ROI DE Suede. Liv. VII. 77
prenant pas feulement garde aux civilités duT ure, se tint debout dans la tente.
Le Tout-PuiíTant soit béni, dit le Pacha,de ce que ta Majesté est en vie : mon déses-poir est amer d’avoir été réduit par ta Majes-té à executer les ordres de fa Hautestè. LeRoi fâché seulement de ce que ses trois centsoldats s’étoient laissés prendre dans leurs re-tranchemens, dit au Pacha : Ah ! s’ils s’étoientdéfendus comme ils dévoient, on ne nous au-roit pas forcés en dix jours. Hélas ! dit leTurc, voilà du courage bien mal emploïé.II fit reconduire le Roi à Bender fur un che-val richement caparaçonné. Ses Suédois étoientou tués ou pris ; tout son équipage, ses meu-bles, ses papiers, ses bardes les plus néces-saires pillées ou brûlées : on voioit fur leschemins, les officiers Suédois presque nuds, en-chaînés deux à deux, & suivant à pied desTartares ou des janiílaires. Le Chancelier,les Généraux n’avoient point un autre sort;ils étoient esclaves des Soldats à qui ils étoientéchus en partage.
De tous ces prisonniers celui qui eut la des-tinée la plus funeste, fut ce jeune Federic,premier valet de chambre du Roi qui lui avoirsauvé la vie à Pultava, & qui secondant lahardiesse du comte Poniatosky avoir conduitson Maître au milieu des ennemis victorieux,l’espace de trois grands milles. Federic sou-tint à Faction de Bender la réputation qu’ilavoir acquise à Pultava : il combattit toujoursprès de Charles, & ne fut pris qu’après avoirtué douze Turcs de fa main. II avoir la ré-putation d’égaler le roi Auguste par la forcedu corps : ces dons extraordinaires de la na-ture étoient joints en lui à une très-grandebeauté qui fut la cause de sa fin malheureuse.. Plusieurs