de Charles XII. . v
II y a un vulgaire parmi les Princes,comme parmi les autres hommes ; ce-pendant la fureur d'écrire est venue aupoint, qu’à peine un Souverain cesse devivre, que le public est inondé de vo-lumes fous le nom de Mémoires, d’Hi-stoire de la vie, d’Anecdotes de fa Cour.Paria les livres fe multiplient.de telleforte qu'un homme qui vivroit cent ans,& qui les employer.oit à lire, n’auroit pasle tems de parcourir ce qui s’est impriméfur l’Histoire feule, depuis deux siéclesen Europe. i
Cette démangeaison de transmettre àla postérité des détails inutiles, & d'arrê-ter les yeux des siécles à venir fur desévénemens communs, vient d’une foi-blesse trés-ordinaire à ceux qui ont vécudans quelque Cour, & qui ont eu le mal-heur d’avoir quelque part aux affairespubliques. Ils regardent la Cour où ilsont vécu, comme la plus belle qui aitjamais été ; le Roi qu’ils ont vû, commele plus grand Monarque : les affaires dontils sç sont mêlés, comme ce qui a jamaisété de plus important dans le monde.Ils s’imaginent que la postérité verratout cela avec les mêmes yeux.
Qu’un Prince entreprenne une guerre,que fa Cour soit troublée d’intrigues,A 3 qu’il