&4 Histoire de Charles XII.
Roi: Fierville qui avoit le sceauRoïal l’apofxà l’écrit, & on cacheta le tout avec les armesde Suède. Villelongue se chargea de remet-tre lui-même ce paquet entre les mains du«Grand Seigneur, lors. qu’il iroit à la Mosquée,selon la coutume. On s’étoit déja servi d’unepareille voie pour presenter au Sultan des mé-moires contre ses Ministres. Mais cela mèmerendoit le succès de cette entreprise plus dif-ficile, & le danger beaucoup plus grand.
Le Visir qui prévoioit que les Suédois de-manderaient justice à son Maître, & quin’étoit que trop instruit par le malheur de lèsprédecestèurs,avoit expressément défendu qu’onlaissât aprocher personne du Grand Seigneur,& avoit ordonné sur tout qu’on arrêtât tousceux qui sc présumeraient auprès de la Mos-quée avec des placets-
Villelongue sçavoit cet ordre, &n’ignoroitpas qu’il y alloit de fa tête. 11 quitta son ha-bit franc, prit un vêtement à la Gréque; &avant caché dans son sein la lettre qu’il vou-loir presenter, il se promena de bonne heureprès de la Mosquée où le Grand Seigneur de-voir aller. 11 contrefit l’infenfé, s’avança en-danfant au milieu de deux haies de janissaires,entre lesquelles le Grand Seigneur alloit palier :il laistoit tomber exprès quelques pieces d’ar-gent de lès poches pour amuser les gardes.
Dès que le Sultan aproena, on voulut faireretirer Villelongue; il sc j et ta à genoux & sedébattit entre les mains des janilsaires: sonbonnet tomba; de grands cheveux qu’il por-toit, le firent reconnoître pour un Franc. 11reçut plulïeurs coups, & fut très-maltraité : leGrand Seigneur qui étoit déja proche, enten-dit ce tumulte á en demanda la cause. Vil-lelongue lui cria de toutes ses forces, amman !.
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