28 Histoire de Charles XII.
fez près, ni assez tôt, se jette de sa chaloupedans la mer, l’épée à la main, ayant de l’eaupar delà la ceinture : ses Ministres, l’ambas-sadeur de France, les officiers, les soldats,suivent aussi-tôt son exemple, & marchentau rivage malgré une grêle de mousquetadesque tiraient les Danois. Le Roi qui n’avoitjamais entendu de fa vie de mousqueterie char-gée à balle, demanda au major Stuard qui setrouva auprès de lui, ce que c’étoit que cepetit siflement qu’il entendoit à ses oreilles ?C’est le bruit que font les balles de fusil qu’onvous tire, lui dit le Major : Bon, dit le Roi,ce fera là dorénavant, ma musique. Dans lemême moment le Major qui expliquoit lebruit des mousquetades, en reçut une dansl’épaule ; & un Lieutenant tomba mort àl’autre côté du Roi.L? II est ordinaire à destroupes attaquées dans leurs retranchemensd’être battues ; parce que ceux qui attaquent,ont toûjours une impétuosité, que ne peuventavoir ceux qui se défendent ; & qu’attendreles ennemis dans ses lignes, c’est souvent unaveu de sa foiblesse & de leur supériorité. Lacavalerie Danoise & les milices s’enfuirent a-près une foible résistance. Le Roi maître deleurs retranchemens, fe jetta à genoux pourremercier Dieu de premier succès de ses ar-mes. II fit fur le champ élever des redoutesvers la ville, & marqua lui-même un campe-ment. En même tems il renvoya ses vais-seaux en Scanie, partie de laSuede, voisine deCopenhague, pour chercher neuf mille hom-mes de renfort. Tout conspirait à servir lavivacité de Charles. Les neuf mille hom-mes étoient fur le rivage prêts à s’embarquer,& dès le lendemain un vent favorable les luiamena.
Tout