ROI *DE SuEDE. LlV. VI, 7Z
voulut, & on lui permit de íàuter par la fe-nêtre comme les autres.
Les Suédois étant enfin maîtres de la mai-son, refermèrent & baricadérent encore les fe-nêtres. Ils ne manquoient point d’armes;une chambre balle pleine de mousquets & depoudre avoit échapé à la recherche tumultu-euse des janissaires ; on s’en servit à propos :les Suédois tiroient à travers les fenêtres pres-que à bout portant sur cette multitude deTurcs, dont ils tuèrent deux cent en moinsd’un demi quart d’heure.
Le canon tiroir contre la maison ; mais lespierres étant fort molles, il ne faisoit que destrous & ne renversait rien.
Le kam des Tartares & le Pacha qui vou-1 oient prendre le Roi en vie, honteux de per-dre du tems, du inonde, & d’occuper une ar-mée entiere contre soixante personnes, jugè-rent à propos de mettre le feu à la maison pourobliger le Roi de se rendre. Ils firent lancersur le toit, contre les portes, & contre les fe-nêtres, des fléchés entortillées de mèches al-lumées ; la maison fut en flammes en unmoment. Le toit tout embrasé étoit prêt àfondre sur les Suédois. Le Roi donna tran-quillement ses ordres pour éteindre le feu.Trouvant un petit baril plein de liqueur ; ilprend le baril lui-même, & aidé de deuxSuédois, il le jette à l’endroit où le feu étoitle plus violent : il se trouva que ce baril étoitrempli d’eau-de-vie; mais la précipitation in-séparable d’un tel embaras, empêcha d’y penser.L’embrasement redoubla avec plus de rage;l’apartement du Roi étoit consumé, la grandesalle où les Suédois se tenoient, étoit remplied’une fumée affreuse, mêlée de tourbillons defeu qui entroient paf les portes des aparte-
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