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Supplement Tome Premier
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mercure pour ramafler l’argent qu’il contient. UnIndien elt chargé du foin de paîtrir ces tables huitfois par jour, afin que le mercure puilfe s’incorporeravec l’argent. Au Potofi & à Lipes on elt fouventobligé de paîtrir le minéral pendant un mois ou unmois & demi ; dans les pais plus tempérés, il s’a-malgame en huit ou dix jours. Lorfqu’on croit quele mercure a ramalfé tout l’argent, PEnJàjador ouPEflaieur prend de chaque malle un peu de terre àpart, qu’il lave dans une alfiette de terre , & Vonconnoit par la couleur du mercure qu’on trouve aufond du vailfeau, s’il a eu Ton effet ou non. Lorf-qu’on reconnoît que tout l’argent elt ramalfé , ontranfporte la terre dans un batfin où tombe un ruifi-îeau pour la laver. Du premier elle tombe dans unfécond, & de là dans un troilième , & dans chacunon remué bien cette matière, afin que le metail quine fera pas tombé au fond du premier & du fécondbalfm, n’échappe pas au troilième.

Après que tout a été lavé & que l’eau eft claire,on trouve au fond des ballins, qui font garnis decuir, le mercure incorporé avec l’argent, ce qu’onappelle la pella ; on la met dans une chaulfe de lai-ne fufpendué, pour en faire couler une partie du vifargent. On la lie , on la bat & on la prelfe autantqu’on peut, pour en tirer tout ce qui peut en fortir.Enfuite on met cette pâte dans des moules de plan-ches de bois, lcfquelles étant liées enfemble, formentordinairement la figure d’une piramide octagone tron-quée , dont le fond eft une plaque de cuivre percéede plufieurs petits trous. On lève après cela le mou-le & l’on met la pigne avec fa baie de cuivre furun chandelier ou trépied, pofé fur un grand vafe deterre plein d’eau, & on l’enferme fous un chapiteaude terre qu’on couyre de charbons, dont on entre-tient le feu pendant quelques heures , afin que laPigne s’échauffe vivement & que le mercure qu’ellecontient en forte en fumée. Mais comme cette fu-mée n’a point d’ilfué au dehors , elle circule dansl’efpace qui elt entre la pigne & le chapiteau, & ve-nant à rencontrer l’eau qui eft au-delfous, elle fe con-denfe & tombe au fonds , transformée de nouveauen mercure. Malgré cela le mercure diminué & onconlumoit autrefois au Potofi. fix à fept mille quin-taux de vif argent par an comme le dit Acofta , par■ où on peut juger de la quantité d’argent qu’on endroit.

Quand le mercure eft évaporé, il ne refte plusqu’une marque de grains d’argent contigus fort lé-gère , & prelque friable qu’on appelle pinna , qui eftune marchandife de contrebande hors des minières,

i rarce qu’on eft obligé par les loix du Roraume dea porter aux cailfes Rolales ou à la monnoie pouren paler le quint au Roi. Là on les fond pour met-tre cet argent en lingots, fur lefquels on imprimeles armes de la Couronne, celles du lieu ou ils fontfaits , leur poids & la qualité, avec l’alloi de l’ar-gent. On eft toujours fur que les lingots quintésfont fans fourberie, mais il n’en eft pas de mêmedes pigncs, au milieu defquelles on met fouvent dufer, du fable , & d’autres chofes pour en augmenterle poids. * Fréfier Potages &c. p. 140. & qui pour lesautres manières de tirer l’argent de la mine renvoieà Agricola , à Cefalpin, à Cefius &c.

ARGENTERIUS, ( Charles) fils de Georges & deVirginie Broglio, étoit Abbé de St. Benigne , & Vi-caire de Turin . Il devint enfuite le 13. août 1603.Evêque de Mondovi, & obtint en Commande l’Ab-baie de St. Etienne à Ivrée . Argenterius a gouver-né fon diocèfe avec une extrême prudence & le DucCharles Emanuel de Savoie s’eft fervi fort fouventde lui dans fes affaires avec les Ducs de Mantouë & de Modène . Entr’autres oeuvres dignes de louan-ge, il a fait bâtir depuis les fondements la Chapellede Ste. Marie dans l’Églife de l’Evêché & fait renou-veller l’Abbale de St. Dalmatius qui tomboit en rui-nes de vieillelfe, & il a fait ceflèr la défunion qui ré-gnoit entre la bourgeoifie. C’eft de fon tenis que lesCarmes déchaulfés y ont été introduits. Il étoit par-ticulièrement très charitable à l’égard des pauvres &Supplément. Tome I.

prenoit beaucoup de foin, pour que les hôpitaux fiif.fent vifités alfidûment. Il ordonna dans un Synodequi fe tint, que tous les Prêtres de l'on diocèfe di-foient chacun une Meflè pour ceux d’entr’eux quiviendroient à mourir. Argenterius décéda l’an 1631.

