ROI DE SÚ-ÏDE. L'IV I. Z
ralité des femmes, laissoit aux habltans la li-berté de donner plus de sujets-à l’Etat : queces femmes eliés-mêmes ne connoilîbientd’oprobre que la stérilité & l’oisiveté, &qu’aufli laborieuses & aussi robustes que leshommes, elles fen étoieht plutôt & plus long-tems fécondes. • i
La Suede fut toujours libre jufqu’au milieudu quatorzième siécle. Dans ce long espacede tems le gouvernement changea plus d’unefois ; mais toutes les innovations furent en fa-veur de la liberté. Leur premier Magistrateut le nom de Roi, titre qui en dlfferens paisse donne à des puissances bien disserenteà ;car en France, en Espagne, il signifie unhomme absolu : & en Pologne, en Suede, enAngleterre, P homme de la République. CeRoi ne pouvoit rien sans le Sénat ; & le Sénatdépendoit des Etats généraux, que l’on con-voquoit souvent: les represéntans de la nationdans ces grandes asièmblées, étoient les Gen-tilshommes, les Evêques, les 'Députés desvilles; avec le tems on y admit les païsansmême, portion du peuple injustement mépri-sée 'ailleurs, & esclave dans presque tout léNord.
Environ l’an 1492. cette nation fi jalouse defa liberté, qui est encore si ère aujourd’huid’avoir subjugué Rome il y a treize siécles,fut mise fous le joug par une femme & par unpeuple moins puifiânt que les Suédois.
Marguerite Ede ' Valdemar, la Sémiramisdu Nord, reine de Dannemark & de Nor-vege, conquit la Suede par force & par a-drefib, & fit tin seul royaume de ces troîsvastes Etats. Après fa mort la Suede fut dé-chirée par dès guerres civiles; elle secoua lejoug des Danois ; elle le reprit; elle eut des
Rois;
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