£6 Histoire de Charles XII.
au milieu dès troupes Tartares qui■ lui laissqi-ent : respectueusement le passage libre : il mar-ehoit même droit à lents rangs, &.ils s'ou-vraient plûtôt que de résister.
Enfin l’ordre du Grand Seigneur étant ve-nu, de palier au fil de l’épée tous les Sué-dois qui feroient la moindre résistance, & dene pas épargner la vie du Roi : le Pacha eutla complaisance de montrer cet ordre à Fívtbrice, afin qu’il fît un dernier effort sur l’efrprit de Charles. Fabrice vint faire auísstôtce triste raport. Avez-vous vu l’ordre dqnçvous parlez ? dit le Roi : Oui, répondit Fa-brice ; & bien dites-leur de ma part que c’elîun second Ordre qu’ils on supolé, & quejene veux point partir. Fabrice se jetta à se$pieds, se mit en colère, lui reprocha son opi-niâtreté ; tout fut inutile: retournez à vosTurcs, lui dit le Roi en sourianr, s-ils m’at-taquent je sçaurai bien me défendre., -n
Le Chapelains du Roi se mirent aussi à ge-noux devant lui, le conjurant de ne pas ex-poser à un massacre certain les malheureuxrestes de Pultava, & fur tout se personne sacrée;l’assurant de plus que cette résistance étoit in-juste, qu’il violoît les droits de l’hospitalité eijs’opiniâtrant â rester par force chez des étran-gers qui l’avoient si loug-tems & íi généreuse-ment secouru. Le Roi qui ne s’étoit point fâchécontre Fabrice, se mit en colere contre, sesPrêtres, & leur dit qu’il les avoit pris pour faireles prieres v & non pour lui dire leurs avis.
Le général Hord & le général Dardoff,dont le sentiment avòit toujours été de nepas tenter un combat dont la fuite ne pouvoirêtre que funeste, montrèrent au Roi leurs esto-macs couverts de blessures reçûës à son ser-vice; &. l’assurant qu’ils étoieut prêts de- . . . mourir