* Ughellus, Ital. Sacr. tom. IV. p. 109p. Suppl. Al.de Baie.

ARGENTEUIL , bourg de France en Bourgogne ,près de la rivière d’Armançon , dans le Comté deTonnerre, à trois lieuës de la ville de ce nom, &à deux de Noïers & de Ravières. On y tient mar-ché tous les vendredis, & fon Eglife paroilfiale eftfous l’invocation de St. Didier. Il y pafle un ruiffeauqui fait tourner un moulin à grains, & un à foulon.Son territoire fournit des vins, des foins, & desgrains, & nourrit quantité de beftiaux. * Th. Cor-neille , DiB. géogr.

ARGENTIER, Argentarim , étoit dans la Courdes Rois de France celui, entre les mains duquel lesThréforiers Roiaux remettoient tous les ans une cer-taine fomme que l’on droit du Fifc, pour les dé-penfes de la maifon du Roi, & dont il devoit ren-dre raifon dans la Chambre des comptes. L’Argen-tier dans les Eglifes étoit celui, qui exigeoit & qui di-ftribuoit les biens ou les revenus Ecclefiaftiques. Onvoit par une charte du Pape Boniface VIII . par la-quelle il établifl’oit un Chapitre de Chanoines dansla ville d’Ardembourg , que le Pontife vouloit quetous les ans on élut un Argentier , c’eft-à-dire, un Re-ceveur & Diftributeur des biens de la dite Eglife.

♦ Du Cange, Glojf. Lat.

ARGENTIE'RE, Isle. ( Additions. ) Cette Isle que les Grecs nomment Chimoli , prit le nom de l'Ar-gentiére , dans le tems qu’on y découvrit des minesd’argent. On y voit encore le refte des atteliers &des fournaux où l’on travailloit à ce métailj maison n’ôferoit aujourd’hui reprendre ces fortes de tra-vaux làns la permilfion des Turcs, & les Turcs fousprétexte que les habitans de l’Isle en retireroient degrands profits, 11e manqueroient pas de les accablerd’impôts. Les gens du gais croient que les princi-pales mines font du côte qui regarde Poloni, petitport de l’Isle de Milo. Pline dit que Cimole fe nom-moit autrefois l’Isle aux vipères, mais on allure qu’àpréfent il n’y en a plus.

Il n’y a qu’un méchant village dans l’Argentière,& l’Isle qui eft fort féche & relevée de montagnesftériles, n’a que dix-huit milles de tour. On n’yféme de l’orge & du coton qu’aux environs du villa-ge. On y boit du vin de Milo & de l’eau de citerne,car il n’y a point de fontaine en tout le pais ; maisfeulement quelques méchants puits. La vigne n’yfournit des raifins que pour manger. Les Vénitiensen ont coupé tous les oliviers dans les guerres qu’ilsont eués avec les Turcs. Enfin cette Isle elt deve-nuë tout-à-fait pauvre, depuis que le Roi de France ne fouffre plus de corfaires François au Levant. L’Ar-gentière étoit leur rendés-vous , & ils y dépenfoienten débauches horribles ce qu’ils venoient de pillerfur les Turcs. Les dames en profitoient. Elles nefont ni des plus cruëlles, ni des plus malfaites. C’eftl’écueil le plus dangereux de l’Archipel , mais il fautêtre bien mal habile pour y échouer. Tout le com-merce de cette Isle roule donc fur cette efpèce degalanterie ou plûtôt de débauche. Les femmes n’ytravaillent qu’à des bas de coton Sc à faire l’amour.Ces bas ne font pas trop propres, quoiqu’on en four-niife les Isles voifines. Les hommes s’adonnent àla mer, & deviennent affés bons pilotes. Pour dela Religion, ils en ont très peu, de même que dansla plûpart des Isles de l’Archipel où l’on ne trouveque des ignorans, fort mauvais Chrétiens & mêmelcélérats. Les habitans de l’Argentière font prefquetous du rite Grec , & joüilfent encore dans leursChapelles d’une vintaine de petites chofes, ce quin’eft pas un petit privilège fur les terres des Turcs.Les Latins font en petit nombre dans cette Isle , &ne valent pas mieux que les Grecs. L’Egiife Latineeft delfervie par un Vicaire de l’Evêque de Milo,de laquelle l’Argentière eft comme le tauxbourg. LaKkk Jufti-