de Charles XII. !x
alors. 11 faut toûjour^ lorfqu’on lit uneHistoire, songer au tems où T Auteur aécrit. Un homme qui ne liroit que lecardinal de. Rets, prendroit les Françoispour des forcenés qui ne respirent que laguerre civile, la faction & la folie. Celui.qui ne liroit que l’Histoire des belles an-nées de Louis XIV. diroit, Lçs Françoisfont nés pour obéir, pour vaincre &pour cultiver les arts. Un autre qui ver-roit les Mémoires des premieres annéesde Louis XV. ne remarqueroit dans no-tre nation que de la moleste, une aviditéextrême de s’enrichir, & trop d’indiffe-rence pour tout le reste. Les Espagnolsd’aujourd’hui ne font plus les Espagnolsde Charles-Quint. Les Anglois ne res-semblent pas plus aux Anglois de Crom-wel, que les Moines & les Monsignoridont Rome est peuplée, ressemblent auxScipions. Je ne fçai si les Suédois fe-roient aujourd’hui des troupes aufli for-midables qu’elles l’étoient dans les der-niers tems. On dit d’un homme, il étoitbrave un tel jour. II faudroit dire enparlant d’une nation, elle paroissoit tellefous un tel gouvernement, & en telleannée.
Si quelque Prince ou quelque Mini-stre trouvoit dans cet ouvrage des v6ri-- tés