il croïoit les plus dangereufes & lesplus difficiles à guérir? Quelle etoit fa méthode dansla cure des ulcérés & des apoftumes intérieures ? Siles Médecins d’Europe ne cnerchoient point quelqueremède pour rendre les hommes immortels, commeles Médecins de la Chine l’avoient fait depuis plu-fieurs fiècles? Quel étoit le remede qui peut fervirà prolonger la vie le; plus récemment découvert enEurope ? Kœmpfer répondit à cette derniere queftionen indiquant le Sal volatile Oleofmn Sjlvii.

L’Empereur qui jufiques-là s’étoit affis avec les Da-mes , s’approcha & s’alfit à la droite des Hollandois,derrière les jalouiies, auffi près qu’il lui fut poffi-ble. Il leur commanda d’ôter leurs capes ou man-teaux , qui étoient leurs habits de cérémonie, de fetenir debout, de forte qu’il put bien les confidérer,de marcher, de s’arrêter, de fe complimenter l’unl’autre, de làuter , de faire l’ivrogne, d’écorcher lelangage Japonnois , de lire en Hollandois, de pein-dre, de chanter, de danfer, de mettre & d’ôter leursmanteaux. L’Amballàdeur eft exempté de ces fortesde commandemens, & on prend garde de faire rienqui loit injurieux à fa qualité. On leur fervit enfui-te à manger à la Japonnoife, après quoi on leurdit de remettre leurs manteaux & de prendre congé.Avant que de quitter la Cour, il fallut aller à l’au-dience de conge, où l’on lût les ordres de l’Empe-reur, qui coniiftoient en cinq articles , & qui concer-noient le négoce du Portugal . Enfin l’Empereur leurfit un préiènt de trente robes, & quelques Minif-tres leur en envoîerent aulfi. A leur retour de laCour & le dernier jour qu’ils paiferent à Meaco, onleur accorda la liberté de voir la fplendeur & la ma-gnificence des Temples de cette ville, qui font lesbâtimens Religieux les plus grands & les plus ma-gnifiques de l’Empire. Ils lont placés avec beau-coup d’art fur le penchant des collines qui entou-rent cette capitale. Cette coutume de montrer cesTemples aux Ambalfadeurs Hollandois a acquis pardegrés la force d’une loi, de forte qu’on les y mè-ne, loit qu’ils le veuillent, foit qu’ils ne le défirentpas. * Kœmpfer, FI fi. du Japon , tom. II. p. 74.Charlevoix , Hifi. du Japon , tom. VII. p. 26 ]. Lefécond ne fait prefjue que copier le premier.

AMBERT, petite ville de France , dans la balfeAuvergne. Elle eft le chef-lieu d’un petit pais, ap-pellé le Livradois. Ce lieu eft récommandable parlbn commerce, St fur tout par fes manufaétures depapier. Quelques Auteurs prétendent que GillesBrun , Connétable de France en i 22 f. étoit origi-naire d’Ambert. La Juftice de cette ville appartientaujourd’hui au Marquis de Rochebaron de la mai-fon de la Rochefoucaut. En 15-77. l’armée Roîale 's’étant présentée devant Ambert , elle fe rendit fansaucune réiittance. * Piganiol de la Force , Defcript.de la France , tom. V. De Thou , tom. V. p.

AMBIANI, peuples de l’ancienne Belgique fécon-dé. C’elt aujourd’hui l’Evêché d’Amiens dans le Gou-vernement de Picardie, deil’us 8 c aux environs de lariviere de Somme . Ces peuples le trouvèrent parmiceux qui pailèrent en Alie. * G. Marcel, Hifi. del'origine & des progrès de la Monarchie Fr. tom. I.pag. 164.

AMBIBARETES , ou AMBIVARE'TES & AM-BRUARETES, qui furent depuis nommés FadicaJJes ,peuples de l’ancienne Lyonnoife quatrième. C’eftaujourd’hui l’Eveché de Me vers dans le Nivernois .Les Ambiburètes ont été quelquefois fiujcts des Æ-dui, 8 c des Arvemi , c’eft pourquoi leur capitaleNoviodunum eft mile par les anciens Auteurs dansle pais des Ædui ou des Arvemi. * G. Marcel ,Hfi.de Porig. Qr des progrès de la Mon. Fr. tom. I. pag-164. > Cet article fiervira de fupplément à celui d'A>n*bivaretes

AMBLE-