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sur qui ni sur quoi arrêter mes, pensées pour m’ex-pliquer cette animadversion, Le rôle que je jouaisn’était pas assez important pour attirer sur moi lesyeux , et moins encore l’envie. Mes sentimenset mes opinions étaient celles d’un Français nourridans les montagnes de la Suisse et persécuté dèsl’enfance par le lanntisme religieux 1 .- Je pensais surla révolution comme les hommes droits et éclairés ,qui voyaient dans les causes de ce grand événe-ment d’heureux changemens pour l’humanité ,l’amour de la liberté et la véritable gloire desa nation : mais dans les sociétés où j’étaisforcé de m’observer , j’avais toujours été trèsréservé. Je me contentai de ne pas applaudirà ce que je condamnais intérieurement. J’avaii)bièn appris à la cour à ne pas dire ma pensée Tquoique je n’eusse jamais pu gagner sur mrii'de parler contre elle. Ainsi l’on n’avait quedes preuves négatives pour ht’accuser d’hérésiepolitique. Je'dirai à cette occasion que rien n’estsi pénible pour un homme qui a des principes ,qu’une position semblable à la mienne à l’épo-que de la révolution.
Je ne me connaissais point d’ennemis , et je nesoupçonnais que deux personnes en état de me vou.loir assez de mal pour chercher à me perdre par